vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MORABITO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Morabito, avocat, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes de toute catégorie en sa possession dans un délai d'un mois à compter de la notification de cet arrêté.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est illégal en ce qu'il méconnaît le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Blois du 23 avril 2021 par lequel celui-ci a ordonné la restitution de l'intégralité des armes saisies lors de la perquisition qui a eu lieu dans le cadre de la flagrance ;
- cet arrêté, qui est fondé à tort sur l'article 222-7 du code de la sécurité intérieure, est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire enregistré le 25 octobre 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés sont inopérants dès lors qu'il se trouvait en situation de compétence liée du fait des mentions figurant sur le bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'intéressé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Toullec,
- les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Morabito, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 octobre 2020, M. B a déclaré auprès des services préfectoraux l'acquisition d'un fusil de marque Franchi. Dans le cadre de l'instruction de sa déclaration, au vu des mentions figurant sur le bulletin n° 2 de son casier judiciaire, le préfet de Loir-et-Cher, par un arrêté du 3 mars 2022, lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes en sa possession. M. B, qui a présenté un recours hiérarchique le 21 avril 2022 qui a été implicitement rejeté, demande l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2022.
2. Aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : / 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : () / - violences volontaires prévues aux articles 222-7 et suivants du [code pénal] () ". Aux termes de l'article 222-13 du code pénal : " Les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ayant entraîné aucune incapacité de travail sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'elles sont commises : () / 6° Par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : " () le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir () ". Aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : () / 2° Le demandeur ou le déclarant a été condamné pour l'une des infractions mentionnées au 1° de l'article L. 312-3 figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire () ".
3. Il résulte des dispositions rappelées au point précédent que lorsque le préfet constate qu'une personne détient une arme de catégorie A, B ou C alors qu'une mention figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire le lui interdit, il doit ordonner à l'intéressé de se dessaisir de ses armes, sans avoir à porter une appréciation sur les faits de l'espèce.
4. Il ressort de l'arrêté contesté du 3 mars 2022 que le préfet de Loir-et-Cher, pour ordonner à M. B de se dessaisir de toutes les armes en sa possession, s'est fondé sur l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure en retenant que le bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'intéressé comportait une condamnation mentionnée à l'article précité. Il ressort des pièces du dossier que le tribunal correctionnel de Blois a prononcé à l'encontre du requérant, le 23 avril 2021, une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sans incapacité par une personne étant conjoint commis le 10 avril 2020. Dans ces conditions, le préfet était tenu, en application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 312-3, et des articles L. 312-16 et R. 312-67 du code de la sécurité intérieure de prendre à l'encontre de M. B une mesure de dessaisissement de ses armes, alors même que le jugement du tribunal correctionnel de Blois du 23 avril 2021 a ordonné la restitution à l'intéressé de l'intégralité des armes saisies lors de la perquisition qui avait eu lieu dans le cadre de la flagrance. Enfin, la circonstance que le préfet mentionne, dans son arrêté, que les faits pour lesquels le requérant a été condamné sont " prévus aux articles 222-7 du code pénal ", et non à l'article 222-13 du code pénal ou aux articles 222-7 et suivants de ce code, ne constitue qu'une simple erreur de plume.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 3 mars 2022 du préfet de Loir-et-Cher doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Loir-et-Cher.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026