mardi 21 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 juillet 2022 et le 15 juin 2023, M. A B demande au tribunal de condamner la communauté de communes Bléré-Val de Cher à lui verser une indemnité de 4.742,86 € en réparation du préjudice moral et financier causé par le non-respect du délai de prévenance applicable à l'occasion de la fin du contrat de projet conclu avec ledit établissement.
Il soutient que :
- le délai de préavis de deux mois n'a pas été respecté ;
- il a présenté une réclamation préalable par courrier du 30 juin 2022 et fixé un délai de réponse au 15 juillet 2022 ;
- le courrier du 6 mai 2022 ne lui a pas été notifié en recommandé en méconnaissance des dispositions du décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le préjudice est établi, le contrat ne prévoyant aucune prime de précarité ;
- le préjudice moral est avéré dès lors que l'hypothèse d'un non renouvellement du contrat n'a jamais été évoquée malgré ses demandes ;
- l'entretien du 6 mai 2022 revêtait un caractère informel et n'était pas prévu ;
- il a appris que ses missions allaient être confiées à un agent nouvellement arrivé ;
- ces évènements lui ont causé une souffrance psychologique ;
- sa recherche d'emploi a été retardée de deux mois, alors que la fin du contrat est intervenue en juin, lors d'une période de gel des recrutements.
Par des mémoires enregistrés le 9 mai 2023 et le 4 octobre 2023, la communauté de communes Bléré-Val de Cher, représentée par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2.500 € soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant a été reçu lors d'un entretien du 6 mai 2022 où il a été informé que le contrat à durée déterminée ne serait pas mené à son terme ;
- elle ne conteste pas n'avoir formellement informé le requérant de la non-reconduction du contrat de travail qu'un mois avant le terme, mais cette circonstance demeure sans incidence sur la décision de non reconduction ;
- il appartient au demandeur d'établir l'existence d'un préjudice en lien avec le non-respect du délai de préavis ;
- il a perçu ses salaires jusqu'à la fin de son contrat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 2020-172 du 27 février 2020 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,
- et les observations de Me Tissier-Lotz, représentant la communauté de communes de Bléré-Val de Cher.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. B a été recruté par la communauté de communes de Bléré-Val de Cher en qualité de " Manager Commerce " pour assurer la " mise en œuvre de la stratégie commerciale et artisanale " ainsi que " l'animation commerciale " par un contrat de projet conclu le 14 juin 2021 et débutant à cette même date. L'article 3 dudit contrat stipule que cet engagement est conclu pour une durée renouvelable d'une année dans la limite de six ans. Par un courrier daté du 30 juin 2022 reçu le 4 juillet 2022, M. B a demandé à la communauté de communes Bléré-Val de Cher de l'indemniser des préjudices causés par le non respect du délai de prévenance. Sa demande ayant été rejetée par décision du 18 juillet 2022, M. B demande au tribunal, par la présente requête, de condamner l'établissement public à lui verser une indemnité totale de 4.742,86 € en réparation de son préjudice financier et moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
2. Selon l'article 3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, " II.- Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent également, pour mener à bien un projet ou une opération identifiée, recruter un agent par un contrat à durée déterminée dont l'échéance est la réalisation du projet ou de l'opération. / Le contrat est conclu pour une durée minimale d'un an et une durée maximale fixée par les parties dans la limite de six ans. Il peut être renouvelé pour mener à bien le projet ou l'opération, dans la limite d'une durée totale de six ans./ Le contrat prend fin avec la réalisation de l'objet pour lequel il a été conclu, après un délai de prévenance fixé par décret en Conseil d'Etat. Toutefois, après l'expiration d'un délai d'un an, il peut être rompu par décision de l'employeur lorsque le projet ou l'opération pour lequel il a été conclu ne peut pas se réaliser, sans préjudice des cas de démission ou de licenciement./ Les modalités d'application du présent II, notamment les modalités de mise en œuvre d'une indemnité de rupture anticipée du contrat, sont prévues par décret en Conseil d'Etat. ".
3. Aux termes de l'article 38-1 du décret modifié n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " III.- Lorsqu'un agent a été recruté dans le cadre d'un contrat de projet, il est informé de la fin de son contrat par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise en main propre contre signature : 1° Au plus tard deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure ou égale à trois ans () ".
4. Ces dispositions ont été reprises à l'article 11, 4° du contrat de projet conclu entre la communauté de communes de Bléré-Val de Cher et M. B qui précise que l'agent est informé de la fin de son contrat par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise en main propre contre signature deux mois au plus tard avant le terme de l'engagement.
5. M. B soutient que la communauté de communes de Bléré-Val de Cher a manqué à son obligation d'information telle que fixée par l'article 38-1 du décret n° 88-145 ainsi qu'à l'article 11 de son contrat pour n'avoir été informé de la fin de son contrat que lors d'un entretien informel qui s'est tenu le 6 mai 2022. Si la communauté de communes de Bléré-Val de Cher, qui est la seule en mesure de fournir les éléments permettant d'établir la régularité de la procédure, soutient avoir informé M. B du terme de leur relation contractuelle par un courrier en lettre simple du 6 mai 2022, elle ne rapporte cependant pas la preuve qui lui incombe de la réception de celle-ci, laquelle aurait dû être notifiée par voie de lettre recommandée ou remise en main propre. M. B est par suite fondé à soutenir que les dispositions et stipulations citées aux points 3 et 4 ont été méconnues. Une telle faute est de nature à engager la responsabilité de la communauté de communes Bléré-Val de Cher.
En ce qui concerne les chefs de préjudice :
6. M. B sollicite une indemnité totale de 4.742,86 euros correspondant à deux mois de rémunération en réparation de son préjudice financier et moral.
7. D'une part, une faute est de nature à engager la responsabilité de la puissance publique, pour autant qu'elle entraîne un préjudice direct et certain.
8. D'autre part, l'indemnité susceptible d'être allouée à la victime d'un dommage causé par la faute de l'administration a pour seule vocation de replacer la victime, autant que faire se peut, dans la situation qui aurait été la sienne si le dommage ne s'était pas produit, c'est-à-dire, lorsque la faute résulte d'une décision illégale, si celle-ci n'était pas intervenue
9. M. B, qui ne saurait utilement prévaloir d'aucun droit au renouvellement de son contrat de projet en raison de la nature même de ce contrat, n'établit pas que le non respect du délai de prévenance de deux mois aurait entraîné pour lui un quelconque préjudice financier dès lors qu'il a été rémunéré jusqu'au terme de l'engagement contractuel.
10. Il soutient en revanche et sans être sérieusement contredit que l'absence d'information sur le terme de son contrat a retardé sa recherche d'un nouvel emploi, lui causant des troubles dans ses conditions d'existence. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence de M. B en lui allouant à ce titre une indemnité de 500 euros.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la communauté de communes Bléré-Val de Cher.
D E C I D E :
Article 1er : La communauté de communes Bléré-Val de Cher est condamnée à verser à M. B une indemnité de 500 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Bléré-Val de Cher sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté de communes Bléré-Val de Cher.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Samuel Deliancourt, président,
M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,
Mme Aurore Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2025.
Le rapporteur,
Jean-Luc C
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026