vendredi 5 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MARIETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2022 à 12 heures 01 minute et, un mémoire complémentaire, enregistré le même jour à 17 h 12 minutes, M. D B, représenté par Me Mariette, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français ainsi que l'arrêté du même jour, par lequel la préfète d'Eure et Loir l'a assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de 45 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de lui délivrer sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, une autorisation provisoire de séjour ; à titre infiniment subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation;
3°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, la somme de 1500 euros.
Il soutient que :
- les arrêtés contestés ont été signés par une autorité incompétente ;
- l'arrêté l'obligeant à quitter sans délai le territoire français est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté l'assignant à résidence devra être annulé en conséquence de l'annulation de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français ;
- l'arrêté l'assignant à résidence dans le département d'Eure-et-Loir est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard l'atteinte portée à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire enregistré le 3 août 2022, la préfète d'Eure-et-Loir, représentée par la Selarl Centaure, avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article L.776-1 et suivants et R.776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les observations de Me Giafferi représentant la préfète d'Eure-et-Loir.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, né le 2 janvier 1990 est, selon ses déclarations, entré en France septembre 2019 et y séjourne depuis cette date sans être muni des documents et visa exigés par les textes en vigueur. Il a été interpellé le 27 juillet 2022 dans le cadre d'un contrôle routier. Constatant qu'il se maintenait en situation irrégulière sur le territoire, la préfète d'Eure-et-Loir, après examen de sa situation personnelle et familiale, a pris à son encontre, le jour même, un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai. En vue de l'exécution de cette mesure d'éloignement, par un arrêté du même jour, elle l'a en outre assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir, pour une durée de 45 jours.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 susvisé : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. B a déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu dès lors, en application des dispositions précitées, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
4. Les arrêtés contestés ont été signés par M. C A, directeur de cabinet de la préfète d'Eure-et-Loir, lequel disposait d'une délégation de signature accordée par la préfète d'Eure-et-Loir, aux termes d'un arrêté du 25 janvier 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs et disponible sur le site internet de la préfecture d'Eure-et-Loir, aux fins de signer, en cas d'absence de M Adrien Bayle, secrétaire général de la préfecture d'Eure-et-Loir, " tous arrêtés, décisions, mémoires , correspondances, saisines et requêtes en 1ere instance et en appel devant les juridictions de l'ordre administratif et judicaires, pris en application du code du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Il n'est pas soutenu ni même allégué que le secrétaire général n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés contestés doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. Pour contester l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français, M. B qui soutient que l'arrêté de la préfète d'Eure et Loir est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle se prévaut, sans l'établir, de sa présence continue sur le territoire depuis septembre 2019. Il ajoute qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française, mère d'une fillette dont il n'est pas le père mais dont il s'occupe régulièrement, que sa compagne attend un enfant dont il revendique la paternité et qu'il a reconnu par anticipation par déclaration auprès des services municipaux de Lucé le 29 avril 2022. Il ajoute qu'ils projettent de se marier et qu'il attendait la naissance de son enfant pour déposer une demande de titre de séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B qui n'exerce aucune activité et ne dispose d'aucun moyen de subsistance, réside irrégulièrement sur le territoire et n'a entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation. En outre, lors de son interpellation, il a communiqué aux services de police une adresse différente de celle de sa compagne avec laquelle, en tout état de cause, il entretiendrait une relation au demeurant récente puisqu'il déclare entretenir une relation amoureuse avec elle depuis septembre 2021. Par suite, alors qu'il n'établit nullement son intégration sociale et professionnelle, que son concubinage, à le supposer avéré, est très récent, il n'établit pas qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français la préfète aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
6. Par ailleurs, s'il soutient que cette décision d'éloignement porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, il ressort de ses propres déclarations qu'il n'est présent sur le territoire que depuis un peu plus de deux ans et ne conteste pas avoir vécu en Algérie, où résident l'ensemble des membres de sa famille, jusqu'à l'âge de 29 ans. En outre, en se prévalant de sa future paternité et des liens qu'il aurait tissés avec la fillette de sa compagne, née d'une autre relation, liens dont l'intensité n'est nullement établie, il n'établit pas davantage que la préfète aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Eu égard à ce qui vient d'être dit aux points 4 à 6, les conclusions à fins d'annulation de l'arrêté obligeant M. B à quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel il pourra être renvoyé doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'assignation à résidence
8. Ainsi qu'il vient d'être dit au point 7, alors que l'illégalité de l'arrêté obligeant M. B à quitter le territoire français n'est pas établie, il n'est par suite pas fondé à demander l'annulation de la décision l'assignant à résidence, par voie de conséquence de l'annulation des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.
9. Par ailleurs, M. B soutient que, l'arrêté l'assignant à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de 45 jours et lui faisant interdiction de quitter le département, porte atteinte de manière disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et n'est nullement justifié, alors qu'il ne présente aucune menace à l'ordre public. Toutefois, cet arrêté a pour objet de permettre la mise en œuvre de la procédure d'éloignement dont il fait l'objet et le requérant n'établit pas être dans l'obligation de se déplacer hors du département, les modalités d'exécution de la mesure contestée qui lui imposent une obligation de pointage les mardi et jeudi à 9 h 30 au commissariat de police de Chartres ne saurait être regardées comme présentant un caractère disproportionné au regard du but poursuivi.
10. Eu égard à ce qui vient d'être dit aux points 8 et 9, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral l'assignant à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de 45 jours doivent être rejetées.
11. Alors que les conclusions à fins d'annulation des arrêtés contestés sont rejetées, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions à fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 :
12. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par M. B au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Copie en sera adressée, pour information, à Me Mariette.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2022.
Le magistrat désigné,
Hélène E
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202673
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026