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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202221

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202221

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202221
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantLOISON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin et 31 août 2022, Mme F A, représentée par Me Aurélie Loison, demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2022 du préfet de Loir-et-Cher l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant la Côte d'Ivoire comme pays de destination de sa reconduite et l'obligeant à se présenter auprès des services de police de Blois chaque semaine les mardis et jeudis à 8 heures 30 ;

2) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai et d'enregistrer la demande d'asile présentée au nom de sa fille mineure, E C ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, les articles L. 431-2, L. 541-1 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de se présenter au commissariat et de remettre son passeport à l'autorité administrative méconnaît l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi

n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 15 mars 1986, a déclaré être entrée en France pour y demander l'asile. Elle était accompagnée de son fils, B C né le 7 avril 2010, et de E C, née le 28 juin 2007, fille de son mari issue d'une autre relation et sur laquelle elle exerce la puissance paternelle en vertu d'une ordonnance de délégation en date du 29 février 2016 du juge du tribunal de première instance d'Abidjan. Le 24 novembre 2020, elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée le 18 octobre 2021 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 25 février 2022 par la cour nationale du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 13 juin 2022, le préfet de Loir-et-Cher l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de la Côte d'Ivoire.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de l'arrêté du 13 juin 2022 du préfet de Loir-et-Cher :

4. En premier lieu, aux termes de L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Par ailleurs, l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que les dispositions de l'article L. 121-1 précitées ne sont pas applicables " aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière ". Or, il résulte de l'ensemble des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment des articles L. 614-1, qui ouvrent un recours suspensif devant le juge administratif, organisent les garanties dont bénéficie l'étranger pour pouvoir exercer utilement ledit recours et fixe les délais dans lesquels ces recours doivent être présentés et jugés, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des obligations de quitter le territoire et, par suite, exclure l'application des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, le moyen de la requérante tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut, en tout état de cause, être accueilli.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. ". Aux termes de l'article D. 431-7 du même code : " Pour l'application de l'article L. 431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9, ce délai est porté à trois mois ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; ". La circonstance, à la supposer avérée, que l'administration n'ait pas délivré à Mme A, dans une langue qu'elle comprend, l'information prévue par l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement prise à son encontre.

6. En troisième lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants. ". Aux termes de l'article L. 521-8 du même code : " Le mineur non accompagné mentionné aux articles L. 521-9 à L. 521-12 s'entend du mineur privé temporairement ou définitivement de la protection de ses représentants légaux. ". Aux termes de l'article L. 521-9 du code : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un mineur non accompagné, le procureur de la République, avisé immédiatement par l'autorité administrative, lui désigne sans délai un administrateur ad hoc. Celui-ci assiste le mineur et assure sa représentation dans le cadre des procédures administratives et juridictionnelles relatives à la demande d'asile. ". Aux termes de l'article L. 531-23 du code : " Lorsqu'il est statué sur la demande de chacun des parents présentée dans les conditions prévues à l'article L. 521-3, la décision accordant la protection la plus étendue est réputée prise également au bénéfice des enfants. Cette décision n'est pas opposable aux enfants qui établissent que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire. ". Aux termes de l'article L. 541-1 du code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. /. Le fait que le demandeur ait explicitement retiré sa demande antérieure, ou que la décision définitive ait été prise en application des articles L. 531-37 ou L. 531-38, ou encore que le demandeur ait quitté le territoire, même pour rejoindre son pays d'origine, ne fait pas obstacle à l'application des dispositions du premier alinéa. /. Ces dispositions s'appliquent sans préjudice du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013. ". Aux termes de l'article R. 531-35 du code : " Lorsque dans les cas et conditions prévues à l'article L. 531-41, la personne intéressée entend présenter une demande de réexamen, elle doit procéder à une nouvelle demande d'enregistrement auprès du préfet compétent. /. Les dispositions des articles R. 531-2 à R. 531-5 sont alors applicables. ". Aux termes de l'article R. 531-36 de ce code : " La demande de réexamen doit être introduite auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides dans un délai de huit jours à compter de l'enregistrement. ".

8. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-3 et L. 521-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. La décision rendue par l'office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, par la cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire. En outre, la nouvelle demande présentée au nom du mineur doit alors être regardée, dans tous les cas, comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En se prévalant des dispositions précitées de l'article L. 541-1 du code de justice administrative, la requérante soutient que la demande d'asile formée par elle au nom de sa belle- fille mineure, E C, en sa qualité de représentante légale, est toujours en cours d'instruction, qu'une nouvelle attestation de demande d'asile au nom de son fils, B, la mentionnant comme représentante légale, a été délivrée le 31 mai 2022 par le préfet de

Loir-et-Cher ainsi que le 3 août 2022 une attestation de demande d'asile à sa fille et

qu'elle-même, son fils et sa fille bénéficient du droit de se maintenir sur le territoire français. Toutefois, il ressort de l'ordonnance de délégation volontaire de la puissance paternelle en date du 29 février 2016 du juge des tutelles du tribunal de première instance d'Abidjan que le père de E C a délégué à la requérante l'exercice de la puissance paternelle sur sa fille. Ainsi, E C doit être regardée comme l'enfant mineure de la requérante et non comme un enfant mineur non accompagné au sens de l'article L. 521-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort de la demande d'asile de la requérante que cette demande a été présentée pour le compte d'elle-même, de son fils et de sa fille. Lors de son entretien devant les services de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, elle a déclaré que sa demande était formulée pour sa fille. Par ailleurs, il ressort des termes de la décision du 18 octobre 2021 de l'office et de la décision du 25 février 2022 de la cour nationale du droit d'asile que sa situation propre et celle de sa fille ont été étudiées, notamment au regard des risques d'excision encourue par elle en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, les décisions du 18 octobre 2021 et du 25 février 2022 doivent être réputées avoir été prises à l'égard de la requérante et de ses deux enfants mineurs qui l'accompagnent. En outre, il est constant que la demande d'asile présentée le 18 octobre 2021 par le fils mineur de la requérante, qui doit être regardée compte tenu de ce qui a été dit au point 8 comme une demande de réexamen, a été rejetée le 24 novembre 2021 par l'office français de protection des réfugiés et le 28 avril 2022 par la cour nationale du droit d'asile, soit antérieurement à l'intervention de l'arrêté attaqué. Si le fils de l'intéressée s'est vu délivrer le 31 mai 2022 une attestation de demande d'asile, cette demande d'asile doit être regardée, dès lors que sa demande du 18 octobre 2021 a été définitivement rejetée à cette date, comme une demande de réexamen de sa situation au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers même si l'attestation mentionne qu'il s'agit d'une première demande et il appartenait à l'intéressé de saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de cette demande de réexamen dans le délai de huit jours prévu à l'article R. 531-36 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ce que la requérante n'établit pas. Enfin, la requérante ne peut utilement se prévaloir de l'attestation de demande d'asile du 3 août 2022 délivrée par le préfet de Loir-et-Cher à sa belle-fille E qui est postérieure à la date de l'arrêté attaqué, à laquelle doit être appréciée la légalité de cet arrêté. Par suite, la requérante et ses enfants mineurs ne bénéficiaient plus du droit de maintenir sur le territoire français à la date du 13 juin 2022 à laquelle le préfet a pris l'arrêté attaqué.

10. Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

11. La requérante soutient qu'elle a été contrainte de fuir la Côte d'Ivoire en raison des persécutions dont elle a été victime du fait de son opposition au mariage forcé et à l'excision de sa fille et afin de protéger cette dernière de ces pratiques. Toutefois, elle ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations et se borne à exposer des considérations d'ordre général sur la pratique de l'excision dans son pays. Par ailleurs, l'office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile ont rejetées sa demande d'asile. Il suit de là que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Loir-et-Cher a méconnu les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant obligation de présentation aux services de police :

12. Aux termes de l'article L. 721-7 du code du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article R. 721-6 du code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ". Aux termes de l'article

L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ".

13. Le préfet de Loir-et-Cher a prescrit à la requérante de remettre son passeport et de se présenter chaque mardi et jeudi à 8 heures 30 auprès du commissariat de Blois afin de faire constater qu'elle respecte la mesure d'éloignement pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ.

14. En se prévalant des dispositions de l'article R. 733-1 du code de justice administrative relatif aux assignations à résidence, la requérante soutient que la décision ne constitue pas une assignation à résidence dès lors qu'elle ne précise pas la délimitation du périmètre de circulation, objet même de l'assignation à résidence. Toutefois, il ressort de l'arrêté attaqué qu'un délai de départ volontaire a été accordé à la requérante. Par suite, l'administration était en droit de lui prescrire de remettre son passeport et de se présenter aux services de police en application des articles cités au point 12 lesquels n'imposent pas que le préfet délimite un périmètre de circulation.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A et au préfet de

Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

Jean-Michel D

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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