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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202920

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202920

vendredi 26 août 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202920
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGAUTHIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 août 2022 à 10 h 29, M. E A D A, représenté par Me Gauthier, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du 19 août 2022, par lesquels la préfète d'Indre-et-Loire, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il déclare avoir la nationalité ou de tout autre pays où il est légalement admissible et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter les lundis, mardis, mercredis et jeudis à 10 h 00 au commissariat de Tours ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le motif tiré de la menace à l'ordre public est erroné ;

- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est injustifiée et disproportionnée ;

- cette décision méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a entrepris des démarches pour être régularisé et qu'il réside chez sa mère ;

- la décision fixant le Cameroun comme pays de renvoi méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision d'interdiction de retour ne pourra qu'être annulée dès lors que l'absence de délai de départ volontaire n'est pas justifiée et que les circonstances humanitaires justifient l'exclusion de l'application des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision d'assignation à résidence est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il dispose d'un domicile propre déclaré depuis plusieurs années, qu'il répond aux convocations de la préfecture et que son éloignement ne peut être considéré comme une perspective raisonnable.

La requête a été communiquée le 20 août 2022 à la préfète d'Indre-et-Loire, qui a produit un mémoire en défense le 26 août 2022, après la clôture d'instruction intervenue, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience publique qui s'est déroulée le 23 août 2022 à 10h00 et après que Me Gauthier, représentant M. A D A, a présenté ses observations orales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Gauthier, avocat, représentant M. A D A, qui n'était pas présent. Me Gauthier persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et insiste sur la durée de présence et les attaches en France du requérant, son entrée régulière sur le territoire français, son intégration dans la société française du fait de son arrivée en France à l'âge de quinze ans, de ses démarches de recherche d'emploi, celui-ci souhaitant réaliser un CAP cuisine et sur le fait qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Il soutient en outre que l'interdiction de retour est disproportionnée eu égard à sa présence en France depuis l'âge de quinze ans et à sa situation familiale.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D A, ressortissant camerounais né le 13 avril 2001, déclare être arrivé en France le 2 août 2016, à l'âge de quinze, accompagné de sa sœur cadette née en 2004 et d'une de ses tantes. A la suite de son interpellation le 18 août 2022 par les services de police d'Indre et Loire, il a été placé en garde à vue pour rébellion et, par un arrêté du 19 août 2022, la préfète d'Indre-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai à destination du Cameroun ou de tout autre pays où il est légalement admissible et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, elle l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter les lundis, mardis, mercredis et jeudis à 10 h 00 au commissariat de Tours. M. A D A, qui, conformément aux dispositions du II de l'article R. 776-2 et à l'article R. 776-4 du code de justice administrative, a saisi le tribunal dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces deux arrêtés, intervenue le 19 août 2022, en demande l'annulation.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre M. A D A à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () " ;

5. La décision obligeant M. A D A à quitter le territoire français est fondée sur les motifs tirés de ce que l'intéressé, d'une part, ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire français et s'y est maintenu irrégulièrement et, d'autre part, constitue une menace à l'ordre public. S'agissant du premier motif, si le requérant soutient qu'il est entré régulièrement en France, il ne l'établit pas par la seule production d'une déclaration de perte de son passeport établie le 15 juillet 2020 auprès du commissariat de Tours, et alors même que figure sur le visa de sa sœur une date d'entrée en France le 2 août 2016. S'agissant du second motif, la préfète d'Indre-et Loire relève dans l'arrêté attaqué que le requérant est défavorablement connu des services de police pour avoir été interpellé, outre le 18 août 2022, à trois autres reprises le 15 mai 2020 pour " rébellion en réunion et détention de produits stupéfiants ", le 17 mars 2022 pour " recel de vol " et le 6 avril 2022 pour " défaut de permis de construire ". Il ressort des pièces du dossier que l'extrait du casier judiciaire du bulletin n° 1 produit est vierge. Par ailleurs, le conseil du requérant précise à l'audience que M. A D A a été condamné pour les faits commis en 2020 à quatre mois avec sursis. Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des débats à l'audience qu'une autre procédure judiciaire soit en cours à son encontre. La préfète, qui n'a pas produit de mémoire en défense et n'était ni présente ni représentée à l'audience, ne conteste pas ces éléments. Dans ces conditions, eu égard à l'existence d'une seule condamnation avec sursis et en l'absence d'autres poursuites judiciaires avérées, le comportement du requérant ne peut être regardé comme constituant une menace à l'ordre public. Par suite, M. A D A est fondé à soutenir que le motif tiré de la menace à l'ordre public est erroné. Toutefois, il résulte de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision en se fondant sur le motif, légal, tiré du l'irrégularité de l'entrée et du maintien en France de l'intéressé.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que si le requérant réside en France depuis six ans à la date de l'arrêté attaqué et a été scolarisé en France à compter du 1er septembre 2016, en classe de 3e, il a, alors qu'il était inscrit en classe de 1ère, quitté le système scolaire le 28 mars 2019. Il ne fait part de recherches d'emploi, dans le domaine de la restauration, et de son souhait d'obtenir un CAP cuisine qu'à partir de février 2022, comme cela ressort de l'attestation de suivi social du responsable du secteur social de l'association " la table de Jeanne Marie " et des débats à l'audience. Le requérant ne justifie ainsi pas d'une intégration sociale ou professionnelle particulière, alors même qu'il résiderait avec sa sœur et sa mère, laquelle est en France depuis 2019 et titulaire d'un titre de séjour pluriannuel valable jusqu'au 15 août 2024, pour motif médical. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français attaqué ne porte pas au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par l'obligation de quitter le territoire français, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

7. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi et doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour :

8. D'une part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; ( ) / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est arrivé en France à l'âge de quinze ans et y vit depuis six ans à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'il réside chez sa mère, qui est en France depuis 2019 de manière régulière, et avec sa sœur cadette. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 5, son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, et alors qu'il n'a pas fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement, en décidant de ne pas lui octroyer un délai de départ volontaire et en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, la préfète d'Indre et Loire a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, il y a lieu d'annuler ces deux décisions.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

11. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification.

12. En application des dispositions précitées de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte du point 10 que, sans qu'il soit besoin de statuer sur le moyen soulevé contre la décision du 19 août 2022 par laquelle la préfète d'Indre et Loire a assigné M. A D A à résidence, celui-ci est fondé à en demander l'annulation.

13. Il résulte de ce qui précède que M. A D A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 19 août 2022 portant refus d'accorder un délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence.

Sur les conséquences de l'annulation :

14. En application des articles L. 614-17 et L. 614-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-27 du code de justice administrative, il est rappelé à M. A D A son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.

15. En outre, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. (). ".

16. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A D A, implique nécessairement que l'administration efface le signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen aux fins de

non-admission. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de prendre toute mesure propre à mettre fin à ce signalement.

Sur les frais d'instance :

17. Dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que M. A D A soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. A D A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La décision de la préfète d'Indre-et-Loire du 19 août 2022 refusant à M. A B l'octroi d'un délai de départ volontaire est annulée sans que M. A B soit dispensé de son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui sera fixé par l'autorité administrative.

Article 3 : L'arrêté du 19 août 2022 de la préfète d'Indre-et-Loire prononçant à l'encontre de M. A D A une interdiction de retour pour une durée d'un an ainsi que l'arrêté du 19 août 2022 de la préfète d'Indre-et-Loire l'assignant à résidence sont annulés.

Article 4 : Il est mis fin aux mesures de surveillance dont fait l'objet M. A D A et enjoint à la préfète d'Indre-et-Loire de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission.

Article 5 : L'Etat versera la somme de 900 euros à Me Gauthier, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. A D A soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif.

Article 6 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A D A et à la préfète d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2022.

La magistrate désignée,

Hélène C

Le greffier,

Florence PINGUET

La République mande et ordonne à la préfète d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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