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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202469

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202469

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202469
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL B&J BENDJADOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 22 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Château-Renault a refusé de la titulariser et l'a radié des effectifs à compter du 1er mars 2022 ;

2°) d'enjoindre au maire de la réintégrer et de la titulariser dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 € par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de son dossier de titularisation dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 € par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Château-Renault la somme de 2.500 € à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision de refus contestée est illégale au motif que :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que son dossier ne lui a pas été préalablement communiqué ;

- elle n'a pas fait l'objet d'une procédure contradictoire alors qu'elle a été prise en considération de sa personne ;

- il n'est pas établi que la CAP aurait été saisie, que le quorum était atteint et qu'un procès-verbal aurait été rédigé ;

- l'avis de la CAP est un avis obligatoire, mais simple ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a donné entière satisfaction comme en témoignent ses fiches d'évaluation ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir car elle n'est pas justifiée par l'intérêt du service.

Par un courrier du 27 septembre 2024, une demande de maintien de la requête a été adressée à Mme B sur le fondement de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 26 octobre 2024, Mme B conclut au non-lieu à statuer sur la requête au motif que la décision contestée a été retirée par une décision devenue définitive et qu'elle a été titularisée, mais maintient ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;

- le décret n° 2006-1691 du 22 décembre 2006 ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été nommée stagiaire par arrêté n° 250/C/20 en date du 27 mai 2020 à compter du 1er juin 2020 en qualité d'adjoint technique territorial par la commune de Château-Renault (37110). Son stage a été prorogé pour une période de six mois à compter du 1er juin 2021 par arrêté n° 326/C/21 du 8 juin 2021 puis de 3 mois à compter du 1er décembre 2021 par arrêté n° 603C/21 du 12 novembre 2021. La requérante demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 209/A/22 du maire de la commune de Château-Renault en date du 22 février 2022 mettant fin à son stage à compter du 1er mars 2022 et la rayant des effectifs après épuisement des droits à congés annuels au motif que les aptitudes professionnelles de l'intéressée " ne sont pas jugées suffisantes pour permettre sa titularisation à l'expiration de sa période de stage ".

Sur le cadre juridique :

2. Aux termes de l'article 5 du décret du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires : " Le fonctionnaire territorial stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. Le licenciement est prononcé après avis de la commission administrative paritaire compétente pour le cadre d'emplois dans lequel l'intéressé a vocation à être titularisé () ". L'article 10 du même décret dispose que : " A l'issue du stage, les stagiaires dont les services ont donné satisfaction sont titularisés par décision de l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination. () Les autres stagiaires peuvent, sur décision de l'autorité territoriale, être autorisés à effectuer un stage complémentaire d'une durée maximale d'un an. Si le stage complémentaire a été jugé satisfaisant, les intéressés sont titularisés. / Les adjoints techniques territoriaux de 2e classe stagiaires () qui n'ont pas été autorisés à effectuer un stage complémentaire, ou dont le stage complémentaire n'a pas été jugé satisfaisant, sont soit licenciés s'ils n'avaient pas auparavant la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur grade d'origine ".

3. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne.

4. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.

5. Pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.

Sur les conclusions à fin de constatation de non-lieu :

6. Selon l'article R. 222-1 du même code : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

7. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu, pour le juge de la légalité, de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

8. Mme B a indiqué au tribunal dans son mémoire enregistré le 26 octobre 2024 que sa requête avait perdu son objet dès lors que la décision contestée de refus de titularisation avait été retirée par une décision devenue définitive. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur celle-ci.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme B.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Château-Renault.

Fait à Orléans, le 5 novembre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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