jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI BEZARD GALY COUZINET CONDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 août 2022, le 9 septembre 2022, le 11 janvier 2023 et le 3 février 2023, M. A, représenté par Me Galy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2022 par lequel le maire de Chartres n'a pas fait opposition à une déclaration préalable déposée le 5 mai 2022 par la société civile de construction vente (SCCV) 24 Courtille tendant à obtenir l'autorisation d'abattre trois marronniers situés sur la parcelle AP 81, 24 boulevard de la Courtille à Chartres ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chartres et de la SCCV 24 Courtille une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un détournement de procédure dès lors que le pétitionnaire a déposé une déclaration préalable, trois semaines après avoir obtenu un permis de démolir et de construire des ouvrages dont la présence à venir constitue le motif principal de l'abattage ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation en ce que le danger et le mauvais état des arbres ne sont pas établis, le rapport produit pas la défense, lequel a été pris deux mois après l'arrêté de non opposition, n'est pas suffisamment précis et demeure très peu circonstancié sur l'état des arbres ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions de l'article 5 du règlement du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article USB 11.1 du règlement du PLU.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 novembre 2022, la commune de Chartres conclut au rejet de la requête à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que M. A, qui n'est pas voisin immédiat, ne justifie pas d'un intérêt à agir et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2022 et le 19 janvier 2023, la SCCV 24 Courtille représentée par Me Rivierre conclut au rejet de la requête, à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que M. A, qui n'est pas voisin immédiat, ne justifie pas d'un intérêt à agir et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée le même jour en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Galy, représentant M. A, de Me Mascré, représentant la commune de Chartres, et de Me Rivierre, représentant la SCCV 24 Courtille.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 29 juin 2022, le maire de la commune de Chartres ne s'est pas opposé à une déclaration préalable déposée le 5 mai 2022 par la SCCV 24 Courtille tendant à obtenir l'autorisation d'abattre trois marronniers dans l'emprise d'un espace boisé classé sur la parcelle cadastrée AP 81 située le territoire de la commune de Chartres. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. La commune de Chartres et la SCCV 24 Courtille font valoir que M. A ne justifie pas que le projet en litige serait susceptible de lui causer des troubles dans les conditions d'utilisation, d'occupation et de jouissance de son bien, dès lors qu'il n'est pas voisin immédiat du projet.
5. Pour justifier de son intérêt à agir à l'encontre de la décision de non-opposition en litige, M. A fait valoir qu'il réside à proximité des arbres devant être abattus et qu'il bénéficie d'une vue directe sur ces derniers. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que l'habitation de M. A, laquelle se trouve à plus de cinquante mètres des arbres en question, est séparée de ces derniers par la rue Victor Gilbert et par deux autres constructions imposantes directement attenantes à ces arbres. M. A ne peut par suite se prévaloir de la qualité de voisin immédiat. D'autre part, compte tenu de la distance séparant son habitation des arbres et des constructions existantes situées dans son champ de vision, la visibilité sur les marronniers à abattre dont bénéficie le requérant s'avère non seulement partiellement masquée mais également lointaine. Il s'ensuit que l'atteinte invoquée par le requérant est insuffisante à elle seule pour révéler que le projet d'abattage de ces trois arbres serait susceptible d'affecter directement les conditions d'utilisation, d'occupation et de jouissance de son bien. Il en résulte que, en l'absence d'autres éléments invoqués par le requérant, ce dernier ne justifie pas d'un intérêt suffisamment direct lui donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté de non-opposition en litige. Par suite, la SCCV 24 Courtille et la commune de Chartres sont fondées à soutenir que la requête de M. A est irrecevable pour ce motif.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chartres et de la SCCV 24 Courtille, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais non compris dans les dépens.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a également lieu de rejeter les demandes formulées par la commune de Chartres et la SCCV 24 Courtille sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à la commune de Chartres et à la SCCV 24 Courtille.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026