vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCHMID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 11 juin 2022, le 1er décembre 2022 et le 5 février 2024, Mme D C, représentée par Me Schmid, avocat, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté de mise sécurité du 14 avril 2022 édicté par le maire de Chartres ou, à titre subsidiaire, d'annuler partiellement ledit arrêté en ses dispositions se rapportant à la parcelle AK n° 320 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chartres la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris au terme d'une procédure irrégulière, conduite au mépris du contradictoire et des droits de la défense en méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation ; dès lors qu'aucun danger imminent ni manifeste n'affectait le lot n° 9 appartenant aux consorts C, le contradictoire devait être observé ;
- il est entaché d'un vice de forme et de procédure dès lors qu'il n'a pas été notifié à ses enfants, nus-propriétaires, et en cette qualité seuls responsables de l'exécution des mesures prescrites ;
- le rapport prévu à l'article L. 511-8 du code de la construction et de l'habitation ne visait que la parcelle AK 226 dès lors la procédure subséquente ne pouvait viser la parcelle AK 320 dont elle est usufruitière ;
- la commune a entaché son arrêté d'un détournement de procédure ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'erreur de fait et de droit dès lors que le lot dont elle est usufruitière n'est affecté d'aucun danger imminent ou manifeste ainsi qu'il ressort tant des rapports d'expertise et comptes rendus établis sur l'immeuble que de l'arrêté lui-même ; en cela, l'arrêté pris sur la base inappropriée de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation procède d'une erreur de droit puisque les conditions requises n'étaient manifestement pas réunies ;
- il repose sur des faits matériellement inexacts ;
- il est entaché d'erreur de droit puisque l'usufruitier ne peut pas légalement se voir imposer des mesures qui concernent uniquement le ou les nus-propriétaires.
Par des mémoires enregistrés le 8 novembre 2022 et le 27 février 2024, la commune de Chartres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la procédure d'urgence était justifiée, si bien que le respect du contradictoire avant l'édiction de l'arrêté en litige n'était pas une obligation ; par ailleurs, bien que la collectivité n'était pas dans l'obligation d'organiser une procédure contradictoire, la requérante, ainsi que son conseil, étaient présents lors de la réunion d'expertise ;
- l'arrêté litigieux, en ce qu'il concerne le lot n° 9 de la parcelle cadastrée section AK numéro 320, sur la base des éléments de l'expertise, a prescrit des mesures relevant des pouvoirs de l'usufruitier, à savoir la coupure des réseaux gaz et l'intervention d'un bureau d'études afin d'apprécier l'état du bâtiment ; dès lors, les mesures prescrites, n'impliquant pas de grosses réparations, ne relevaient pas des nus-propriétaires ;
- étant donné que la procédure engagée est une procédure de mise en sécurité et que l'expert, dans son rapport, dresse un état de la parcelle cadastrée section AK numéro 320, les dispositions de l'article L. 511-8 du code de la construction et de l'habitation ont été respectées et aucun vice de forme ou de procédure ne peut être relevé ;
- l'état des bâtiments situés sur les deux parcelles visées par l'arrêté et le risque avéré d'aggravation des désordres justifiaient la mise en place d'une procédure d'urgence au sens de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation ;
- s'il est reproché à l'arrêté de prescrire des mesures plus restrictives que celles préconisées par l'expert, le code de la construction et de l'habitation, notamment son article L. 511-9, n'impose pas à l'autorité compétente de suivre explicitement les conclusions du rapport d'expertise, notamment lorsque l'état du bâtiment et l'urgence le justifient.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés :
- du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 avril 2022 en ce qu'il porte sur le lot numéro 9 de la parcelle cadastrée AK 320 dès lors que par un arrêté du 21 février 2024, le maire de Chartres a prononcé la mainlevée de l'arrêté de mise en sécurité pour la partie concernant le lot numéro 9 de la parcelle cadastrée AK 320 ;
- de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 avril 2022 en ce qu'il concerne la parcelle cadastré AK 226 à défaut d'intérêt à agir de la requérante.
Une réponse à ces moyens soulevés d'office, enregistrée le 14 novembre 2024, a été produite pour Mme C et a été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lardennois,
- les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique,
- et les observations de M. A, représentant la commune de Chartres.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est usufruitière d'un immeuble, dont ses enfants détiennent la nue-propriété, situé 26 rue Noël Ballay à Chartres et cadastré section AK numéro 320. Il s'agit du lot numéro 9 dépendant d'une galerie marchande dénommée " Le Centre Noël Ballay " consistant en une boutique et une réserve en sous-sol. Ce bien est occupé par M. B en vertu d'un bail commercial établi le 29 juin 1990 régulièrement renouvelé. M. B l'utilise comme laboratoire de la boutique de boulangerie qu'il occupe dans le local adjacent, cadastré AK 226, objet d'un bail distinct consenti à M. B par la société civile immobilière (SCI) du 26 rue Noël Ballay. Les deux locaux communiquent par une porte. A la suite d'une visite effectuée le 30 mars 2022, le maire de Chartres, faisant valoir que le local dont la SCI est propriétaire présentait un péril pour la sécurité publique, a sollicité du président du tribunal administratif d'Orléans la désignation d'un expert en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation aux fins d'examiner l'état de l'immeuble cadastré AK 226. Par une ordonnance du 31 mars 2022, le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans a désigné un architecte en vue d'examiner le bâtiment, de dresser constat de l'état des bâtiments mitoyens, de donner son avis sur l'état de l'immeuble et la gravité du péril qu'il représente et, le cas échéant, de proposer les mesures provisoires de nature à faire cesser le risque de péril pour la sécurité publique. A la suite du rapport d'expertise établi le 5 avril 2022, le maire de Chartres, par l'arrêté attaqué du 14 avril 2022, a prescrit, en application de l'article L. 511-19 du code précité, à la SCI du 26 rue Noël Ballay et à Mme C un certain nombre de mesures afin de mettre fin à l'état de danger imminent présenté par l'immeuble situé sur la parcelle cadastrée AK 226 ainsi que par l'immeuble situé lot numéro 9 de la parcelle mitoyenne cadastrée AK 320.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants ou des tiers () ". Aux termes de l'article L. 511-19 du même code : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe () ".
3. La contestation d'un arrêté de péril imminent pris sur le fondement de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
4. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 21 février 2024, le maire de la commune de Chartres, sur la base du rapport établi le 25 janvier 2024 par l'expert désigné par le tribunal judiciaire de Chartres le 28 décembre 2022, lequel constate l'absence de risque structurel sur le lot numéro 9 de la parcelle cadastrée AK 320, a prononcé la mainlevée partielle de l'arrêté attaqué du 14 avril 2022 pour la partie concernant le lot numéro 9 de la parcelle AK n° 320. Dans ces conditions, cet arrêté a fait perdre leur objet en cours d'instance aux conclusions à fin d'annulation présentées contre l'arrêté du 14 avril 2022 en tant qu'il porte sur la parcelle dont la requérante est usufruitière. Par suite, à la date du présent jugement, quand bien même l'arrêté aurait produit antérieurement des effets, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C à l'encontre de l'arrêté du 14 avril 2022 en tant qu'il porte sur la parcelle cadastrée AK 320.
Sur les conclusions à fin d'annulation restant en litige :
5. La seule qualité de Mme C d'usufruitière de la parcelle adjacente ne lui donne pas d'intérêt à agir en annulation contre l'arrêté litigieux en tant qu'il porte sur la parcelle cadastrée section AK numéro 226 qui ne prescrit des mesures de sécurisation qu'au propriétaire de cette parcelle, la SCI du 26 rue Noël Ballay. Il s'ensuit que les conclusions présentées par Mme C, à fin d'annulation de l'arrêté litigieux en tant qu'il porte sur la parcelle section AK numéro 226 doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Chartres le versement à Mme C de la somme réclamée en application des dispositions de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C à l'encontre de l'arrêté du 14 avril 2022 en tant qu'il porte sur le lot numéro 9 de la parcelle cadastrée section AK n° 320.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la commune de Chartres.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026