jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP CARIOU LEVEQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, M. D C, représenté par la société civile professionnelle (SCP) Cariou-Lévêque, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022, par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte d'un montant de 150 euros par jour de retard et, dans cette attente, de lui remettre un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de huit jours sous la même condition d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au profit de son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté est insuffisamment motivé tant en fait qu'en droit en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 à L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté omet de tenir compte dans le cadre d'appréciation du bien-fondé de sa demande de l'existence d'une situation de pénurie de main d'œuvre dans le domaine agricole propre à justifier au regard de ses compétences professionnelles personnelles son maintien sur le territoire français ; il omet également de faire état de son implication dans des activités bénévoles et notamment son engagement pendant la période d'état d'urgence sanitaire, de ses démarches entreprises pour apprendre le français, ainsi que de ses promesses d'embauche les plus récentes ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il fonde le rejet de sa demande de titre de séjour salarié, d'une part, sur l'absence de production d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes et de présentation d'une demande d'autorisation de travail alors qu'il n'a été destinataire d'aucune demande préalable en ce sens de la part de la préfecture et, d'autre part, sur l'illégalité de son travail alors que l'article 2.2 de la circulaire NOINTK1229185C du 28 novembre 2012 permet l'admission au séjour au titre du travail sous réserve de l'ancienneté de l'activité exercée, sans aucune condition ayant trait à la régularité du séjour ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ :
- la décision est illégale au regard des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considération de l'ancienneté de son séjour en France et des liens tissés sur ce territoire.
Par un mémoire enregistré le 18 juillet 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Le tribunal a été informé le 18 juillet 2022 de ce que, par un arrêté du 18 juillet 2022, M. B C a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
M B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant soudanais né le 8 avril 1978, est entré en France pour la première fois le 19 février 2017 afin d'y demander l'asile. Par un arrêté du 22 août 2017, il a fait l'objet d'un transfert aux autorités italiennes. Le 22 septembre 2017, il est, de nouveau, entré sur le territoire français pour solliciter l'asile et, par un second arrêté du 20 avril 2018, il a fait l'objet d'un transfert aux autorités italiennes, qui n'a cependant pas été exécuté, l'intéressé ayant été déclaré en fuite. Le 18 septembre 2019, M. B C a présenté une troisième demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 24 mars 2020, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 4 mai 2021. A la suite de ce rejet, l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de Loir-et-Cher du 21 septembre 2021. Par un jugement du 9 décembre 2021, le tribunal administratif d'Orléans a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de Loir-et-Cher de réexaminer la situation de M. B C. Le 24 janvier 2022, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 7 avril 2022, le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B C a demandé au tribunal administratif d'Orléans l'annulation de cet arrêté par une requête enregistrée le 5 juillet 2022.
2. Par un arrêté du 18 juillet 2022, qui lui a été notifié à cette même date, M. B C a été assigné à résidence dans le département de Loir-et-Cher pour une durée de quarante-cinq jours. Il appartient dès lors au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, en application des dispositions de l'article L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, sur la décision fixant le délai de départ volontaire et sur la décision fixant le pays de destination ainsi que, en tant qu'elles s'y rattachent, sur les conclusions accessoires à fin d'injonction. La formation collégiale du tribunal - qui statuera sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 - reste saisie des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et, en tant qu'elles s'y rattachent, des conclusions accessoires à fin d'injonction.
En ce qui concerne les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. B C :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment ses articles L. 412-1, L. 431-5, L. 423-23 et L. 435-1, ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et qui rappelle les conditions d'entrée et de séjour du requérant sur le territoire français et mentionne les circonstances de fait propres à la situation de l'intéressé pour lesquelles le préfet, qui n'était pas tenu d'indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments de sa situation personnelle et familiale, a estimé devoir rejeter sa demande de délivrance d'un titre de séjour, est suffisamment motivé et satisfait aux dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, contrairement aux allégations du requérant, que le préfet a examiné la demande de titre de séjour au regard de l'ensemble des moyens exposés dans la demande du 24 janvier 2022 alors même que la motivation de l'arrêté ne fait pas expressément référence à la pénurie de main d'œuvre observée dans le domaine agricole, au sein duquel M. B C souhaite exercer son activité professionnelle, ni ne fait explicitement état de la poursuite de son engagement bénévole au cours de la période de crise sanitaire, de ses promesses d'embauche dans le secteur du bâtiment les plus récentes, ou bien encore de ses démarches entreprises pour l'apprentissage de la langue française. Le moyen tiré de l'examen insuffisant de la demande de titre de séjour doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance des cartes de séjour portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " et " travailleur saisonnier ", respectivement prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 et L. 421-34, est subordonnée à la détention préalable de l'autorisation de travail prévue aux articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. Cette autorisation est délivrée dans les conditions prévues par le code du travail ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : () / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ".
6. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le titre de séjour portant la mention " salarié " a été refusé au motif que l'intéressé n'a présenté ni contrat de travail visé par les autorités compétentes ni demande d'autorisation de travail dûment remplie par son potentiel employeur. Le requérant fait valoir qu'il n'aurait pas été informé de la nécessité de présenter ces justificatifs. Cependant, en retenant ces motifs, le préfet ne s'est pas borné à constater que la demande présentée par M. B C présentait un caractère incomplet au sens des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, mais a légalement opposé à l'intéressé qu'il n'établissait pas remplir la condition exigée dont, en application des dispositions de l'article L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il lui appartenait de justifier. Le préfet de Loir-et-Cher, qui a ainsi procédé à la vérification des conditions requises pour la délivrance de la carte de séjour demandée, n'était donc pas tenu d'inviter l'intéressé à compléter sa demande et a pu, à bon droit, estimer que M. B C ne remplissait pas les conditions de l'article précité. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B C, entré pour la dernière fois en France le 22 septembre 2017, n'était présent sur ce territoire que depuis moins de cinq ans à la date de l'arrêté attaqué. Il est constant qu'il y est entré irrégulièrement afin de demander l'asile, demande qui a été définitivement rejetée par la CNDA le 4 mai 2021. Célibataire et sans enfant, M. B C ne démontre pas être dépourvu d'attaches au Soudan, pays dans lequel il est né et a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans et où réside encore son frère. Par ailleurs, l'intéressé ne bénéficie pas d'une insertion professionnelle particulière en France à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, nonobstant la réalité de ses actions bénévoles, le suivi de cours d'apprentissage de la langue française et la réalité de ses promesses d'embauche, le refus de titre de séjour pris à son encontre ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le préfet de Loir-et-Cher n'a, par suite, pas méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En cinquième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées au point précédent et à supposer même que M. B C s'en prévale, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle, doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Dans ces conditions, il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
11. Si M. B C soutient qu'il participe à des actions en matière d'économie solidaire, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, compte tenu des conditions du séjour du requérant en France ainsi que des motifs exposés aux points précédents, qu'en refusant de régulariser sa situation sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a entaché sa décision portant refus de séjour d'une erreur de fait, de droit, ou bien encore d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. En septième lieu, la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 ne comporte aucune disposition réglementaire opposable au préfet.
13. En dernier lieu, le refus de séjour n'ayant ni pour objet, ni pour effet, d'éloigner M. B C à destination de son pays d'origine, le moyen tiré de ce que cette décision serait contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et tiré, par voie d'exception, de l'illégalité du refus de séjour opposé à M. B C doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens de la requête :
15. En premier lieu, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme en l'espèce - et ainsi qu'il a été dit au point 3 -, ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences de motivation des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. En deuxième lieu, eu égard aux éléments rappelés au point 8 de la situation de M. B C, la mesure d'éloignement ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
17. En troisième lieu, le moyen tiré des risques encourus par M. B C en cas de retour dans son pays d'origine est, en tout état de cause, inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel le requérant doit être éloigné. A supposer que M. B C ait entendu soulever ce moyen à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, l'intéressé, dont la demande d'asile a été rejetée par une décision du 24 mars 2020 de l'OFPRA, confirmée le 4 mai 2021 par la CNDA, n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité des risques de traitements inhumains et dégradants qu'il encourrait personnellement en cas de retour au Soudan.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".
19. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas des éléments énoncés au point 8 que le préfet de Loir-et-Cher en n'accordant pas à l'intéressé un délai supérieur à trente jours, ainsi que les dispositions précitées le permettent à titre exceptionnel, aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B C dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 7 avril 2022 susvisé du préfet de Loir-et-Cher doivent être rejetées, de même que les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision fixant le délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 7 avril 2022 susvisé du préfet de Loir-et-Cher, ainsi que les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent, sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Emmanuel A
La greffière,
Nathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026