jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LE MERCIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mai 2022, M. A B, représenté par Me Le Mercier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2022 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la préfète s'est crue à tort dans l'obligation de lui refuser l'autorisation provisoire de séjour sollicitée, de sorte qu'elle n'a pas examiné sa situation personnelle et fait usage de son pouvoir d'appréciation discrétionnaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 21 juin 2000, déclare être entré en France le 11 mars 2022, après avoir quitté l'Ukraine où il résidait. Le 4 avril 2022, il a présenté une demande d'autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire. Par l'arrêté attaqué du 12 avril 2022, la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire " et lui a délivré une autorisation provisoire de séjour valable un mois pour examiner son éventuelle admission au séjour sur un autre fondement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 2 de la décision d'exécution du 4 mars 2022 du conseil : " La présente décision s'applique aux catégories suivantes de personnes déplacées d'Ukraine le 24 février 2022 ou après cette date, à la suite de l'invasion militaire par les forces armées russes qui a commencé à cette date () / 2. Les États membres appliquent la présente décision ou une protection adéquate en vertu de leur droit national à l'égard des apatrides, et des ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables. / 3. Conformément à l'article 7 de la directive 2001/55/CE, les États membres peuvent également appliquer la présente décision à d'autres personnes, y compris aux apatrides et aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier en Ukraine et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables. / () ".
3. En premier lieu, M. B fait valoir que la préfète du Loiret a entaché sa décision de refus d'autorisation provisoire de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'elle l'a considéré comme étant de nationalité congolaise et a ainsi examiné s'il était en mesure de rentrer dans ce pays dans des conditions sûres et durables, alors qu'il est de nationalité algérienne. Toutefois, si figure dans l'arrêté attaqué la mention erronée " de nationalité congolaise ", il apparait qu'il ne s'agit que d'une erreur de plume, le même arrêté mentionnant que l'intéressé est né à Batna et est de nationalité algérienne. Par suite, il ne ressort pas de cette erreur de plume que la préfète aurait examiné de manière erronée la possibilité du requérant de rentrer au Congo plutôt qu'en Algérie. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
4. En second lieu, le requérant soutient que la préfète du Loiret s'est crue à tort liée par les conditions réglementaires de délivrance de l'autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire ", sans faire usage de son pouvoir d'appréciation discrétionnaire et sans considérer notamment la présence de membres de sa famille proche en France ainsi que sa qualité d'étudiant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la préfète était saisie d'une seule demande d'autorisation provisoire de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection temporaire et les circonstances alléguées par le requérant tenant à la présence de membres de sa famille en France et à sa qualité d'étudiant ne sont pas de nature à lui conférer un droit au séjour en tant que bénéficiaire de la protection temporaire prévue par les dispositions citées au point 2 et les articles L. 581-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la préfète n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit. Au surplus, il ressort des pièces du dossier qu'elle a délivré au requérant une autorisation provisoire de séjour d'une durée d'un mois le temps d'examiner son éventuelle admission au séjour sur un autre fondement, de sorte qu'elle ne s'est pas estimée tenue de lui refuser un titre de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2022 attaqué doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
M. Joos, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Anne C
L'assesseur le plus ancien,
Emmanuel JOOS
La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026