jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | THOMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022, M. A B, représenté par Me Thomas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2022 de la préfète du Loiret portant refus de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre la préfète de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la préfète a omis d'examiner la situation du requérant au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les articles L. 435-1 et L. 432-13 à L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour alors que le requérant résidait en France depuis plus de dix ans ;
- il ne pouvait sans erreur de droit et erreur d'appréciation, être fondé sur l'article L. 412-5 du même code, la préfète se bornant à relever que son comportement constitue un " trouble à l'ordre public " alors qu'il ne constitue pas une menace actuelle à l'ordre public ;
- il méconnaît également l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la préfète ne pouvait, sans erreur manifeste d'appréciation, rejeter la demande fondée sur l'article L. 435-1 du même code.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, la préfète du Loiret, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyen tirés du défaut de consultation de la commission du titre de séjour, du défaut d'examen des demandes fondées sur les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'erreur d'appréciation et d'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre la République française et le Royaume du Maroc signée à Rabat le 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacassagne,
- et les observations de Me Thomas, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, est entré en France le 22 février 1998, à l'âge de 2 ans et demi. Il a séjourné sur le territoire français sous couvert d'un document de circulation pour étranger mineur entre 2005 et 2013. A partir du 10 mars 2015, il a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", renouvelé jusqu'au 5 mars 2020. Le 22 novembre 2021, il a effectué une demande de regroupement familial puis, le 28 décembre suivant, il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de salarié. Par une décision en date du 2 mai 2022, la préfète du Loiret a opposé un refus à ces demandes.
2. En premier lieu, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait, notamment les textes applicables, en particulier l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et les conditions d'entrée et de séjour de M. B en France, qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, motivée en fait et en droit conformément aux exigences des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes non contestés de la décision attaquée que M. B a sollicité, le 22 novembre 2021, une demande de regroupement familial. Il ressort, en outre, des pièces versées au dossier par la préfète du Loiret que, si le requérant l'a saisie d'une seconde demande le 28 décembre 2021, cette demande portait sur la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Ainsi, l'intéressé n'a pas sollicité de titre de séjour sur les fondements des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et alors que la préfète n'a pas spontanément examiné sa situation au regard de ces dispositions, M. B ne peut utilement prétendre ni que le refus litigieux méconnaît l'article L. 423-23 de ce code, ni qu'en rejetant sa demande fondée sur l'article L. 435-1 sans consulter la commission du titre de séjour, la préfète a entaché sa décision d'un vice de procédure et d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". En se fondant sur la circonstance que M. B constitue une menace pour l'ordre public au motif qu'il a fait l'objet de quatre condamnations par le juge pénal, dont trois de nature correctionnelle pour des faits de trafic de stupéfiants et de violence commise en réunion, ayant entraîné une incarcération du 1er mars 2019 au 9 avril 2020, la préfète du Loiret n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 412-5 précité doit donc être écarté.
5. Enfin, M. B soutient que le refus de titre de séjour litigieux méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il est entré en France en 1998 à l'âge de 2 ans, qu'il s'est maintenu sur le territoire depuis cette date et a bénéficié de titres de séjours dont le dernier a expiré le 5 mars 2020, qu'il a été élevé par sa mère qui réside en France sous couvert d'une carte de résident valable jusqu'en 2025, que toute sa famille réside en France et qu'il est dépourvu d'attache dans son pays d'origine, que sa compagne, avec qui il vit en concubinage depuis plusieurs années, est de nationalité française et qu'à la date de la décision attaquée, le couple attendait un enfant, né le 23 janvier 2023, qu'il est inséré professionnellement et est bénéficiaire d'une promesse d'embauche ; il ajoute que la décision litigieuse aurait pour effet d'emporter des conséquences d'une exceptionnelle gravité, en ce qu'elle le placerait dans l'impossibilité de contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant, et dans l'impossibilité de soutenir sa concubine, ce qui placerait son foyer dans une détresse psychologique et une précarité financière.
6. Toutefois, d'une part, si le requérant produit la carte de résident de sa mère, les cartes d'identité française de ses sœurs, une attestation d'hébergement par sa compagne et une promesse d'embauche, il ne produit aucune justification de l'intensité des liens avec sa mère et ses sœurs, aucune pièce attestant de l'ancienneté de la relation avec sa compagne et ne justifie pas d'études ou d'une activité professionnelle antérieure, hormis quatre missions d'intérim de quelques jours, alors qu'il s'est trouvé en situation régulière sur le territoire jusqu'au 5 mars 2020. D'autre part, il n'est pas contesté que M. B a été condamné le 21 juillet 2016 à un an d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants, le 26 juin 2017 à 8 mois d'emprisonnement pour violence commise en réunion, en récidive, et le 1er mars 2019 à 18 mois d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants, en récidive, cette dernière condamnation demeurant récente à la date de la décision attaquée. Par suite, en dépit de l'ancienneté de son séjour en France et eu égard aux effets d'un refus de titre de séjour, la décision du 2 mai 2022 n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'arrêté contesté n'est pas entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation du refus de titre de séjour doivent être rejetées.
8. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et sa demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseiller,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
L'assesseur le plus ancien,
Anne-Laure PAJOT
Le président-rapporteur,
Denis LACASSAGNE La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026