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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2201023

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201023

vendredi 14 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2201023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantTOUBALE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2022, M. B A, représenté par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux de la part du préfet.

Par un mémoire enregistré le 31 mai 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-ivoirien du 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 5 février 2002, est entré sur le territoire français le 5 août 2018, à l'âge de seize ans et demi et a alors été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Le 22 janvier 2020, il s'est vu délivrer une première carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " valable jusqu'au 13 mai 2021. Le 13 avril 2021, il a demandé auprès des services de la préfecture de Loir-et-Cher le renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté contesté du 17 mars 2022, le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher. Par un arrêté du 25 janvier 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. D C, préfet de Loir-et-Cher, a donné délégation à M. E à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () correspondances () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Loir-et-Cher ", cette délégation comprenant " notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. L'arrêté attaqué, qui vise les stipulations et dispositions dont le préfet de Loir-et-Cher a fait application, notamment celles de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'accord franco-ivoirien du 21 septembre 1992 et celles de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qui indique de manière précise les considérations de fait propres à la situation de M. A notamment s'agissant de sa prise en charge à son arrivée sur le territoire français par l'aide sociale à l'enfance, sur lesquelles le préfet - qui n'était pas tenu de rappeler de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressé - s'est fondé pour prendre l'arrêté contesté est suffisamment motivé au regard des exigences posées par les articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté, si tant est que le requérant ait entendu le soulever, doit être écarté.

5. En dernier lieu, si M. A entend soutenir que sa situation n'aurait pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux de la part du préfet à défaut pour celui-ci d'une part, d'avoir fait état dans son arrêté de ses contrats de travail successifs et d'autre part, d'avoir visé l'ensemble des pièces produites à l'appui de sa demande, toutefois, aucune disposition n'impose que l'intégralité des pièces produites par un demandeur soit visée, et il ne ressort pas des pièces du dossier, et plus particulièrement de l'examen de l'arrêté attaqué, que le préfet n'aurait pas, avant de prendre sa décision, procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. A et notamment pas pris en considération les divers contrats et la promesse d'embauche dont il fait état dans son arrêté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Loir-et-Cher.

Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.

Le rapporteur,

Stéphane F

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

La greffière,

Isabelle METEAU

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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