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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202278

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202278

vendredi 23 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202278
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP CARIOU LEVEQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, Mme D B, représentée par Me Lévêque, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 11 avril 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous condition de renonciation à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, dès lors qu'il n'est pas fondé sur sa situation individuelle, en particulier son état de santé ; les dispositions de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 et celles des articles L. 211-2 à L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ont ainsi été méconnues ;

- le préfet n'a pas répondu à tous les moyens de droit qu'elle invoquait au soutien de sa demande de titre de séjour, en particulier au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est d'ailleurs pas visé dans la décision en cause ;

- le refus de titre de séjour qui lui est opposé méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel qu'il est garanti par les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et par celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par les dispositions, d'une part, du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprises à l'article L. 423-23, et, d'autre part, de l'article L. 435-1 du même code ;

- la désignation de l'Algérie comme pays de destination de la mesure d'éloignement est illégale ;

- eu égard à sa situation particulière, le préfet aurait dû, en application de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui accorder un délai supérieur à trente jours pour exécuter la mesure d'éloignement.

Par un mémoire enregistré le 14 septembre 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement ;

- la situation de l'intéressée a été examinée dans son entièreté et la décision a été prise au regard de l'ensemble des éléments afférents à sa situation ;

- la décision prise répond aux moyens soulevés par la requérante ;

- la décision ne méconnaît ni le 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la fixation de l'Algérie comme pays de renvoi n'est entachée d'aucune erreur, dès lors qu'il s'agit du pays dont la requérante a la nationalité, sans qu'ait d'incidence l'absence de liens invoquée, à la supposer même avérée ;

- la requérante ne fait état d'aucune circonstance justifiant que lui soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, alors au demeurant qu'en l'absence d'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, il était possible à l'autorité préfectorale de n'accorder aucun délai de départ volontaire et que, dès cette première mesure d'éloignement, l'attention de la requérante avait été appelée sur la possibilité de solliciter auprès des autorités consulaires françaises en Algérie un visa d'installation en qualité de conjointe d'un ressortissant français.

Le préfet de Loir-et-Cher a informé le tribunal que, par un arrêté en date du 19 septembre 2022, notifié le jour même, il a assigné Mme B à résidence dans le département de Loir-et-Cher.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D E, ressortissante algérienne née en 1970, est entrée irrégulièrement en France, le 16 novembre 2017 selon ses déclarations. A la suite de son mariage le 15 septembre 2018 avec M. B, ressortissant français, elle a présenté une demande de titre de séjour, qui a fait l'objet d'un refus assorti d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 24 janvier 2020, notifié le 26 janvier suivant. Le recours gracieux présenté par son mari en février 2020 n'a pas été admis. Le 7 mai 2021, après une demande transmise par télécopie le 23 avril précédent par son conseil, Mme B a présenté une nouvelle demande de titre de séjour. Par l'arrêté du 11 avril 2022 attaqué, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de faire droit à cette demande, a fait obligation à l'intéressée de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Mme B a saisi ce tribunal d'une requête tendant à l'annulation de cet arrêté dans toutes ses dispositions.

2. Par un arrêté du 19 septembre 2022, intervenu en cours d'instance et communiqué au greffe du tribunal le jour même, le préfet de Loir-et-Cher a, sur le fondement de l'article

L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prononcé l'assignation à résidence de la requérante pour une durée de quarante-cinq jours. Il appartient dès lors au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, en application des dispositions des articles L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination ainsi que, en tant qu'elles s'y rattachent, sur les conclusions accessoires à fin d'injonction. La formation collégiale du tribunal - qui statuera sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 - reste saisie des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et, en tant qu'elles s'y rattachent, des conclusions accessoires à fin d'injonction.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

S'agissant des moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à Mme B :

3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 2. Au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement () ".

4. Eu égard aux termes de sa requête, Mme B doit être regardée comme contestant, par la voie de l'exception, le rejet de sa demande de titre de séjour.

5. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les stipulations et dispositions dont le préfet de Loir-et-Cher a fait application, notamment celles de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et celles du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qui indique de manière précise les considérations de fait propres à la situation de Mme B sur lesquelles le préfet - qui n'était pas tenu de rappeler de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle et familiale de l'intéressée, et qui a au demeurant rappelé les pièces médicales produites par la requérante - s'est fondé pour refuser de lui délivrer le titre de séjour qu'elle sollicitait, est suffisamment motivé au regard des exigences posées par les articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.

6. En deuxième lieu, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Dès lors, le préfet de Loir-et-Cher n'avait pas à examiner la demande de titre de séjour de Mme B au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprenant les dispositions de l'article L. 313-14 en vigueur jusqu'au 1er mai 2021, et la requérante ne peut utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions à l'appui de sa requête. Par ailleurs, en indiquant que le refus de titre de séjour ne portait pas une atteinte disproportionnée à la situation personnelle et à la vie familiale de l'intéressée, qui n'établissait pas être dépourvue d'attaches familiales dans le pays dont elle est ressortissante et dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de quarante-sept ans et où résident ses frères et sœurs, et en prenant en compte la situation de son mari, le préfet a entendu apprécier le droit au séjour de Mme B au regard des dispositions du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien, et doit être regardé comme ayant également apprécié l'opportunité d'une mesure de régularisation dans le cadre du pouvoir discrétionnaire dont il dispose.

7. En troisième lieu, Mme B, entrée sur le territoire français en novembre 2017 et mariée avec un ressortissant français depuis septembre 2018, soutient qu'elle ne peut quitter durablement le territoire français pour retourner en Algérie pour obtenir un visa en qualité de conjoint d'un ressortissant français en raison de l'état de santé de son mari âgé dont elle seule peut prendre soin. Cependant, s'agissant de l'état de santé de son mari, la requérante se borne à produire un certificat médical en date du 30 novembre 2018, faisant état de ce qu'elle " s'occupe actuellement de M. A B qui nécessite des soins médicaux permanents ". Ce certificat n'est pas de nature à lui seul à établir que l'état de santé du mari de la requérante nécessite, à la date de l'arrêté contesté, des soins permanents, ni que la présence de son épouse serait indispensable à ses côtés, ni enfin, quelles que soient les obligations qui découlent du devoir de secours entre les époux prévu à l'article 212 du code civil, que les soins nécessaires à M. B, à les supposer établis, ne pourraient être dispensés par une tierce personne, ne serait-ce que provisoirement. Au demeurant, Mme B n'apporte aucun élément de nature à établir que l'assistance dont aurait besoin M. B ne pourrait pas être assurée par d'autres membres de sa famille, en particulier ses enfants majeurs, à supposer même qu'ils ne seraient pas domiciliés sur le territoire de la commune de Blois - ce qui n'est pas établi par les seules affirmations de la requérante. Par ailleurs, si Mme B soutient qu'elle ne pourrait se voir délivrer un visa de long séjour dans un délai raisonnable et compatible avec l'état de santé de son mari et se prévaut de l'impossibilité pour celui-ci de rester seul à son domicile, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la requérante ne serait pas en mesure d'obtenir dans un délai raisonnable un visa dans son pays d'origine ni, ainsi qu'il a été dit précédemment, que l'état de santé de M. B serait de nature à faire obstacle à ce que son épouse puisse s'absenter le temps de régulariser sa situation par l'obtention d'un visa. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé personnel Mme B, qui n'est au surplus pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, devrait être pris en charge en France, alors qu'elle se borne à produire à l'appui de ses affirmations un résultat d'IRM encéphalique en date du 19 décembre 2019 indiquant qu'il n'y a " pas de processus préoccupant ", une prescription en date du 10 février 2021 en vue d'une biopsie, à laquelle sont joints des clichés radiographiques des 19 janvier 2021 et 20 septembre 2020, sans même faire état des résultats de l'examen prescrit. Dans ces conditions, la requérante, malgré les cours de français qu'elle a suivis et ses engagements associatifs, n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de Loir-et-Cher aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Eu égard aux mêmes éléments, le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressée.

S'agissant des moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire :

8. D'une part, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme en l'espèce - et ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement -, ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français à destination de l'Algérie doit être écarté.

9. D'autre part, à supposer les moyens relatifs à la vie privée et familiale de l'intéressée également soulevés à l'encontre de la mesure d'éloignement, et eu égard aux éléments rappelés au point 7, la mesure d'éloignement ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

10. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire attaquée serait illégale.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / () ".

12. Après avoir rappelé les dispositions citées au point précédent, le préfet de Loir-et-Cher, après avoir fait état des éléments de la situation personnelle de l'intéressée, a indiqué que Mme B ne faisait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision fixant le délai de départ volontaire, en tant que cette décision n'a pas accordé un délai supérieur au délai de trente jours, doit être écarté.

13. Eu égard aux éléments rappelés au point 7 du présent jugement, et alors, au surplus, qu'en janvier 2020, la précédente demande de l'intéressée, tendant à la délivrance d'un de certificat de résident en qualité de conjoint de Français, a été rejetée et qu'il lui a alors été indiqué qu'elle pouvait solliciter un visa d'installation auprès des autorités consulaires françaises en Algérie, sans qu'elle tire aucune conséquence de cette indication, notamment en prenant toute mesure pour l'accompagnement provisoire de son mari par une tierce personne, pour autant que cet accompagnement soit nécessaire, et alors que, par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le suivi médical dont se prévaut la requérante justifierait un délai prolongé, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas commis d'erreur d'appréciation en n'accordant pas à Mme B un délai de départ volontaire supérieur à trente jours.

14. Il suit de là que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire en tant que ne lui a pas été accordé un délai supérieur au délai de trente jours.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

15. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité () ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; /

3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. /

Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

16. L'arrêté contesté, qui fait notamment état de la nationalité algérienne de l'intéressée et précise que cette dernière pourra être reconduite à destination du pays dont elle a la nationalité, est suffisamment motivé.

17. La requérante fait valoir que les seuls membres de sa famille qui résident encore en Algérie, avec lesquels elle indique, sans toutefois l'établir, ne plus entretenir de relations, n'ont pas vocation à la prendre en charge, et qu'elle n'a plus d'attaches matérielles dans ce pays, que ce soit un logement ou des ressources financières. Cependant, ces circonstances sont par elles-mêmes sans influence sur la détermination du pays de destination de la mesure d'éloignement, à l'exception de l'hypothèse prévue au dernier alinéa de l'article L. 721-4 précité. A supposer que la requérante ait entendu se prévaloir de ces dernières dispositions, ses affirmations dépourvues de tout élément de justification ne sont pas de nature à établir qu'elle serait exposée, en cas de retour en Algérie, à des risques pour sa vie ou à des traitements inhumains ou dégradants.

18. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement, contenues dans l'arrêté du 11 avril 2022, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence et en tant qu'elles s'y rattachent, les conclusions accessoires à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de Mme B tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement, contenues dans l'arrêté du 11 avril 2022, sont rejetées., ainsi que, en tant qu'elles s'y rattachent, les conclusions accessoires à fin d'injonction.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, épouse B, et au préfet de Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.

La magistrate désignée,

Véronique C

Le greffier,

Roger MBELANILa République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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