vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201514 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBILIARD |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le numéro 2201514, par une requête et un mémoire enregistrés le 3 mai 2022 et le 14 septembre 2022, Mme D C, représentée par Me Robiliard, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une carte de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus d'admission au séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de motifs exceptionnels d'admission au séjour au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences dramatiques qu'elle emporte sur sa situation et celle de ses petits-enfants ;
- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux risques qu'elle encourt en raison de son état de santé.
Par un mémoire enregistré le 2 janvier 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 5 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2023 à douze heures.
Un mémoire présenté pour Mme C a été enregistré le 21 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
II. Sous le numéro 2201516, par une requête et des mémoires enregistrés le 3 mai 2022, le 14 septembre 2022 et le 3 février 2023, M. F E B A, représenté par Me Robiliard, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une carte de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie d'une nécessité liée au déroulement de ses études et qu'à ce titre, le préfet pouvait, en application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui délivrer, dans le cadre de l'exercice de son pouvoir discrétionnaire, un titre de séjour portant la mention " étudiant " ;
- il justifie d'un motif exceptionnel pour se voir délivrer un titre de séjour en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ne pas faire droit à sa demande d'admission au séjour aurait des conséquences dramatiques sur sa situation, ainsi que sur celle de sa grand-mère et de son frère mineur ;
- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux risques que sa grand-mère y encourrait en raison de son état de santé.
Par un mémoire enregistré le 2 janvier 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 5 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2023 à douze heures.
Un mémoire présenté pour Mme C a été enregistré le 22 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lardennois,
- et les observations de Me Robiliard, représentant Mme C et M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, ressortissante angolaise née le 2 novembre 1952, est entrée de manière irrégulière sur le territoire français le 30 mars 2016 accompagnée de ses deux petits-enfants de nationalité angolaise, F E B A et Fabio B A, nés respectivement le 16 septembre 2002 et le 26 septembre 2007. Ayant sollicité le statut de réfugié politique, sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 3 mai 2017, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 20 décembre 2017. Le 5 décembre 2018, elle a demandé aux services de la préfecture de Loir-et-Cher la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 27 février 2019, le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Se maintenant irrégulièrement sur le territoire français, le 11 juin 2021, elle a sollicité des services de la préfecture de Loir-et-Cher son admission exceptionnelle au séjour. Parallèlement, le 10 décembre 2021, son petit-fils, devenu majeur, M. B A a sollicité des mêmes services de la préfecture de Loir-et-Cher son admission au séjour afin de poursuivre ses études en France et de rester auprès de sa grand-mère. Par les arrêtés contestés du 4 avril 2022, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination des mesures d'éloignement.
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2201514 et 2201516, introduites respectivement par Mme C et M. B A, concernent une même famille, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces des dossiers que Mme C est entrée sur le territoire français en 2016 accompagnée de ses deux petits-enfants alors mineurs, F E B A, né en 2002, et Fabio B A, né en 2007, sur lesquels le préfet ne conteste pas qu'elle a l'autorité parentale. Si Mme C a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement en 2019 qu'elle n'a pas exécutée, il ressort des pièces du dossier que ses deux petits-enfants ont suivi depuis leur entrée sur le territoire français une scolarisation régulière révélant une réelle volonté d'intégration et une forte implication. Ainsi, compte tenu d'une présence sur le territoire français de plus de six ans à la date des décisions attaquées, d'une scolarisation continue de M. F E B A et des bons résultats scolaires de son frère toujours mineur à la date de la décision attaquée, de l'engagement associatif de Mme C et de sa volonté d'intégration révélée par l'obtention dès 2017 du diplôme initial de langue française et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C ou son petit-fils, M. B A, aient conservé dans leur pays d'origine des liens familiaux, les requérants sont fondés à soutenir qu'en refusant de leur délivrer un titre de séjour, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur leur situation personnelle.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes présentées par Mme C et M. B A, qu'il convient d'annuler les décisions du 4 avril 2022 du préfet de Loir-et-Cher refusant aux requérants la délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français prises à leur encontre ainsi que les décisions fixant le pays de destination des mesures d'éloignement doivent être aussi annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu, implique nécessairement que le préfet de Loir-et-Cher délivre à Mme C et à M. B A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de délivrer aux intéressés un tel titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à chacun des requérants de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 4 avril 2022 du préfet de Loir-et-Cher sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher de délivrer, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à Mme C ainsi qu'à M. B A.
Article 3 : L'Etat versera à chacun des requérants la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à M. F E B A et au préfet de Loir-et-Cher.
Copie en sera adressée à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Blois.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2201514
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026