mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201357 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCPA SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré et un mémoire, enregistrés le 20 avril 2022 et le 29 avril 2022, le préfet de Loir-et-Cher demande au tribunal d'annuler, dans le dernier état de ses écritures, la délibération du comité syndical du syndicat interdépartemental de collecte et de traitement des déchets du Blaisois en date du 7 décembre 2021 modifiant le tableau des effectifs en tant qu'elle porte création d'un poste d'attaché principal, la délibération du même comité syndical en date du 22 février 2022 modifiant le tableau des effectifs en tant qu'elle porte nomination de Mme A C, directrice, au poste d'attaché principal et l'arrêté du 3 janvier 2022 portant avancement au grade d'attaché principal de Mme A C.
Il soutient que :
- la délibération du 7 décembre 2021 est illégale à défaut pour le syndicat d'avoir déclaré, préalablement à la création d'un poste d'attaché principal, son assimilation à une commune de plus de 2 000 habitants ; le syndicat n'a pas déclaré son assimilation et ne peut le faire car il ne remplit pas les critères cumulatifs posés par le décret n° 2000-954 du 22 septembre 2000 relatif aux règles d'assimilation des établissements publics locaux aux collectivités territoriales pour la création de certains grades de fonctionnaires territoriaux de compétences, d'importance du budget et du nombre et de la qualification des agents à encadrer au regard de ses dépenses et recettes réelles de fonctionnement, de ses effectifs qui étaient en décembre 2021 de 25 agents dont 3 agents catégorie A, 6 de catégorie B et 16 de catégorie C et en février 2022, suite à l'automatisation d'un site de 19 agents (3 catégorie A, 3 catégorie B et 13 catégorie C) et de sa compétence unique et spécialisée en matière de déchets ; dès lors il ne peut créer un emploi d'un tel niveau, cette impossibilité juridique étant la conséquence non des caractéristiques intrinsèques du poste, mais de celles de la structure qui porte cet emploi ;
- la délibération du 22 février 2022 est illégale car cette création de poste s'apparente à une nomination pour ordre au regard du motif invoqué tiré de la réussite de la directrice, attachée, à l'examen professionnel d'attaché principal et méconnait l'article 12 de la loi n° 83-643 du 13 juillet 1983, puisque la création de cet emploi d'attaché principal ne serait motivée que par la volonté de lui faire bénéficier d'une promotion, a pour seul objectif d'accorder un avantage au bénéficiaire de la nomination et ne répond pas à la nécessité de pourvoir un poste vacant répondant aux besoins de la collectivité, et n'est pas justifié par les besoins du service dont les attributions n'ont pas évolué ;
- l'arrêté du 3 janvier 2022 pris au motif de l'acceptation de l'emploi de directrice du syndicat " correspondant à son nouveau grade " est illégal dès lors que l'intéressée ne peut bénéficier d'un tel avancement sur un emploi qui ne peut relever du grade d'attaché principal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023 le syndicat mixte de collecte et de traitement des déchets du Blaisois, représenté par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération du 7 décembre 2021 est légale dès lors qu'il est susceptible d'être assimilé à une commune de plus de 2 000 habitants, les critères tenant aux compétences, au budget et au personnel devant s'apprécier globalement et non cumulativement ; il exerce, pour ses membres adhérents, des missions de traitement et de collecte de déchets sur un périmètre d'importance et ses compétences en matière de collecte et de traitement des déchets concernent ainsi près de 244 972 habitants ; c'est au vu de l'ampleur de son activité et de la population concernée que par une délibération du 7 décembre 2021 le comité syndical a décidé de la création, au 1er janvier 2022, d'un emploi d'attaché territorial principal pour le poste de directeur du syndicat eu égard à ses responsabilités, en considérant à bon droit qu'il était largement assimilable à une commune de plus de 2 000 habitants eu égard à son budget, au nombre et la qualification des personnes à encadrer ainsi que ses compétences ;
- la délibération du 22 février 2022 ne saurait être assimilée à une nomination pour ordre dès lors qu'elle a pour but de pourvoir à un emploi vacant, et de mettre en adéquation le grade d'un emploi avec la réalité des fonctions exercées par la directrice ; cette création de l'emploi répond aux nécessités du service et plus particulièrement a pour objet de mettre en adéquation le grade d'un emploi avec la réalité des fonctions exercées ; en l'espèce, les fonctions de directeur du syndicat correspondent à celles qui peuvent être confiées à un attaché territorial principal au regard de la complexité des missions qui lui sont confiées qui impliquent la mise en œuvre des politiques en matière de collectes et traitements des déchets sur un vaste territoire, la maitrise de nombreuses règlementations et législations fréquemment modifiées et des liens avec de nombreux élus et acteurs territoriaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 ;
- le décret n° 2000-954 du 22 septembre 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa ;
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public ;
- et les observations de M. B représentant le préfet de Loir-et-Cher et de Me Carrère représentant le syndicat mixte de collecte et de traitement des déchets du Blaisois.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat interdépartemental de collecte et de traitement des déchets du Blaisois Val-Eco, qui compte parmi ses membres la communauté d'agglomération de Blois, la communauté de communes du grand Chambord, la communauté de communes Beauce Val-de-Loire, le syndicat mixte de collecte des ordures ménagères Val d'Amboise et le syndicat mixte de collecte et de valorisation des déchets ménagers du Vendômois, exerce pour ses membres adhérents les missions de collecte et de traitement des déchets. Par une délibération en date du 7 décembre 2021, le comité syndical du syndicat Val-Eco a procédé à une modification du tableau des effectifs pour tenir compte de la vacance d'un poste de technicien principal de 1ère classe au 1er décembre 2021, ainsi que de la création d'un poste d'attaché principal au 1er janvier 2022 à la suite de la réussite à l'examen professionnel de sa directrice actuelle, Mme A C. Par un courrier en date du 10 février 2022 reçu le 15 suivant, le préfet de Loir-et-Cher a présenté un recours gracieux contre cette délibération. Mais, par une seconde délibération du 22 février 2022, le même comité syndical a nommé sa directrice au poste d'attachée principale au 1er janvier 2022. Par le présent déféré, le préfet de Loir-et-Cher demande au tribunal d'annuler, dans le dernier état de ses écritures, la délibération du comité syndical du syndicat interdépartemental de collecte et de traitement des déchets du Blaisois en date du 7 décembre 2021 modifiant le tableau des effectifs en tant qu'elle porte création d'un poste d'attaché principal, la délibération du même comité syndical en date du 22 février 2022 modifiant le tableau des effectifs en tant qu'elle porte nomination de Mme A C, directrice, au poste d'attaché principal et l'arrêté du 3 janvier 2022 portant avancement au grade d'attaché principal de Mme A C.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la délibération du 7 décembre 2021
2. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 : " Les attachés territoriaux constituent un cadre d'emplois administratif de catégorie A au sens de l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. / Ce cadre d'emplois comprend les grades d'attaché, d'attaché principal et d'attaché hors classe. () ". Aux termes de l'article 2 du décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 : " () Les titulaires du grade d'attaché principal exercent leurs fonctions dans les communes de plus de 2 000 habitants, les autres collectivités territoriales, les services départementaux d'incendie et de secours ainsi que les établissements publics locaux assimilés à une commune de plus de 2 000 habitants dans les conditions fixées par le décret n° 2000-954 du 22 septembre 2000 relatif aux règles d'assimilation des établissements publics locaux aux collectivités territoriales pour la création de certains grades de fonctionnaires territoriaux. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret n° 2000-954 du 22 septembre 2000 : " Lorsque, pour la création de grades, les statuts particuliers des cadres d'emplois de fonctionnaires territoriaux prévoient l'assimilation des établissements publics locaux à des communes, cette assimilation se fait, sous réserve des dispositions des articles 2 à 5, au regard de leurs compétences, de l'importance de leur budget et du nombre et de la qualification des agents à encadrer ". Il résulte de ces dispositions que les critères de la compétence, de l'importance du budget et du nombre et de la qualification des agents à encadrer sont cumulatifs.
4. D'abord, il est constant que le syndicat Val-Eco n'a pas déclaré son assimilation à une commune de plus de 2 000 habitants préalablement à la création du poste d'attaché principal en litige. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que ce syndicat, qui n'emploie que 19 agents, a pour seule compétence le traitement des déchets ménagers, des déchets verts et de de la mise en balle des cartons de déchetterie et celle optionnelle de la collecte des déchets et la réalisation et/ou la gestion des déchetteries. S'il intervient également en matière de développement de la production d'énergies renouvelables, participe à des actions de prévention et de communication relatives à la gestion des déchets ou encore exécute le traitement et la valorisation des déchets d'activités économiques pour d'autres personnes morales que les adhérents, ces compétences demeurent afférentes à la gestion des déchets. Par suite, quand bien même il exerce sa compétence sur une zone géographique d'environ 244 000 habitants et a un budget total de plus de 21 millions d'euros en 2021, ses dépenses de fonctionnement s'élevant à 17 219 186,51 euros et ses dépenses d'investissement à 4 261 033,81 euros, il n'est pas assimilable à une commune de plus de 2 000 habitants. Dès lors, la délibération du 7 décembre 2021 en tant qu'elle porte création d'un poste d'attaché principal ne peut qu'être annulée.
En ce qui concerne la délibération en date du 22 février 2025. Aux termes de l'article 12 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 alors applicable : " () Toute nomination ou toute promotion dans un grade qui n'intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d'exercer les fonctions correspondantes est nulle. () ".
6. Ainsi qu'il a été dit au point 4, la délibération procédant à la création du poste d'attaché principal est annulée. Par suite, la nomination de la directrice du syndicat sur ce poste, décidée au demeurant au seul motif invoqué tenant à la réussite de l'intéressée au concours d'attaché principal, qui n'existe pas présente nécessairement le caractère d'une nomination pour ordre. Dès lors, la délibération du 22 février 2022 doit être annulée.
En ce qui concerne l'arrêté du 3 janvier 2027. Si le préfet de Loir-et-Cher soutient que l'arrêté litigieux qui porte avancement de Mme C au grade d'attachée principale à compter du 1er janvier 2022 est illégal par voie de conséquence de l'illégalité des délibérations du 7 décembre 2021 et du 22 février 2022, ce moyen unique ne peut qu'être écarté dès lors que la promotion de Mme C est consécutive à sa réussite au concours et n'a pas pour fondement ces délibérations.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que le syndicat mixte de collecte et de traitement des déchets du Blaisois demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 7 décembre 2021 en tant qu'elle porte création d'un poste d'attaché principal et la délibération du 22 février 2022 sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions du déféré est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le syndicat interdépartemental de collecte et de traitement des déchets du Blaisois sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Loir-et-Cher, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au syndicat mixte de collecte et de traitement des déchets de Blaisois.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Keiflin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseure la plus ancienne,
Armelle BEST-DE GANDLa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026