mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | JOSSEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 août 2022 et 6 décembre 2022, M. C B, représenté par Me Rémy Josseaume, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48SI du ministre de l'intérieur datée du 2 juillet 2022, envoyée le 13 juillet 2022, l'informant de la perte de validité de son permis de conduire pour solde nul ;
2°) d'annuler, s'agissant de l'infraction commise le 25 février 2021 à Coltainville, l'une des deux décisions de retrait de quatre points figurant sur son relevé d'information intégral, dès lors qu'il s'agit d'un double enregistrement ;
3°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 14 août 2016, 28 juin 2021 à 17h20 et 28 juin 2021 à 17h21 ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer quatre points sur son permis de conduire, compte tenu du stage qu'il a suivi les 8 et 9 juillet 2022, soit avant la notification de la décision 48SI attaquée ;
5°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés.
Il soutient que :
- il a effectué un stage volontaire les 8 et 9 juillet 2022, soit avant que la décision 48SI attaquée, envoyée le 13 juillet 2022, ait été régulièrement notifiée ;
- l'infraction d'excès de vitesse commise le 25 février 2021 à Coltainville a été enregistrée par erreur en double par le ministre de l'intérieur ;
- s'agissant de l'infraction commise le 14 août 2016, qui a fait l'objet d'une composition pénale en 2017, le procès-verbal requis dans le cadre de la procédure pénale n'a visé aucune des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223- du code de la route, de sorte que le retrait de six points procède d'une procédure irrégulière ;
- pour les infractions des 28 juin 2021 à 17h20 et 28 juin 2021 à 17h21, les informations préalables résultant des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223- du code de la route n'ont pas été délivrées.
Par un mémoire, enregistré le 2 décembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut :
- à titre principal, au non-lieu à statuer partiel ;
- à titre subsidiaire, sur le fond, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les mentions relatives au retrait de quatre points résultant de l'infraction du 25 février 2021 et consécutives au paiement de l'amende forfaitaire, ont été supprimées, seules subsistant celles relatives, pour cette infraction, à la condamnation pénale prononcée le 11 mars 2022 par le tribunal de police de Chartres ; il a été tenu compte du stage de sensibilisation suivi les 8 et 9 juillet 2022 ; compte-tenu de ces rectifications, le solde du permis de conduire du requérant est actuellement de six points et les mentions relatives à la décision 48SI ont été supprimées, cette décision étant ainsi réputée avoir été retirée ;
- s'agissant des trois retraits de points restant en litige, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le solde en points du permis de conduire de M. B a été réduit à zéro à la suite de différentes infractions au code de la route. M. B, aux termes de ses écritures, demande l'annulation de la décision 48SI du ministre de l'intérieur datée du 2 juillet 2022, envoyée le 13 juillet 2022, l'informant de la perte de validité de son permis de conduire pour solde nul, l'annulation, s'agissant de l'infraction commise le 25 février 2021 à Coltainville, de l'une des deux décisions de retrait de quatre points figurant sur son relevé d'information intégral, dès lors qu'il s'agit d'un double enregistrement, l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 14 août 2016, 28 juin 2021 à 17h20 et 28 juin 2021 à 17h21. Il demande encore qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de créditer quatre points sur son permis de conduire, compte tenu du stage qu'il a suivi les 8 et 9 juillet 2022, soit avant la notification de la décision 48SI attaquée, et de lui restituer les points illégalement retirés.
Sur l'étendue du litige :
2. Le ministre de l'intérieur a produit en défense le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B, extrait du système national du permis de conduire, édité à la date du 1er décembre 2022. Il en résulte, d'une part, que n'y figure plus, s'agissant de l'infraction commise le 25 février 2021 à Coltainville, qu'un unique retrait de quatre points, avec la mention de la condamnation du tribunal de police de Chartres du 11 mars 2022. Il en résulte, d'autre part, que le stage de sensibilisation suivi les 8 et 9 juillet 2022 par M. B, qui a donné lieu à une décision du préfet d'Eure-et-Loir datée du 10 juillet 2022, a bien été pris en compte. Il en résulte, en outre, que quatre décisions de retrait de chaque fois un point mentionnées sur la décision 48SI attaquée, ont donné lieu à des restitutions de points. Ainsi, et compte tenu des trois stages de sensibilisation effectués par M. B entre 2017 et 2022, son permis de conduire est, à cette date, crédité de six points. Dans ces circonstances, alors que la décision 48SI du 2 juillet 2022 et l'une des deux décisions de retrait de quatre points relative à l'infraction commise le 25 février 2021 à Coltainville doivent être regardées comme ayant été retirées de l'ordonnancement juridique, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions du requérant en tant qu'elles sont dirigées contre ces décisions, non plus que, par suite, sur les conclusions en injonction en découlant. Il n'y a pas lieu, non plus, eu égard à ce qui est mentionné dans le présent paragraphe à propos du stage de sensibilisation effectué les 8 et 9 juillet 2022, de statuer sur les conclusions en injonction qui s'y rapportent.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 14 août 2016, 28 juin 2021 à 17h20 et 28 juin 2021 à 17h21 :
3. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
En ce qui concerne les infractions des 28 juin 2021 à 17h20 et 28 juin 2021 à 17h21 :
4. Pour ces infractions, constatées par procès-verbal électronique, qui ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée, le ministre de l'intérieur produit les copies des procès-verbaux électroniques établis lors de leur constatation. Ces procès-verbaux, signés par le requérant, mentionnent chacun un retrait de trois points du permis de conduire et les autres informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le ministre apporte la preuve, qui lui incombe, que les informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 ont bien été délivrées au requérant lors de la constatation de ces infractions. Il suit de là que le retrait de trois points et trois points opérés sont intervenus selon une procédure régulière.
En ce qui concerne l'infraction du 14 août 2016 :
5. Aux termes de l'article 41-2 du code de procédure pénale : " Le procureur de la République, tant que l'action publique n'a pas été mise en mouvement, peut proposer, directement ou par l'intermédiaire d'un officier de police judiciaire, une composition pénale à une personne physique qui reconnaît avoir commis un ou plusieurs délits punis à titre de peine principale d'une peine d'amende ou d'une peine d'emprisonnement d'une durée inférieure ou égale à cinq ans, ainsi que, le cas échéant, une ou plusieurs contraventions connexes (). / () / La personne à qui est proposée une composition pénale est informée qu'elle peut se faire assister par un avocat avant de donner son accord à la proposition du procureur de la République. Ledit accord est recueilli par procès-verbal. Une copie de ce procès-verbal lui est transmise. / () ". Aux termes de l'article R. 15-33-40 du même code, dans sa version en vigueur jusqu'au 1er janvier 2020 : " Le procès-verbal prévu par () l'article 41-2 précise : / - la nature des faits reprochés ainsi que leur qualification juridique ; () / Ce procès-verbal indique que la personne a été informée de son droit de se faire assister d'un avocat avant de donner son accord aux propositions du procureur de la République et de son droit de demander à bénéficier d'un délai de dix jours avant de faire connaître sa réponse. / Le procès-verbal précise que la personne a été informée que la proposition de composition pénale va être adressée pour validation au président du tribunal de grande instance ou au juge d'instance. / Le procès-verbal précise également que la personne sera informée de la décision du président du président du tribunal de grande instance ou du juge d'instance, et qu'en cas de validation les délais d'exécution des mesures commenceront à courir à la date de notification de cette décision. / Le procès-verbal est signé par la personne ainsi que par le procureur de la République, son délégué ou son médiateur. Une copie du procès-verbal est remise à l'auteur des faits. ". Aux termes de l'article 15-33-43 du même code : " Lorsque la composition pénale intervient à la suite d'un délit prévu aux articles 222-19-1 ou 222-20-1 du code pénal ou aux articles L. 234-1 ou L. 234-8 du code de la route ou de tout autre délit donnant lieu au retrait des points du permis de conduire, le procès-verbal mentionné à l'article R. 15-33-40 comporte une mention informant la personne de la perte de points qui résultera de l'exécution de la composition pénale, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour elle d'exercer son droit d'accès. ".
6. Eu égard aux termes des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et compte tenu, en outre, que l'exécution d'une composition pénale, même définitive, n'est pas assimilable à une condamnation pénale, l'omission de la délivrance de l'information prévue par les dispositions précitées n'est pas sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
7. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'infraction commise le 14 août 2016 à Gasville-Oisème, M. B a accepté une proposition de composition pénale et que cette composition a été exécutée. Toutefois, alors que M. B produit le procès-verbal prévu par les dispositions du code de procédure pénale citées au point précédent, qu'il a signé mais qui ne comporte pas les mentions relatives à la perte de points encourue, à l'existence d'un traitement automatisé et à la possibilité d'exercer un droit d'accès à ce traitement, le ministre de l'intérieur, qui ne produit pas l'avis de contravention, n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que l'intéressé a reçu, avant d'exécuter la composition pénale, l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé un retrait de six points du solde de points du permis de conduire de M. B au titre de l'infraction commise le 14 août 2016 doit être regardée comme intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de six points de son permis de conduire, consécutive à l'infraction commise le 14 août 2016. Il est fondé, par suite, à demander qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, de lui restituer six points retirés à la suite de cette infraction, dans le respect du plafond légal et des points légalement retirés, sous réserve d'éventuelles évolutions des circonstances de fait qui seraient entre-temps intervenues.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B en tant qu'elles sont dirigées contre la décision 48SI du 2 juillet 2022 et contre l'une des deux décisions de retrait de quatre points relative à l'infraction commise le 25 février 2021 à Coltainville, non plus, par suite, que sur les conclusions en injonction en découlant. Il n'y a pas lieu, non plus, de statuer sur les conclusions en injonction de restitution de quatre points résultant du stage de sensibilisation effectué les 8 et 9 juillet 2022 par M. B.
Article 2 : La décision de retrait de six points du permis de conduite de M. B, consécutive à l'infraction commise le 14 août 2016 à Gasville-Oisème, est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, de restituer à M. B les six points retirés de son permis de conduire à la suite de l'infraction du 14 août 2016, dans le respect du plafond légal et des points légalement retirés, sous réserve d'éventuelles évolutions des circonstances de fait.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 8 février 2023.
Le magistrat désigné,
Paule A
Le greffier,
Roger MBELANI La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026