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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202733

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202733

mercredi 2 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202733
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantSELARL SAMSON & WEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 août, 14 septembre et 10 octobre 2022, M. A B, représenté par la Selarl Samson et Weil, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prendre acte de son désistement partiel relatif à ses demandes d'annulation, de la décision 48SI du 2 juillet 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire, et des décisions de retrait de points consécutifs aux infractions des 16 septembre 2019, 17 janvier 2017, 4 avril 2017, 29 octobre 2020, 30 novembre 2020, 23 février 2021, 25 février 2021 et 1er mars 2021 ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutifs aux infractions au code de la route, commises les 10 mars 2011, 23 juillet 2013, 25 octobre 2013, 17 août 2014, 14 janvier 2015, 24 août 2015, 28 juin 2016, 18 novembre 2017, 5 octobre 2019, 23 novembre 2012 et 23 juillet 2014.

Il soutient que :

- la réalité des infractions n'est pas établie ;

- il n'a pas reçu l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de la constatation des infractions en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Par courrier du 5 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions de retraits de points résultant des infractions commises les 10 mars 2011, 23 juillet 2013, 25 octobre 2013, 17 août 2014, 14 janvier 2015, 24 août 2015, 28 juin 2016, 18 novembre 2017 et 5 octobre 2019, ainsi enfin que le 16 septembre 2019 à 20h41 à Lèves.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de ses différentes écritures, M. B demande au tribunal, d'une part, de prendre acte de son désistement partiel relatif à ses demandes initiales d'annulation de la décision 48SI du 2 juillet 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retrait de points consécutifs aux infractions des 16 septembre 2019, 17 janvier 2017, 4 avril 2017, 29 octobre 2020, 30 novembre 2020, 23 février 2021, 25 février 2021 et 1er mars 2021, d'autre part, d'annuler les décisions de retrait de points consécutifs aux infractions au code de la route, commises les 10 mars 2011, 23 juillet 2013, 25 octobre 2013, 17 août 2014, 14 janvier 2015, 24 août 2015, 28 juin 2016, 18 novembre 2017, 5 octobre 2019, 23 novembre 2012 et 23 juillet 2014.

Sur l'étendue du litige :

2. M. B demande au tribunal de prendre acte de son désistement partiel relatif à ses demandes initiales d'annulation de la décision 48SI du 2 juillet 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retrait de points consécutifs aux infractions des 16 septembre 2019, 17 janvier 2017, 4 avril 2017, 29 octobre 2020, 30 novembre 2020, 23 février 2021, 25 février 2021 et 1er mars 2021. Ce désistement est pur et simple. Par suite, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte à M. B.

3. Le ministre de l'intérieur a produit en défense le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B, extrait du système national des permis de conduire, édité à la date du 13 septembre 2022. Il en résulte que pour les infractions des 10 mars 2011, 23 juillet 2013, 25 octobre 2013, 17 août 2014, 14 janvier 2015, 24 août 2015, 28 juin 2016, 18 novembre 2017 et 5 octobre 2019, ayant chacune entraîné un retrait d'un point, le requérant s'est vu restituer à chaque fois un point. Par suite, il y a lieu de considérer que les conclusions du requérant, en tant qu'elles sont dirigées contre ces décisions de retraits de points, sont irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 23 novembre 2012 et 23 juillet 2014 :

En ce qui concerne l'absence de réalité des infractions :

4. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".

5. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral du requérant, que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis s'agissant des infractions des 23 novembre 2012 et 23 juillet 2014. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les énonciations du relevé d'information intégral et n'établit pas, ni n'allègue, que les titres exécutoires auraient été annulés à la suite de réclamations formées devant l'officier du ministère public. Par suite, la réalité des infractions en litige est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence d'information préalable :

6. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

S'agissant de l'infraction du 23 novembre 2012 :

7. Le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique établi lors de la constatation de cette infraction, lequel mentionne un retrait de points mais non l'ensemble des autres informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ce procès-verbal n'est pas signé par le contrevenant et ne précise pas que le conducteur a refusé de signer. Dans ces conditions, la production par le ministre d'un document daté du 9 février 2013 intitulé " Dossier transmis à Monsieur l'officier du ministère public " à Rambouillet faisant apparaître qu'un avis de contravention a été adressé le 29 novembre 2012 à M. B et n'a pas été retourné à l'administration, ne peut suffire à établir que les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont bien été délivrées au requérant. Il suit de là que le retrait de deux points opéré à raison de cette infraction est intervenu selon une procédure irrégulière.

S'agissant de l'infraction du 23 juillet 2014 :

8. Pour cette infraction, constatée par radar automatique, il résulte du relevé d'information intégral qu'elle a donné lieu à un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, et le ministre ne produit aucun document de nature à établir que le requérant se serait acquitté sans y être contraint de cette amende forfaitaire majorée et aurait ainsi reçu l'avis correspondant et comportant l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si la seule circonstance que le contrevenant n'a pas été informé, lors de la constatation de cette infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il n'en va pas de même pour l'information portant sur la possibilité d'un retrait de points qui permet au contrevenant de savoir si l'infraction va ou non entraîner un retrait de points et lui permettre, le cas échéant, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire et de contester l'infraction devant le juge pénal. Dans ces conditions, le ministre ne peut être regardé comme apportant la preuve du respect des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le retrait d'un point opéré à raison de cette infraction est intervenu selon une procédure irrégulière.

9. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation des décisions de deux points et un point opérés à la suite des infractions des 23 novembre 2012 et 23 juillet 2014.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement partiel de M. B relatif à ses demandes initiales d'annulation de la décision 48SI du 2 juillet 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retrait de points consécutifs aux infractions des 16 septembre 2019, 17 janvier 2017, 4 avril 2017, 29 octobre 2020, 30 novembre 2020, 23 février 2021, 25 février 2021 et 1er mars 2021.

Article 2 : Les conclusions de la requête, en tant qu'elles sont dirigées contre les décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 10 mars 2011, 23 juillet 2013, 25 octobre 2013, 17 août 2014, 14 janvier 2015, 24 août 2015, 28 juin 2016, 18 novembre 2017 et 5 octobre 2019, sont irrecevables.

Article 3 : Les décisions de retrait de deux points et un point opérés à la suite des infractions des 23 novembre 2012 et 23 juillet 2014 sont annulées.

Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 2 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

Paule C

Le greffier,

Florence PINGUET La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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