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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202569

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202569

lundi 25 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202569
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantKAB CONSEIL AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juillet 2022, M. C A, représenté par Me Koumba, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Loiret de lui remettre un

récapitulatif, précisant chaque mois à compter du jugement rendu en date du 18 septembre 2019, les sommes qui lui ont été effectivement versées, les échéanciers

appliqués, en précisant les raisons ;

2°) d'enjoindre, sous astreinte de 100 euros par jours de retard à la caisse d'allocations

familiales de fournir toutes explications sur les retenues opérées sur les prestations, depuis le mois d'octobre 2014, ainsi qu'un récapitulatif précisant chaque mois, les sommes qui ont été retenues au titre de la dette du montant de 7 295,60 euros, ainsi que de la dette de 1 955,89 euros de la caisse d'allocations familiales de Brive ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Loiret et au Département du

Loiret de lui remettre copies de l'intégralité de courriers transmis par la Caisse de

Brive ainsi que copies de toutes les déclarations de ressources faites

par l'Allocataire n°0272025 A, à la caisse d'allocations familiales de Brive et d'Orléans ;

4°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Loiret de lui remettre copies de

tous documents lui permettant de vérifier que ses droits ont été régulièrement

rectifiés et pris en compte à compter de juillet 2017, suivant jugement du Tribunal

rendu en date du 18 septembre 2019 ;

5°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Loiret de lui remettre un

récapitulatif, précisant chaque mois, les sommes qu'il aurait dû recevoir à compter

du 18 septembre 2019 ;

6°) d'ordonner la suspension de la récupération de l'indu correspondant au trop perçu de prime d'activité sur la période du 1er décembre 2010 jusqu'au 31 décembre 2011, correspondant à la dette du montant de 7 295,60 euros ainsi que de la dette de 1 955,89 euros de la caisse d'allocations familiales de Brive ;

7°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales et au Département du Loiret de

lui restituer les sommes de 6092,00 euros et 792,52 euros ;

8°) de condamner la caisse d'allocations familiales et le Département du Loiret à verser à Maître Koumba la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient :

- s'agissant de l'urgence : le département du Loiret, trois ans après le prononcé d'un jugement lui étant favorable n'a pas entièrement exécuté de ce jugement dès lors qu'il n'a perçu aucune somme au titre d'une régularisation de RSA alors qu'il n'est plus redevable d'aucune somme au titre à ce titre ou au titre des aides au logement ;

- sur l'utilité des mesures sollicitées : le département du Loiret et la caisse d'allocation familiales n'ont jamais expliqué, ni n'ont jamais justifié de la réalité et du montant des dettes qui resteraient à sa charge.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Viéville, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a bénéficié du revenu de solidarité active et de l'aide au logement qui lui ont été versés alors qu'il résidait en Corrèze. La Caisse d'allocations familiales de Corrèze l'a informé le 31 janvier 2012 qu'il était redevable d'une somme de 7 295,60 euros au titre de prestations indûment versées. Il résulte de l'instruction que M. A a ensuite été rendu bénéficiaire du RSA en janvier 2014 alors qu'il résidait dans le Loiret. Il fait valoir que les versements ont été normalement effectués jusqu'en septembre 2014 puis que des prélèvements ont été pratiqués sur les prestations qu'il percevait afin d'apurer sa dette. Il allègue encore ne plus avoir rien touché à compter de décembre 2016 puis qu'à l'occasion d'un rendez-vous au cours de l'année 2017, la caisse d'allocation familiale lui aurait indiqué que sa dette au titre du RSA indûment perçu avait été totalement apurée et qu'il ne restait qu'un montant de 1 255 euros au titre des aides au logement.

2. Par des décisions du 24 avril 2018, il a de nouveau bénéficié du RSA à compter du mois d'octobre 2017. Le présent tribunal a réformé ces décisions en tant uniquement qu'elles retiennent, pour M. A, une ouverture de droit à compter d'octobre 2017 et non juillet 2017. Une procédure d'exécution de ce jugement a été entamée le 3 juin 2022 et le président du tribunal a demandé par deux lettres aux président du département du Loiret et au directeur de la caisse d'allocations familiales du Loiret de justifier de la nature et de la date des mesures prises pour assurer l'exécution du jugement. Le département a répondu par lettre du 21 juin 2022.

3. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2 du code de justice administrative. Par ailleurs, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

5. Par un jugement n° 1802298 du 18 septembre 2019, le présent tribunal administratif a réformé ces décisions en tant uniquement qu'elles retiennent, pour M. A, une ouverture de droit à compter d'octobre 2017 et non juillet 2017. Le requérant a introduit en juin 2022 une demande d'exécution de ce jugement et le président du département du Loiret a apporté ses explications quant à l'exécution de cette décision dans une lettre du 21 juin 2022.

6. Les conclusions présentées par M. A dans le cadre de la présente instance tendent à l'exécution du jugement n° 1802298 du 18 septembre 2019 dès lors que le requérant soutient que l'exécution du jugement par le département et la Caisse d'allocations familiales n'a pas été assurée, aucune justification des indus de RSA et d'aides au logement dont il serait redevable ne lui ayant été fournie. De telles conclusions se rattachent à la procédure qu'il a entamée en juin 2022 et relèvent donc des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative et non de celles de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune urgence particulière alors qu'il a formé une demande d'exécution de ce jugement environ deux ans et neuf mois après sa lecture. Dès lors, la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative et il n'y a pas lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la caisse d'allocations familiales du Loiret et au département du Loiret.

Fait à Orléans, le 25 juillet 202Le juge des référés,

Sébastien VIEVILLE

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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