mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SELARL FREDERIC ALQUIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 août 2022, Mme C E, représentée par Me Frédéric Alquier, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 août 2022 du préfet de l'Allier l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant l'Algérie comme pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une période d'un an.
Elle soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur matérielle s'agissant de son adresse et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire n'est pas justifiée ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire doit être annulée car elle justifie de motifs humanitaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le préfet de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 23 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante algérienne née le 24 octobre 1988, a été interpellée le 27 août 2022 par les services de gendarmerie de l'Allier et placée en retenue administrative pour vérification de son droit au séjour. Elle a déclaré être entrée en France le 2 octobre 2019 sous couvert d'un passeport démuni de visa et, par suite, irrégulièrement. Par l'arrêté attaqué du
27 août 2022, le préfet de l'Allier l'a obligée à quitter sans délai le territoire français à destination de l'Algérie et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
2. En premier lieu, la requérante soutient que le préfet a commis une erreur matérielle en mentionnant qu'elle est domiciliée à Ablis (78660) alors qu'elle réside chez sa tante en
Indre-et-Loire. Si l'arrêté attaqué mentionne qu'elle a déclaré résider chez sa cousine, Mme B A au 4, rue de la Mairie à Ablis (78660) depuis le 10 octobre 2019 alors qu'elle réside chez sa tante à Joué-lès-Tours, cette erreur est, à la supposer d'ailleurs établie, sans incidence sur la légalité de l'arrêté dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Allier aurait pris la même décision quelle que soit sa résidence.
3. En second lieu, la requérante soutient que l'obligation de quitter le territoire est entachée d'erreur d'appréciation de sa situation en faisant valoir qu'elle a vécu pendant trois ans avec un ressortissant français, que son projet de mariage a été très avancé même s'il ne s'est pas concrétisé civilement et qu'elle vit en présence d'une grande partie de sa famille, dont sa tante qui l'héberge. Toutefois, elle est entrée très récemment et irrégulièrement en France après avoir vécu en Algérie jusqu'à l'âge de vingt-sept ans. Elle ne conteste pas qu'elle est célibataire et sans enfant et qu'elle est divorcée de son mari français. Par ailleurs, elle ne conteste pas davantage que sa mère et ses deux frères résident en Algérie. En outre, ses liens personnels et familiaux en France sont récents et ne sont donc pas suffisamment stables, anciens et intenses. Dans ces conditions, le préfet de l'Allier n'a pas commis d'erreur d'appréciation de sa situation en prenant l'obligation de quitter le territoire attaquée.
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
4. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° Si l'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire ; () ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des motifs de l'arrêté attaqué, que le refus d'accorder à la requérante un délai de départ volontaire a été pris sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 et de celles des 2° et 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que la requérante est entrée en France irrégulièrement et s'y maintient en situation irrégulière depuis plus de deux ans, qu'elle n'a accompli aucune démarche pour régulariser sa situation administrative et qu'elle a explicitement déclaré qu'elle s'oppose à son départ en Algérie et qu'elle souhaitait se maintenir sur le territoire français.
6. La requérante soutient que la décision de refus de lui accorder un délai de départ volontaire n'est pas justifiée en faisant valoir qu'elle a remis son passeport, que son domicile est connu et qu'elle ne vit pas dans la dissimulation. Toutefois, la seule circonstance qu'elle est entrée irrégulièrement en France et s'y est maintenue irrégulièrement sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour et qu'elle a déclaré avoir l'intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire suffit, aux termes des dispositions des 1° et 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour établir qu'il existe un risque de fuite au sens des dispositions précitées au point 4. Par ailleurs, elle ne justifie d'aucune circonstance particulière au sens des dispositions de l'article L. 612-3. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit et d'appréciation en ne lui accordant pas de délai de départ volontaire.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ().
8. La requérante soutient qu'elle justifie de motifs humanitaires car elle réside en France depuis quatre ans avec une partie de sa famille, dont la tante qui l'héberge. Toutefois, cette circonstance ne peut être regardée comme une considération humanitaire au sens des dispositions précitées. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'illégalité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et au préfet de l'Allier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel D
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet de l'Allier en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026