vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201500 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP MADRID-CABEZO MADRID-FOUSSEREAU MADRID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 avril 2022 et le 14 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Madrid, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née de l'absence de réponse de la préfète du Loiret à sa demande de délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " ou à défaut " salarié ", ensemble la décision expresse du 24 janvier 2022 lui octroyant un titre de séjour " étudiant " et lui refusant implicitement le titre de séjour demandé ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée familiale " ou à défaut " salarié " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ; à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet n'est pas motivée ; la préfète ne lui a pas communiqué les motifs de ce refus malgré sa demande ;
- la préfète était tenue de saisir la commission du titre de séjour ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 14 octobre 2022, la préfète du Loiret demande au tribunal de constater un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et de rejeter les conclusions relatives aux frais d'instance.
Elle soutient qu'aucune décision implicite de rejet n'est née de l'absence de réponse à la première demande de la requérante enregistrée le 21 juin 2019 et qu'en tout état de cause, l'intéressée a obtenu un titre de séjour " étudiant " valable du 4 mars 2022 au 9 février 2023, assorti d'une autorisation de travail.
Par ordonnance du 30 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 avril 2023.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 11 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dicko-Dogan,
- et les observations de Me Madrid, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante marocaine, née le 19 août 2000, déclare être entrée en France le 10 septembre 2017, munie d'un passeport délivré par les autorités marocaines, revêtu d'un visa multi-entrées Etats Schengen valable jusqu'au 30 juillet 2018. Le 21 juin 2019, la requérante a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 313-14, alors applicable, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 22 octobre 2021, elle a demandé la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Loiret. Par un courrier du 24 janvier 2022, la préfète l'a informée de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " au titre du L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à sa demande de délivrance d'un titre de séjour, ensemble de la décision expresse du 24 janvier 2022 lui délivrant un titre de séjour mention " étudiant " et lui refusant implicitement la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée familiale " ou " salarié ".
Sur l'exception de non-lieu opposée par la préfète :
2. Si la préfète du Loiret fait valoir qu'une carte de séjour temporaire mention " étudiant " a été délivrée à Mme A le 4 mars 2022, soit antérieurement à l'introduction du recours en excès de pouvoir enregistrée le 29 avril 2022, ce titre de séjour n'a pas d'effet équivalent à ceux du titre sollicité par la requérante le 21 juin 2019. Par suite et en tout état de cause, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour () ". Aux termes de l'article R. 311-12 du même code, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 du même code, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'autorité administrative compétente, saisie par un étranger d'une demande de titre de séjour, ne statue pas dans un délai de quatre mois suivant sa présentation, elle est réputée avoir implicitement rejeté cette demande, même si elle a par ailleurs délivré un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour d'une durée supérieure à quatre mois.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " présentée par Mme A a été enregistrée le 21 juin 2019. En l'absence de réponse expresse dans le délai de quatre mois prévu par les dispositions alors applicables de l'article R. 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et sans que la délivrance de documents provisoires de séjour à l'intéressée puisse y faire obstacle, une décision implicite de rejet est née le 21 octobre 2019. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de titre de séjour de la requérante ait fait l'objet de la délivrance d'un accusé de réception comportant les mentions prévues par l'article R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration, la décision implicite de rejet n'était pas devenue définitive lorsque Mme A a sollicité, le 22 octobre 2021, la communication des motifs de cette décision. Il n'est pas contesté que la préfète du Loiret n'a pas répondu à cette demande dans le délai d'un mois prévu par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, la décision du 4 mars 2022 par laquelle la préfète a expressément délivré une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ne peut, faute de comporter un refus exprès de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sollicitée par l'intéressée, être regardée comme s'étant substituée à la décision implicite de rejet du 21 octobre 2019. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation du refus de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre la décision de refus de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", que Mme A est fondée à en demander l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. La présente décision implique nécessairement que la préfète du Loiret réexamine la demande de titre de séjour de Mme A. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer cette demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 55 %. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros à Me Madrid, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la préfète du Loiret a refusé de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de réexaminer la demande de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " de Mme A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera Me Madrid la somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
Fatoumata DICKO-DOGAN
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026