LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2201638

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201638

vendredi 2 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2201638
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantTOUBALE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Sous le numéro 2201638, par une requête enregistrée le 11 mai 2022, Mme B C, représentée par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation de mère de très jeunes enfants dépourvue de travail et des garanties dont elle peut bénéficier en France et dont elle ne bénéficierait pas dans son pays d'origine ;

- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux risques encourus par elle-même et ses enfants.

Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2022.

II. Sous le numéro 2201639, par une requête enregistrée le 11 mai 2022, M. D C, représenté par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration à défaut d'indication du nom de son signataire permettant de s'assurer de la compétence de ce dernier ;

- la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'erreur de fait dès lors qu'il démontre être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine ;

- la décision portant refus d'admission au séjour, et plus encore celle portant obligation de quitter le territoire français, portent atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Lardennois a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante guinéenne née le 20 mai 1995, déclare être entrée irrégulièrement sur le territoire français le 30 novembre 2018. Elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile mais sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 mars 2019, confirmée par une décision du 24 janvier 2020 de la Cour nationale du droit d'asile. Par ailleurs, M. D C, ressortissant guinéen né le 2 janvier 1982, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 27 avril 2016. Il a aussi sollicité son admission au séjour au titre de l'asile et se l'est vu refuser par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 juillet 2017, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 1er juin 2018. Par des arrêtés du 3 juin 2020, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté leurs demandes d'admission exceptionnelle au séjour et leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Les requêtes présentées par M. et Mme C à l'encontre de ces arrêtés ont été rejetés par un jugement de la présidente du tribunal administratif d'Orléans du 5 août 2020. Se maintenant irrégulièrement sur le territoire français, Mme et M. C ont présenté, respectivement le 9 avril 2021 et le 8 novembre 2021, une nouvelle demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par les arrêtés attaqués du 11 avril 2022, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté leurs demandes, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination des mesures d'éloignement.

2. Les deux requêtes susvisées consernant des situations liées et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur la légalité externe des arrêtés attaqués :

3. En premier lieu, si M. C entend soutenir que le signataire de l'arrêté pris à son encontre n'est pas identifiable en méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration aux termes desquelles : " Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administrative de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne () ", la méconnaissance de ces dispositions, qui intéressent uniquement les correspondances échangées durant le déroulement de l'instruction d'un dossier et non la forme des décisions, ne peut être utilement invoquée à l'encontre de la décision prise au terme de cette instruction.

4. En second lieu, il ressort des pièces des dossiers, et notamment de la copie de l'arrêté pris à l'encontre de M. C produite par le préfet en défense, que les arrêtés attaqués ont été signés par M. Nicolas Hauptmann, secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher. Par un arrêté du 25 janvier 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. F E, préfet de Loir-et-Cher, a donné délégation à M. G à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Loir-et-Cher ", cette délégation comprenant " notamment, la signature de tous les actes administratifs () relatifs au séjour et à la police des étrangers ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués manque en fait et doit être écarté.

Sur la légalité interne des arrêtés attaqués :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Il résulte de cet article que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que ce dernier fait valoir. Dans ces conditions, il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.

6. M. C soutient que le préfet a porté une appréciation erronée sur sa situation en estimant qu'il ne justifiait ni de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels. Il fait valoir qu'il a construit son propre univers familial en France et qu'il est dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine. Il se prévaut en outre de la réaffirmation à plusieurs reprises du désir de Mme A de l'engager pour assurer des tâches agricoles. Toutefois, le requérant ne verse au dossier aucun élément permettant de démontrer l'existence de ses liens familiaux en France et de la réalité de cette promesse d'embauche qui, au demeurant, à elle-seule ne suffirait pas à justifier d'un motif exceptionnel au sens de l'article L. 435-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il ressort des pièces des dossiers que sa femme, Mme C, fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, de sorte que la cellule familiale a vocation à se reconstituer dans leur pays d'origine. Par ailleurs, Mme C soutient, quant à elle, qu'elle présente des motifs exceptionnels en raison du fait qu'elle est mère de deux très jeunes enfants et que ne pouvant travailler pour cette raison, elle ne pourrait pas bénéficier de la même protection dans son pays d'origine que celle dont elle bénéficie en France. Cependant, elle ne développe pas davantage son propos et n'apporte au surplus aucun élément permettant de démontrer la réalité de ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de Loir-et-Cher ne saurait être regardé comme ayant porté une appréciation manifestement erronée sur la situation de M. et Mme C. Par suite, les moyens ne peuvent qu'être écartés.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

8. Si M. et Mme C entendent soutenir que les arrêtés attaqués portent une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale, ils ne produisent aucune pièce permettant d'établir l'existence de liens familiaux ou amicaux en France et ne justifient pas d'une particulière intégration à la société française malgré une présence de plusieurs années. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 6, les deux époux faisant l'objet de mesures d'éloignement à destination du même pays d'origine, et la situation de leurs enfants mineurs étant indissociable de la leur, les arrêtés n'ont pas pour effet de dissoudre la cellule familiale. Par ailleurs, il résulte des termes des arrêtés et il n'est pas sérieusement contredit que le couple est parent d'un autre enfant resté en Guinée, né en 2011. Dans ces conditions, M. et Mme C, alors au surplus que M. C a reconnu dans sa demande de titre de séjour avoir encore une sœur dans son pays d'origine, ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés attaqués porteraient à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9. En dernier lieu, si Mme C entend se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ", en se bornant à faire état d'un extrait d'un rapport de l'UNICEF datant de 2015 sur la situation des enfants en Guinée, elle n'apporte aucun élément de nature à démontrer la réalité des risques qu'elle encourrait à titre personnel dans son pays d'origine ou qu'encourraient ses enfants en tant qu'enfants nés hors mariage alors qu'au demeurant tant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes présentées par M. et Mme C et enregistrées sous les numéros 2201638 et 2201639 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. D C et au préfet de Loir-et-Cher.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.

Le rapporteur,

Stéphane LARDENNOIS

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

Le greffier,

Alexandre HELLOT

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2201638

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions