jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201839 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WEINKOPF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 mai 2022, le 7 décembre 2022 et le 2 février 2023, M. B C et Mme E D, représentés par Me Weinkopf, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2022 par lequel le maire de la commune de la Chapelle-Saint-Mesmin a délivré un permis de construire pour une maison individuelle ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La-Chapelle-Saint-Mesmin la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté aurait dû faire l'objet d'un sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire aurait dû être refusé du fait de l'existence d'une fraude.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 novembre 2022 et le 10 janvier 2023, la commune de La-Chapelle-Saint-Mesmin, représentée par Me Tissier-Lotz, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable du fait du défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 27 juillet 2022, M. A F, représenté par Me Moulet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge solidaire des requérants la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pajot,
- les conclusions de Mme Best de Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Monchaux, représentant les requérants, de Me Tissier-Lotz, représentant la commune de la Chapelle-Saint-Mesmin, et de Me Kutta, représentant M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 décembre 2021, M. F a déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle rue de la Perrière sur le territoire de la commune de la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). Par un arrêté du 10 février 2022, le maire de la commune a délivré le permis de construire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ".
Sur la légalité de l'arrêté attaquée :
3. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire que lorsque l'état d'avancement des travaux d'élaboration du nouveau plan local d'urbanisme permet de préciser la portée exacte des modifications projetées. Il ne peut en outre être opposé qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir, et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet de zonage du plan local d'urbanisme d'Orléans métropole classe les parcelles d'assiette du projet en zone UR5, zone urbaine résidentielle, hameaux et institue sur une partie de la parcelle BB 526, sur laquelle porte le projet de maison individuelle, une servitude cœur d'îlot interdisant toute construction d'habitation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette servitude cœur d'îlot ne porte que sur une partie réduite de la parcelle BB 526 (au sud) alors qu'il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet de construction n'est pas implanté sur cette partie de la parcelle. Par suite, le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que le projet n'est pas de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan et en n'opposant pas un sursis à statuer à la demande de permis de construire.
5. En dernier lieu, la caractérisation d'une fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
6. Les requérants soutiennent que l'arrêté est entaché de fraude en ce que le pétitionnaire a, intentionnellement et de manière erronée, indiqué dans son dossier de demande de permis de construire l'existence d'une servitude de passage d'une largeur de 5.16 mètres grevant la propriété de M. C au bénéfice de celle du pétitionnaire. Toutefois, la note de présentation du dossier de demande de permis de construire précise qu'une servitude de passage est aménagée sur une partie de la parcelle BB n° 503 sur le fondement de l'article 682 du code civil avant d'indiquer qu'une lettre de consultation concernant la servitude légale de désenclavement est jointe en annexe. Par ces termes, l'administration était dès lors informée de ce que des démarches étaient en cours afin de constituer une servitude de passage en application de l'article 682 du code civil. Au surplus, l'arrêté litigieux est assorti d'une prescription tenant à la production, par le bénéficiaire, de l'acte authentique de la servitude de passage au plus tard au dépôt de la déclaration d'ouverture de chantier. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire aurait été obtenu du fait de la fraude du pétitionnaire.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de la Chapelle-Saint-Mesmin, qui n'est pas la partie perdante, la somme sollicitée par M. C et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de la Chapelle Saint-Mesmin et de M. F présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la Chapelle Saint Mesmin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme E D, à la commune de La-Chapelle-Saint-Mesmin et à M. A F.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026