jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GERIGNY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 juillet 2022, le 12 mai 2023 et le 4 juillet 2023, M. D et Mme B, représentés par la SELARL Lex Publica, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 par lequel le maire de Bourges a délivré un permis de construire à M. et Mme G pour la construction d'une maison individuelle et la décision du 16 juin 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bourges une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son signataire ;
- le dossier de demande de permis de construire comporte des insuffisances qui ne permettent notamment pas d'apprécier la conformité du projet litigieux aux dispositions des articles 11 et 13 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Bourges ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- cet arrêté méconnaît les dispositions de l'article UB7 du règlement du PLU de la commune de Bourges ;
- il méconnaît également les dispositions de l'article 4 de ce règlement ;
- il est entaché d'une violation des dispositions des articles 11 et 13 du même règlement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 mars 2023 et le 31 mai 2023, la commune de Bourges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. D et Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, M. et Mme G, représentés par Me Bouillaguet, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. D et Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ploteau,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- les observations de Me Carré, représentant M. D et Mme B,
- et les observations de Me Silvestre, représentant M. et Mme G.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 février 2022, le maire de Bourges a délivré un permis de construire une maison individuelle à M. et Mme G, sur un terrain situé au 26 chemin des Maluettes à Bourges (Cher). Par un courrier du 5 avril 2022 reçu le 7 avril 2022, M. D et Mme B ont formé un recours gracieux contre cet arrêté, rejeté expressément par le maire de Bourges par un courrier du 26 juin 2022. Par une demande déposée le 20 septembre 2022, M. et Mme G ont sollicité un permis de construire modificatif, qui leur a été délivré le 22 novembre 2022. Par la présente requête, M. D et Mme B se bornent à demander l'annulation de l'arrêté du 21 février 2022 portant permis de construire initial et de la décision de rejet de leur recours gracieux contre cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que le domicile de M. D et de Mme B est situé sur la parcelle limitrophe de celle sur laquelle s'implante la construction litigieuse. Ces derniers justifient donc de leur qualité de voisins immédiats. Les défendeurs soutiennent que les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien des requérants ne sont néanmoins pas affectées dès lors que le domicile de ces derniers est situé en retrait par rapport à la limite séparative et que la construction litigieuse est de faible ampleur. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la construction litigieuse est implantée en partie en limite séparative jouxtant la propriété des requérants et pour l'autre partie à une très faible distance de cette limite, alors que la maison d'habitation des requérants est elle-même à proximité de cette limite séparative. En outre, les requérants établissent, par la production d'un rapport d'expertise émanant d'un cabinet d'architecture que la construction litigieuse, comprenant deux niveaux, crée des vues importantes sur leur jardin comme sur leur domicile eu égard notamment à l'existence d'ouvertures situées à l'étage. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement de deux autres rapports d'expertise produits par les requérants que la construction litigieuse induit une perte de vue sur une prairie située en contrebas et une perte d'ensoleillement. Dans ces conditions, les requérants font état d'éléments suffisants pour justifier de leur intérêt à agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur la légalité du permis de construire délivré le 21 février 2022 :
5. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
6. En premier lieu, par un arrêté du 27 juillet 2020, régulièrement transmis en préfecture et publié au registre des arrêtés municipaux le même jour, le maire de Bourges a donné délégation à M. A H, adjoint au maire, signataire de la décision litigieuse, aux fins de signer les autorisations d'occupation du sol. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; () ". Par ailleurs, l'article R. 431-9 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. () Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. En l'espèce, les requérants soutiennent que l'autorité compétente n'a pas pu vérifier la conformité du projet à la réglementation d'urbanisme applicable s'agissant des abords de la construction, des clôtures, du portail, des dispositifs de comptage et des plantations eu égard aux insuffisances du dossier de demande de permis. Toutefois, le dossier de demande de permis de construire modificatif comporte une notice qui, s'agissant des abords, fait état de la présence de constructions avoisinantes et d'une rivière en fond de terrain, qui au surplus figuraient déjà sur le plan de masse du dossier de demande du permis de construire initial. En outre, il ressort de cette même notice que plusieurs murets et un portail coulissant seront créés, que les arbres présents le long de la rivière de l'Auron seront conservés et qu'onze arbres, principalement à haute tige, seront plantés sur le terrain. En ce qui concerne les dispositifs de comptage, le plan de masse et la notice du dossier de demande de permis de construire modificatif précisent que les coffrets techniques seront intégrés à un muret. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les cotes du plan de masse contenu dans le dossier de demande de permis initial n'étaient pas rattachées au système altimétrique de référence du plan de prévention des risques d'inondation, la commune soutient sans être contestée que le plan de masse contenu dans le dossier de demande de permis de construire modificatif a régularisé ce point. S'agissant enfin de la délimitation des espaces privés et de l'espace public, si les dispositions de l'article 11 du règlement du PLU de la commune de Bourges prévoyaient que cette délimitation doit être clairement marquée par un dispositif de clôture ou un traitement adapté au sol, une telle obligation ne figure plus dans les dispositions générales du PLUi de Bourges Plus, ni dans les dispositions spécifiques à la zone UB de ce nouveau document d'urbanisme auquel est désormais soumis le permis de construire modificatif. Par suite, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que les éventuelles insuffisances du dossier de demande de permis de construire initial ont été régularisées par la délivrance du permis de construire modificatif. Dès lors, le moyen tiré des insuffisances du dossier de demande de permis de construire doit être écarté comme inopérant en toutes ses branches.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Les dispositions des articles A1-3-2 et A2-3-2 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation des rivières de l'Yèvre, de l'Auron, du Moulon et du Langis prévoient que sont admises dans les zones A1 et A2 : " () c) () aires de stationnement, () ".
11. D'une part, il ne ressort pas des photographies produites par les requérants, sur lesquelles n'apparaît pas l'ensemble de la parcelle, que l'intégralité de celle-ci serait concernée par un risque d'inondation. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le fond de la parcelle constituant l'assiette du projet litigieux, située en bordure de la rivière de l'Auron à l'Ouest, est classé en zone A2 du plan de prévention des risques d'inondation, correspondant à un aléa fort, et que le milieu de la parcelle est classé en zone A1, correspondant à un aléa moyen. Toutefois, la construction litigieuse proprement dite s'implante sur l'autre extrémité de la parcelle, à l'Est, dans une zone urbaine constructible, en-dehors de toute zone inondable. Si le projet prévoit en revanche la réalisation de places de stationnement en zone inondable, il résulte des dispositions précitées du plan de prévention des risques d'inondation applicable que la création d'aires de stationnement est autorisée en zones A1 et A2 et les requérants n'apportent aucun élément de nature à établir que l'implantation d'aires de stationnement en zone inondable créerait une atteinte à la sécurité publique de nature à justifier un refus de permis de construire ou l'édiction d'une prescription. Enfin, en se bornant à soutenir que le puisard prévu par le projet litigieux est de nature à accroître le risque d'inondation sans produire aucun élément de nature à étayer leur analyse, les requérants ne démontrent pas que le projet litigieux est de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire aurait dû refuser de délivrer le permis litigieux sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
12. En quatrième lieu, d'une part, l'article UB7 du règlement du PLU de la commune de Bourges en vigueur à la date de délivrance du permis de construire initial prévoit, pour les parcelles d'une profondeur d'au moins 16,50 mètres à partir de l'alignement : " () la distance comptée horizontalement de tout point du bâtiment à construire au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché, doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points sans pouvoir être inférieure à 3 mètres () ". Il résulte de ces dispositions que la hauteur doit, pour leur application, être calculée au faitage du mur pignon et non à l'égout du toit. Dans ces conditions, dès lors qu'il ressort des plans du permis de construire initial que la hauteur du pignon de la construction litigieuse s'élève à 8,70 mètres et qu'une partie de la construction s'implante à moins de 4,35 mètres de la limite séparative Nord, les requérants sont fondés à soutenir que le permis initialement délivré méconnaissait ces dispositions.
13. Toutefois, d'autre part, aux termes des dispositions de l'article UB 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération Bourges Plus, applicables à l'arrêté portant permis de construire modificatif : " () Les constructions peuvent s'implanter en limite(s) séparative(s) ou en retrait. / En cas de retrait total ou partiel, la distance minimale à respecter sera au moins égale à la moitié de la hauteur mesurée à l'égout du toit ou à l'acrotère de la construction à implanter, sans être inférieure à 3 m. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour la détermination des limites d'implantation d'une construction, la hauteur de la construction doit désormais être mesurée à l'égout du toit. Dans ces conditions et dès lors que la hauteur de la construction mesurée à l'égout du toit s'élève à 4,40 mètres, la distance entre la construction et les limites séparatives doit être au moins égale à 3 mètres en vertu des nouvelles dispositions en vigueur. Or il ressort des plans du dossier de demande de permis de construire modificatif que cette règle minimale est respectée pour tous les points du bâtiment à construire. Par suite, le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 7 du règlement du PLU de la commune de Bourges doit être écarté comme inopérant.
14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement du PLU de la commune de Bourges en vigueur à la date de délivrance de l'arrêté de permis de construire initial : " () Les imperméabilisations nouvelles doivent donner lieu à la mise en place de dispositifs permettant la collecte, l'infiltration ou la rétention et l'évacuation des eaux pluviales. () ".
15. Il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du plan de masse figurant dans la demande de permis de construire initial qu'un puisard doit être installé au bord de la construction litigieuse. En se bornant à soutenir que les dimensions de ce puisard ne sont pas précisées, les requérants ne démontrent pas que ce puisard ne constitue pas un dispositif permettant la collecte, l'infiltration ou la rétention et l'évacuation des eaux pluviales et qu'ainsi le projet ne respecterait pas les dispositions de l'article 4 du règlement du PLU. Si les requérants soutiennent également que la réalisation d'un puisard est impossible à l'endroit prévu par le projet eu égard à la présence de nappes phréatiques à très faible profondeur, ils n'apportent aucun élément au soutien de leurs affirmations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
16. En sixième lieu, aux termes de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bourges applicable à la date de délivrance du permis de construire initial : " () 5. Aménagement des abords, clôtures, limites espaces publics et privés : Le traitement des abords des constructions neuves doit être intégré au projet. () ".
17. Les requérants font valoir que le projet litigieux n'intègre pas le traitement des abords de la construction. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse et de la notice joints à la demande de permis de construire initial, que l'accès à la construction, ses abords et notamment les places de stationnement seront réalisés en grave compacté et que des plantations d'arbres d'essences locales seront réalisées sur le terrain. Ces aménagements sont représentés sur le document graphique d'insertion dans l'environnement proche. Ainsi, à défaut pour les requérants de préciser les manquements critiqués, ils ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une violation de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bourges.
18. En septième lieu, aux termes de l'article 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bourges applicable à la date de délivrance du permis de construire initial : " () Les espaces totalement perméables sont des espaces dont le sol a conservé ou retrouvé son état initial en termes de capacité d'infiltration. Ces espaces doivent recevoir un traitement végétal et doivent être plantés à raison d'un arbre de haute tige pour 200 m². () les aires de stationnement à l'air libre doivent être plantés à raison d'un arbre de haute tige pour 125 m² d'aire de stationnement (espaces de manœuvre compris) répartis harmonieusement () ". L'article UB12 du règlement du PLUi de Bourges Plus applicable au permis de construire modificatif dispose : " La plantation d'un arbre de haute tige est exigée par tranche entamée de 200 m² d'espaces verts créés (incluant les arbres existants conservés ou à planter). Le nombre minimal est arrondi au nombre entier supérieur. / Les aires de stationnement en surface comportant plus de 4 emplacements doivent être plantées de haies arbustives basses pour délimiter l'espace. () ".
19. Il ressort des pièces du dossier que la surface totalement perméable de la parcelle du projet litigieux couvre une superficie d'environ 2 000 mètres carrés, de sorte qu'il résulte des dispositions de l'article 13 du document applicable au permis initial comme de celles de l'article UB12 du règlement du document applicable au permis modificatif que onze arbres doivent être plantés sur cet espace, alors que le projet initial n'en prévoyait que huit. S'il ressort du plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif que le projet prévoit désormais la plantation de onze arbres, il ressort des mentions de ce plan de masse comme de celles de la notice que ces arbres seront " principalement à hautes tiges " et pourront comprendre des espèces arbusives, alors que les dispositions du PLUi applicables imposent que l'ensemble des arbres exigés soient à haute tige. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir qu'il n'est pas établi que le projet respecte les dispositions de l'article 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bourges, sans que ce vice ne puisse être regardé comme ayant été régularisé par l'intervention du permis de construire modificatif.
Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
20. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. "
21. Le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 13 du règlement du PLU de Bourges, reprises en substance à l'article UB12 du PLUi de la communauté d'agglomération Bourges Plus relatives aux plantations, n'affecte qu'une partie identifiable du projet et peut être régularisé sans apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, il y a lieu de procéder à l'annulation partielle de l'arrêté attaqué du 21 février 2022 tel que modifié par le permis de construire modificatif du 22 novembre 2022 en tant qu'il méconnaît ces dispositions.
22. Par voie de conséquence de cette annulation partielle, la décision du 16 juin 2022 de rejet du recours gracieux de M. D et de Mme B est annulée dans la même mesure.
Sur les frais liés au litige :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bourges la somme globale de 1 500 euros à verser à M. D et à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
24. En revanche, les requérants n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à que soit mise à leur charge la somme demandée par M. et Mme G au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 février 2022 par lequel le maire de Bourges a délivré un permis de construire aux consorts G ainsi que la décision de rejet du recours gracieux du 16 juin 2022 sont annulés en tant que le projet méconnaît les dispositions de l'article 13 du règlement du PLU de Bourges, reprises en substance à l'article UB12 du PLUi de la communauté d'agglomération Bourges Plus relatives aux plantations.
Article 2 : La commune de Bourges versera à M. D et à Mme B la somme globale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions des consorts G présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme I B, à la commune de Bourges, à M. F G et à Mme E G.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Gasnier, conseiller,
Mme Ploteau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Coralie PLOTEAU
Le président,
Denis LACASSAGNE La greffière,
Marie-Josée PRECOPE
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026