mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202027 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 juin et 29 août 2022, M. B C, représenté par Me Philippon, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision 48SI du 11 avril 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire ainsi que quatre des décisions de retrait de points qui y sont mentionnées, à savoir celles consécutives aux infractions des 2 mai 2021, 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021 ayant respectivement entraîné le retrait de deux points, un point, un point et quatre points ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et son permis de conduire, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 962 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de la constatation des infractions en litige ;
- la réalité des infractions n'est pas établie au regard des dispositions de l'article
L. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions, en tant qu'elles tendent à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021 et de la décision 48SI sont sans objet, dès lors que les mentions relatives aux trois infractions ont été supprimées du relevé d'information intégral du requérant, qu'il en est de même des mentions relatives à la décision 48SI, que le capital en points du permis de conduire est de cinq et que la décision 48SI est ainsi réputée avoir été retirée ;
- les moyens du requérant concernant les autres infractions ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le solde en points du permis de conduire de M. C a été réduit à zéro à la suite d'infractions au code de la route, commises les 15 octobre 2015, 11 janvier 2019, 2 mai 2021, 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021, ayant respectivement entraîné des retraits de trois points, deux points, deux points, un point, un point et quatre points. M. C, aux termes de ses écritures, demande l'annulation de la décision 48SI du 11 avril 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire ainsi que de quatre des décisions de retrait de points qui y sont mentionnées, à savoir celles consécutives aux infractions des 2 mai 2021, 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021, et qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés ainsi que son permis de conduire.
Sur l'étendue du litige :
2. Le ministre de l'intérieur a produit en défense le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. C, extrait du fichier national du permis de conduire, édité à la date du 26 juillet 2022. Il en résulte que n'y figurent plus les mentions afférentes à une décision 48SI du 11 avril 2022, non plus que des décisions de retrait de points consécutives à des infractions des 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021, et que le permis de conduire du requérant est, à cette date, crédité de cinq points. Dans ces circonstances, alors que la décision 48SI du 11 avril 2022 et les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021 doivent être regardées comme ayant été retirées de l'ordonnancement juridique, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions du requérant en tant qu'elles sont dirigées contre ces décisions, non plus que, par suite, sur les conclusions en injonction en découlant.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 2 mai 2021 :
En ce qui concerne l'absence de réalité de l'infraction :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".
4. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral du requérant, qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis s'agissant de l'infraction du 2 mai 2021. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause cette énonciation du relevé d'information intégral et n'établit pas, ni n'allègue, que le titre exécutoire aurait été annulé à la suite d'une réclamation formée devant l'officier du ministère public. Par suite, la réalité de l'infraction en litige est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence d'information préalable :
5. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
6. Pour l'infraction du 2 mai 2021, constatée par radar automatique, il résulte du relevé d'information intégral qu'elle a donné lieu à un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, et le ministre ne produit aucun document de nature à établir que le requérant se serait acquitté sans y être contraint de cette amende forfaitaire majorée et aurait ainsi reçu l'avis correspondant et comportant l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si la seule circonstance que le contrevenant n'a pas été informé, lors de la constatation de cette infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il n'en va pas de même pour l'information portant sur la possibilité d'un retrait de points qui permet au contrevenant de savoir si l'infraction va ou non entraîner un retrait de points et lui permettre, le cas échéant, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire et de contester l'infraction devant le juge pénal. Dans ces conditions, le ministre ne peut être regardé comme apportant la preuve du respect des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le retrait de deux points opéré à raison de cette infraction est intervenu selon une procédure irrégulière.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de deux points faisant suite de l'infractions du 2 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement implique nécessairement que, dans le délai de deux mois suivant sa notification, les deux points retirés à la suite de l'infraction du 2 mai 2021 soient restitués sur le permis de conduire de M. C.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation de M. C en tant qu'elles sont dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 23 juin 2021, 3 juillet 2021 et 21 septembre 2021 et contre la décision 48SI du 11 avril 2022, non plus, par suite, que sur les conclusions en injonction qui s'y rapportent.
Article 2 : La décision de retrait de deux points faisant suite à l'infraction du 2 mai 2021 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, de restituer à M. C les deux points retirés à la suite de l'infraction du 2 mai 2021.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 5 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Paule A
Le greffier,
Roger MBELANI La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 222027
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026