jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202426 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 juillet 2022 et le 6 avril 2023, M. D A et Mme C B, représentés par Me A, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mai 2022 par laquelle le président de la communauté de communes du Val de Cher Controis a refusé de faire droit à sa demande tendant à ce que soit inscrit à l'ordre du jour du conseil communautaire l'abrogation de la délibération du 30 juin 2021 approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de l'ancienne communauté de communes du Val de Cher Controis en tant qu'elle classe la partie Sud de la parcelle cadastrée BZ n°5, située au Controis-en-Sologne, en zone agricole ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes d'ouvrir une procédure d'évolution du PLUi afin de réintégrer la partie Sud de cette parcelle en zone AU, dans un délai de 6 mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, à l'occasion de la prochaine procédure d'évolution du PLUi.
Ils soutiennent que :
- le classement de la parcelle cadastrée section BZ n°5 en zone A est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement de sa parcelle est incohérent avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) tendant à l'accroissement de la production de logements.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023 et un mémoire enregistré le 4 mai 2023 non communiqué, la communauté de communes du Val de Cher Controis, représentée par Me Tissier-Lotz, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Best-de Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tissier-Lotz représentant la communauté de communes du Val de Cher Controis.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 30 juin 2021, le conseil communautaire de la communauté de communes du Val de Cher Controis, composée de 33 communes membres, a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de l'ex-Val de Cher Controis, intercommunalité anciennement composée de 24 communes incluant notamment la commune de Controis-en-Sologne (Loir-et-Cher). Ce PLUi approuvé classe le Sud de la parcelle cadastrée section BZ n°5, située sur le territoire de cette commune, en zone A. Par courrier du 12 avril 2022, M. A et Mme B, propriétaires de cette parcelle, ont demandé au président de la communauté de communes du Val de Cher Controis d'inscrire à l'ordre du jour du conseil communautaire l'abrogation de cette délibération afin de rétablir le classement en zone AU de la partie Sud de leur parcelle. Par décision du 9 mai 2022, le président de la communauté de communes a refusé de faire droit à cette demande. M. A et Mme B demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
3. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. A cet effet, ils peuvent être amenés à classer en zone agricole, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
5. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
6. Les requérants font valoir que leur parcelle constitue une seule et même unité foncière, que la partie Sud de ce terrain n'est pas exploitée, de sorte que sa vocation agricole n'est pas établie, et que certaines parcelles aux caractéristiques similaires ont été classées en zone constructible. Ils soutiennent également le classement de cette partie Sud de la zone est incohérent avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) tendant à accroitre la production de logements (objectif n°3 de l'axe 1 et objectif n°2 de l'axe 3).
7. En premier lieu, si la partie Nord de la parcelle des requérants, classée en zone U, est effectivement bâtie et comprise dans le secteur urbanisé, sa partie Sud classée en zone A est vierge de construction à cet endroit et située en dehors de l'enveloppe urbaine. Il ressort en outre des pièces du dossier que la partie de terrain litigieux est comprise entre deux parcelles cultivées contigües à celle-ci, non-bâties et qu'elle s'ouvre au Sud et à l'Est sur un espace agricole. Cette partie Sud de la parcelle, bien que non cultivée, s'inscrit ainsi au sein d'un secteur dont le potentiel agronomique et la vocation agricole sont établis. Par ailleurs, le classement de la zone répond aux objectifs exprimés dans le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) tendant à la préservation et à la mise en valeur des espaces agricoles, notamment les espaces de transition avec des zones urbaines (axe 3 objectif n°1 du PADD) ainsi qu'à la modération de la consommation de l'espace (axe 4 objectif n°5 du PADD) en soustrayant les terrains vierges de constructions qui seraient susceptibles d'entrainer une extension de l'urbanisation. Par suite, compte tenu de la localisation de la parcelle dans un secteur à vocation agricole et du parti d'aménagement des auteurs du PLUi, nonobstant les circonstances que la parcelle en cause n'est pas elle-même cultivée et que d'autres terrains aux caractéristiques similaires dans la commune ont été classés en zone AU, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
8. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le classement litigieux s'inscrit en cohérence avec deux objectifs du PADD. Dès lors, la seule circonstance que ce classement ne répond pas à l'objectif tendant à accroitre la production de logements n'est pas de nature à caractériser une incohérence de celui-ci avec les orientations du PADD prises dans leur ensemble. Le moyen doit par suite être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. A et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté de communes du Val de Cher Controis, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans le présent litige, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la communauté de communes du Val de Cher Controis sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du Val de Cher Controis en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Mme C B et à la communauté de communes du Val de Cher Controis.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
M. Jaosidy, premier conseiller,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Benoist GUEVELLa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026