lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, M. E A, représenté par Me Toubale, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022, par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, la somme de 1200 euros.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté contesté disposait d'une délégation de compétence ou de pouvoir pour ce faire ;
- l'arrêté contesté est entaché d'erreurs de fait dès lors que, d'une part, le requérant est titulaire d'une carte de séjour, valable 10 ans, délivrée par les autorités italiennes, lui permettant d'entrer sur le territoire français et, d'autre part, alors qu'il a présenté une demande de titre de séjour en vue de régulariser sa situation, il ne peut lui être reproché de s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire ;
- il dispose d'attaches familiales en France.
Par un mémoire enregistré le 9 août 2022, le préfet de Loir-et-Cher a conclu au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Le 13 septembre 2022 le préfet de Loir-et-Cher a communiqué au tribunal un arrêté du même jour, prononçant l'assignation à résidence de M. A dans le département de
Loir-et-Cher pour une durée de 45 jours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Defranc-Dousset, magistrate désignée.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais (République du Congo), né le 12 mars 1985 est, selon ses déclarations, entré en France le 26 octobre 2019. Le 16 décembre 2021 il a présenté une demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture de Loir-et-Cher. Par un arrêté du 4 avril 2022 le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande et a assorti son refus d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. M. A n'a pas déféré à cette mesure.
2. Par un arrêté du 13 septembre 2022 notifié le jour même, le préfet l'a assigné à résidence dans le département de Loir-et-Cher, pour une durée de 45 jours à compter de la notification de cet arrêté. Il appartient dès lors au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, en application des dispositions des articles L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et sur la décision fixant le pays de destination ainsi que, en tant qu'elles s'y rattachent, sur les conclusions accessoires à fin d'injonction, en application des articles L. 614-7 à L.614-13 de ce même code. La formation collégiale du tribunal - qui statuera sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative- reste saisie des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et, en tant qu'elles s'y rattachent, des conclusions accessoires à fin d'injonction.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police./() " ; qu'aux termes de l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature : () 5° Pour toutes les matières intéressant son arrondissement et pour l'exécution des missions qu'il lui confie conformément aux dispositions de l'article 14, au sous-préfet () " ; qu'il ressort des pièces du dossier que, par l'article 1er de l'arrêté n°41-2021-01-25-001 du 25 janvier 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de Loir-et-Cher a donné délégation de signature à M. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture, " à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Loir-et-Cher () à l'exclusion des déclinatoires de compétence, des arrêtés de conflit et ce qui concerne l'exercice du droit de passer outre à un avis défavorable du contrôle financier à priori et l'exercice du droit de réquisition du comptable. () ". Ainsi, M. B justifie d'une délégation de compétence pour tous les actes relevant des attributions de l'Etat, ce qui inclut les décisions prise en matière de séjour et d'éloignement des étrangers, comme le précise le second alinéa de l'article 1er de ce même arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En second lieu, le requérant conteste être entré irrégulièrement sur le territoire et affirme être en possession d'une carte de séjour italienne, valable 10 ans, désignée sous le nom de " carta d'identita ", produite en annexe à ses écritures. Toutefois, ce document n'est pas un titre de séjour. Ainsi que le fait valoir le préfet dans ses écritures en défense, sans être utilement contredit, il s'agit d'un document, délivré en Italie par les communes de résidence aux ressortissants étrangers. Il ne permet pas, comme l'indique la mention " non valida per espatrio " portée au verso, de circuler hors du territoire italien. De plus, le passeport de M. A, délivré par la République du Congo ne comporte aucun cachet ni aucun visa permettant d'établir sa date d'entrée sur le territoire ni son caractère régulier.
5. Par ailleurs, si M. A affirme que, contrairement à ce que mentionne le préfet dans l'arrêté contesté, il ne s'est pas maintenu irrégulièrement sur le territoire dès lors qu'il a déposé une demande de régularisation de sa situation, le préfet fait valoir que, l'intéressé a attendu plus de deux ans après être entré sur le territoire, si l'on se fonde sur ses propres déclarations, pour demander la régularisation de sa situation. La circonstance que la date du dépôt de sa demande n'est pas mentionnée dans l'arrêté contesté est sans incidence sur sa régularité, alors que celui-ci n'établit pas avoir présenté une telle demande dès son arrivée en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté en ses deux branches.
6. En dernier lieu, en se bornant à indiquer qu'il dispose d'attaches en France, " ce que le préfet n'ignore pas " et en produisant un certificat d'assurance pour un véhicule automobile appartenant à Mme D, le requérant n'établit ni la nature ni l'importance de ces attaches. Dans ces conditions, il n'établit pas que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des éléments de sa situation personnelle.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination, contenues dans l'arrêté du 4 avril 2022, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 4 avril 2022 sont rejetées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est renvoyé pour y être statué en audience collégiale.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
Hélène C
Le greffier,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet de Loir et Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026