mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | RODIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 juillet 2022 et le 30 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Rodier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental d'Indre-et-Loire a rejeté la réclamation présentée le 13 juin 2022 contre un indu de revenu de solidarité active de 4 204,98 euros au titre de la période de mars à août 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire la somme de 500 euros au titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Indre la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle conteste le principe même du titre exécutoire ;
- la vente d'un véhicule automobile, pour un montant de 7 000 euros ne peut être considérée comme un revenu entrant dans le calcul du montant de revenu de solidarité active ; il en va de même des ventes d'objet mobilier ;
- la réponse à son recours amiable n'est pas motivée ;
- elle a pu prêter ponctuellement son compte bancaire à un négociant de métaux.
Par un mémoire enregistré le 27 octobre 2022, le département d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable et que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un contrôle de la situation de Mme A, allocataire du revenu de solidarité active, réalisé par un agent assermenté, la caisse d'allocations familiales
d'Indre-et-Loire a conclu que la requérante renseignait ses déclarations trimestrielles de ressources, de décembre 2018 à mai 2019, sans mentionner des sommes d'argent liées à la vente de métaux auprès de la SAS Métal Fer Recyclage, d'un montant global de 14 628 euros, versées sur son compte bancaire. Par une décision du 27 avril 2021, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a notifié à la requérante un indu de revenu de solidarité active de 4 204,98 euros au titre de la période de mars à août 2019. Un titre de recettes a été émis le 15 novembre 2021 pour le recouvrement de cet indu. Une saisie administrative à tiers détenteur a été notifiée à son établissement bancaire le 4 juillet 2022. Par des courriers du 13 juin 2022 et du 20 juillet 2022, Mme A a contesté, auprès du président du conseil départemental
d'Indre-et-Loire, être redevable de l'indu de revenu de solidarité active. Par des courriers du 27 juin 2022 et du 3 août 2022, le président du conseil départemental d'Indre-et-Loire a rejeté ces réclamations.
2. Il résulte des dispositions des articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles qu'une décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active prise par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité. Si la recevabilité d'un recours contentieux dirigé contre le titre exécutoire émis pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active n'est pas, en vertu des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable, le débiteur ne peut toutefois, à l'occasion d'un tel recours, contester devant le juge administratif le bien-fondé de cet indu en l'absence de tout recours préalable saisissant de cette contestation le président du conseil départemental. En revanche, une telle contestation reste possible à l'occasion d'un recours contre les actes de poursuite qui procèdent du titre exécutoire exercé conformément aux dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, même en l'absence de recours administratif préalable.
3. En premier lieu, le courrier de la caisse d'allocations familiales du 27 avril 2021 a été notifié à l'adresse de la requérante à Yzeures sur Creuse le 29 avril 2021. Le " recours préalable avec recherche éventuelle transactionnelle " rédigé le 13 juin 2022 débute en ces termes : " j'interviens pour la défense de ma cliente, Mme A C, domiciliéeYseures sur Creuse ". Le moyen tiré de ce que la décision du 27 avril 2021 informant la requérante de l'indu de revenu de solidarité active, qui mentionnait l'obligation de présenter une réclamation préalable devant le président du conseil départemental dans un délai de deux mois, n'a pas été régulièrement notifiée doit être écarté, alors même que Mme A soutient que le récapitulatif de ses dettes produit par le département indique une adresse au CCAS d'Indre-et-Loire. Il suit de là que la lettre du président du conseil départemental d'Indre-et-Loire du 27 juin 2022 ne constitue pas la décision statuant sur le recours préalable obligatoire qui devait être présenté par la requérante. Le moyen tiré de ce que cette décision est insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul de revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Aux termes de l'article R.262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ". Aux termes de l'article R.262-37 du code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
5. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du versement de la prestation l'ensemble de ses ressources ainsi que sa situation familiale et ses activités ainsi que tout changement en la matière. Cette obligation a notamment pour objet de permettre l'exercice des contrôles relatifs à cette allocation par l'organisme chargé de son versement pouvant porter sur les ressources perçues et les activités exercées par l'allocataire.
6. Le rapport de contrôle de la caisse d'allocations familiales, dont les constatations de fait font foi jusqu'à la preuve contraire, mentionne que des dépôts de chèques, d'un montant total de 14 628 euros, ont été constatés sur le compte bancaire de Mme A au cours des mois de décembre 2018, janvier 2019, mars 2019 et avril 2019. Ces opérations bancaires proviennent de la société Métal Fer Recyclage, spécialisée dans le traitement de métaux et la requérante ne produit aucun commencement de preuve, qu'elle est seule à même de produire, de la nature de ces sommes, ni de ce qu'elle aurait " ponctuellement prêté son compte bancaire ". Si Mme A soutient que le virement de 7 000 euros également constaté sur son compte bancaire représente le produit de la vente de sa caravane et que cette opération est ponctuelle, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des mentions figurant en fin du rapport de contrôle, qui précise que " le virement de 7 000 euros n'est pas à prendre en compte ", que cette somme a été prise en considération pour la liquidation de l'indu de revenu de solidarité active.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il y ait lieu de statuer sur sa recevabilité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département
d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc D
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026