jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés, les 5 juillet 2022 et 21 juin 2023, Mme C D, représentée par Me Morin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 mai 2022 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Tours a refusé de la reclasser dans le corps des aides-soignants de catégorie B et l'a reclassée dans un grade administratif avec effet rétroactif au 1er octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au CHRU de Tours de la reclasser au grade d'aide-soignant de catégorie B avec effet rétroactif au 1er octobre 2021 à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Tours une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence de la signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 1er du décret n° 2021-1257 qui prévoit que le corps des aides-soignants est un corps de catégorie B et qui ne distingue pas selon les fonctions occupées par les agents ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et de fait dès lors qu'elle est apte à exercer les fonctions d'aide-soignante, selon les préconisations du médecin du travail, qu'elle appartient au corps des aides-soignants quand bien même elle est affectée sur un poste administratif ;
- elle s'analyse soit comme une sanction, soit comme un reclassement en raison de son état de santé ;
- elle méconnait les principes de sécurité juridique et de non-rétroactivité en tant qu'elle présente un caractère rétroactif ;
- le CHRU de Tours ne se trouvait pas en situation de compétence liée dès lors que le décret n° 2021-1257 n'impose pas son reclassement à un grade administratif.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 février 2023 et 10 juillet 2024, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours, représenté par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D la somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige.
Il fait valoir que :
- il était en situation de compétence liée pour prendre la décision en litige, ce qui rend inopérants les moyens de légalité externe ;
- en tout état de cause, ces moyens ne sont pas fondés pas plus que les moyens de légalité interne soulevés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 ;
- le décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nehring,
- les conclusions de M. Eric Gauthier, rapporteur public
- et les observations de Me Gobé, substituant Me Tertrais, représentant le centre hospitalier régional et universitaire de Tours.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, alors titulaire du grade d'aide-soignant principal relevant du corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés, classé dans la catégorie C, était affectée sur un poste d'adjoint administratif au sein de la clinique psychiatrique universitaire du centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Tours depuis le 25 juin 2007. Par courrier du 17 mars 2022, elle a demandé à la directrice générale du CHRU de Tours son intégration dans le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière, classé dans la catégorie B, créé par le décret du 29 septembre 2021 portant statut particulier de ce corps. Par décision du 13 mai 2022, la directrice générale du CHRU de Tours a rejeté sa demande et a, par décision du 28 juillet 2022, reclassé l'intéressée dans le corps des personnels administratifs de la catégorie C de la fonction publique hospitalière, au grade d'adjoint administratif hospitalier principal de 1ère classe, avec effet au 1er octobre 2021. Par la requête ci-dessus analysée, Mme D demande l'annulation de la décision du 13 mai 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
2. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme A B, directrice adjointe, affectée à la direction des ressources humaines et des écoles du CHRU de Tours, laquelle disposait d'une délégation de signature à cet effet, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur des ressources humaines et des écoles, par décision de la directrice générale de l'établissement du 3 janvier 2019, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture d'Indre-et-Loire, le 8 janvier 2019. Il n'est ni établi ni même soutenu que le directeur des ressources humaines et des écoles n'aurait pas été absent ou empêché. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision du 13 mai 2022 doit, en tout état de cause, être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision du 13 mai 2022 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur laquelle elle se fonde. Elle vise ainsi le décret du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière et le décret du même jour fixant l'échelonnement indiciaire applicable au corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière. Elle précise en outre que l'affectation de Mme D sur un poste administratif ne lui permet pas de bénéficier d'un reclassement dans les corps des aides-soignants de catégorie B. Par suite, le moyen tiré de la motivation insuffisante de la décision attaquée doit, en tout état de cause, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, repris à l'article L. 411-2 du code général de la fonction publique : " Les corps et cadres d'emplois de fonctionnaires sont répartis en trois catégories désignées, dans l'ordre hiérarchique décroissant, par les lettres A, B et C. Ils sont régis par des statuts particuliers à caractère national, qui fixent le classement de chaque corps ou cadre d'emplois dans l'une de ces catégories () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires du puériculture de la fonction publique hospitalière : " Le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture est classé dans la catégorie B prévue à l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée () " Aux termes de l'article 20 du même décret : " I. - Au 1er octobre 2021, les fonctionnaires relevant du corps régi par le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 susvisé et exerçant des fonctions d'aide-soignant ou d'auxiliaire de puériculture sont intégrés et reclassés dans le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière () ". Enfin, aux termes de l'article 4 du décret du 3 août 2007 : " Les aides-soignants () collaborent aux soins infirmiers dans les conditions définies à l'article R. 4311-4 du code de la santé publique. / Les aides-soignants peuvent, en outre, être chargés du service des personnes décédées, de l'accueil des familles en chambre mortuaire et de la préparation des activités médicales sur le corps des personnes décédées, après avoir suivi une formation d'adaptation à l'emploi, dont la durée et les modalités d'organisation et de validation sont fixées par un arrêté du ministre chargé de la santé () ".
5. Ces dispositions organisent le reclassement des aides-soignants précédemment régis par le décret du 3 août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés de la fonction publique hospitalière, classé dans la catégorie C, dans le nouveau corps des aides-soignants, classé dans la catégorie B, et subordonnent ce reclassement à la condition que l'aide-soignant concerné exerçait, à la date du 1er octobre 2021, des fonctions prévues à l'article 4 du décret du 3 août 2007 cité ci-dessus.
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche de poste d'agent d'accueil du pôle psychiatrie-addictologie occupé par Mme D au 1er octobre 2021, que les tâches qui lui étaient confiées consistaient en l'accueil du public, la permanence téléphonique, la réception du courrier ainsi qu'en de la saisie informatique. Il est constant que ces tâches ne correspondent pas aux fonctions exercées par les aides-soignants telles que définies par l'article 4 du décret du 3 août 2007 citées ci-dessus. Ainsi, Mme D ne remplissait pas les conditions définies par l'article 20 du décret du 29 septembre 2021 visé ci-dessus, et c'est sans erreur de droit que la directrice générale du CHRU de Tours a rejeté sa demande tendant à être intégrée dans le corps de catégorie B régi par ce même décret.
7. En quatrième et dernier lieu, si dans la décision contestée du 13 mai 2022, la directrice générale du CHRU de Tours fait mention de son intention de reclasser la requérante " sur un grade administratif, correspondant à [son] affectation, avec effet au 1er octobre 2021 ", une telle mention à caractère informative est sans portée décisoire, et ce alors en outre, qu'une décision portant reclassement de l'intéressée a été prise par la directrice générale du CHRU de Tours le 28 juillet 2022. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des principes de sécurité juridique et de non-rétroactivité doivent être écartés comme inopérants.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 mai 2022, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, qui en sont l'accessoire, doivent être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par Mme D au titre des frais liés au litige. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du CHRU de Tours présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier régional universitaire de Tours présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lesieux, présidente,
M. Nehring, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le rapporteur,
Virgile NEHRING
La présidente,
Sophie LESIEUX
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026