jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201533 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GUILLAUMA PESME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 mai 2022, le 6 juillet 2022 et le 27 juillet 2022, M. B et Mme C A, représentés par Me Pesme, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Christophe le Chaudry a pris, au nom de l'Etat, une décision de non-opposition à déclaration préalable portant sur l'installation d'un pylône treillis et d'une clôture ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint Christophe le Chaudry la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- un dossier aurait dû être communiqué au maire en application des dispositions de l'article 5 du décret du 3 mai 2002 ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et communications électroniques ;
- le projet ne relève pas du régime de la déclaration préalable mais de celui du permis de construire en application des articles L. 421-1 et R. 421-9 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable du fait du défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- les autres soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 10 juin 2022 et le 17 octobre 2023, la société Phoenix France Infrastructures, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté en ce que le recours gracieux n'a pas été notifié en application des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et du fait du défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés
Par une intervention enregistrée le 10 juin 2022 et un mémoire enregistré le 17 octobre 2023, la société Bouygues Telecom, représentée par Me Hamri, demande que le tribunal rejette la requête de M. et Mme A par les mêmes motifs que ceux exposés par la société Phoenix France Infrastructures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pajot,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gassner, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. La société Phoenix France Infrastructures a déposé, le 26 novembre 2021, un dossier de déclaration préalable portant sur l'installation d'un pylône treillis de 42 mètres de hauteur et d'une clôture sur un terrain situé au lieu-dit le Roc sur le territoire de la commune de Saint-Christophe-le-Chaudry (Cher). Le 7 janvier 2022, le maire de la commune a pris, au nom de l'Etat, un arrêté de non-opposition à déclaration préalable. Les requérants ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté par courrier du 8 février 2022, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet.
Sur l'intervention de la société Bouygues Télécom :
2. La SA Bouygues Télécom, qui a reçu mandat de la société Phoenix France Infrastructure dans le cadre d'un contrat de déploiement la chargeant notamment, en cas de recours contre les autorisations qui lui sont délivrées, de se constituer et de prendre part à l'instance initiée à l'encontre de ces autorisations devant le juge compétent, a un intérêt à la réalisation de l'opération litigieuse dans les instances susmentionnées. Son intervention en défense doit dès lors être admise.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. () ".
4. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 de ce code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. () Aux termes de l'article A 424-16 du code de l'urbanisme : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () ". Aux termes de l'article A. 424-17 du même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-18 du même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. " Il incombe au bénéficiaire d'un permis de construire de justifier qu'il a accompli les formalités d'affichage prescrites par ces dispositions, le juge devant ensuite, en cas de contestation, apprécier la régularité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
5. Il ressort de trois constats d'huissier en date des 14 janvier, 14 février et 15 mars 2022 que la décision de non-opposition à la déclaration de travaux souscrite par la société Phoenix France Infrastructures a été affichée devant le terrain d'assiette du projet pendant une période de deux mois. Aux termes de ces constats et des photographies jointes, le panneau d'affichage était effectivement visible et lisible depuis la voie publique. Il mentionnait le nom de la société bénéficiaire, la hauteur du projet laquelle était indiquée sur l'arrêté litigieux affiché sur le panneau ainsi que l'obligation de notification du recours contentieux ou administration en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. En outre, il n'avait pas à mentionner la surface de plancher dès lors que le projet n'en crée pas. Par ailleurs, l'erreur alléguée quant à la mention de la consistance réelle du projet n'est pas établie par les pièces du dossier dès lors que la dalle béton prévue au projet ne crée pas, par elle-même, une emprise au sol et qu'au surplus l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme précité n'impose pas que l'affichage mentionne l'emprise au sol de la construction projetée.
6. L'affichage de l'arrêté en litige pendant deux mois à compter du 14 janvier 2022 étant régulier, le délai de recours contentieux a commencé à courir à cette date. Si les requérants ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté par courrier du 8 février 2022, il ressort des pièces du dossier que celui-ci n'a pas été notifié, conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, à la société pétitionnaire de sorte que ce recours n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux. Dans ces conditions et alors que le délai de recours contentieux expirait le 15 mars 2022 à minuit, la requête qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 5 mai 2022 est tardive et par suite irrecevable.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. et Mme A doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint Christophe le Chaudry, qui n'est, en tout état de cause, pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme A, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des requérants une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à la société Phoenix France Infrastructures.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la société Bouygues Telecom est admise.
Article 2 : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 3 : M. et Mme A verseront solidairement une somme de 1 500 euros à la société Phoenix France Infrastructures en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme C A, au préfet du Cher, à la société Phoenix France infrastructures et à la société Bouygues Télécom.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026