mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203006 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, Mme D B, représentée par
Me Edouard Kobo, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er août 2022 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant la République de Guinée comme pays de destination de sa reconduite.
Elle soutient que l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, n'est pas motivé, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation, méconnaît sa vie privée et familiale et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, la préfète du Loiret, représenté par Me Johan Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
23 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- les observations de Me Kobo, avocat de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante de la République de Guinée née le 16 décembre 1991, a été interpellée le 1er août 2022 pour vérification de son droit au séjour. Elle a déclaré être entrée en France en 2017 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 20 décembre 2017, elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Dans le cadre de la procédure Dublin, l'Italie a donné son accord à la réadmission de l'intéressée le 9 avril 2018. Par un arrêté du 23 mai 2018 un arrêté de transfert vers l'Italie a été pris. Toutefois, n'ayant pas été transférée dans le délai imparti, sa demande d'asile a été traitée selon la procédure normale. Sa demande a été rejetée par décision du 19 février 2019 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le
19 novembre 2019 par la cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 11 juin 2020, le préfet du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français mais l'intéressée s'est maintenue sur le territoire. Par l'arrêté attaqué du 1er août 2022, la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de la République de Guinée.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. F A. Selon l'article 1er de l'arrêté n° 45-2021-07-27-00002 du 27 juillet 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 45-2021-197 et mis en ligne sur le site de la préfecture, la préfète du Loiret, a donné délégation de signature à M. Benoit Lemaire, secrétaire général, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret () " à l'exception des arrêtés portant élévation de conflit et les réquisitions de comptable public. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté, la délégation de signature conférée à M. C est exercée, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, par
M. Christophe Carol, secrétaire général adjoint de la préfecture. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable depuis le 1er r mai 2021 : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".
4. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire attaquée du 1er août 2022 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale relative aux droits de l'enfant, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation de la requérante, notamment relatifs à sa situation familiale, à raison desquels la préfète l'a obligée à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, l'arrêté mentionne que la requérante n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et que la décision qui lui est opposée ne contrevient pas, notamment, aux dispositions de l'article 3 de la convention précitée. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi est également suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. La requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et qu'il méconnaît sa vie privée et familiale en faisant valoir qu'elle réside dans le Loiret depuis 2017 avec ses trois enfants mineurs dont deux sont scolarisés, qu'elle ne représente aucune menace pour l'ordre public et qu'elle pourrait bénéficier d'une carte de séjour à titre exceptionnel sur le fondement des articles L. 435-1 à L. 435-3 ou de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur. Toutefois, elle est entrée irrégulièrement en France en décembre 2017 et s'y maintient irrégulièrement malgré les décisions administratives et juridictionnelles dont il est fait état au point 1. Par ailleurs, elle est célibataire et mère de quatre enfants mineurs dont trois résident en France. Rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine. En outre, elle ne justifie pas avoir formulé de demande de régularisation de sa situation sur le fondement des articles L. 435-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la préfète n'était dès lors pas tenue d'examiner sa situation au regard de ces dispositions. Dans ces conditions, compte tenu notamment des conditions d'entrée en France de l'intéressée et du caractère relativement récent de son séjour, l'arrêté attaqué ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et, dès lors, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Enfin, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, la requérante ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du
28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir.
7. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'annulation de l'obligation de quitter le territoire entraîne nécessairement l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.
8. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si la requérante soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, elle sera sans doute victime de traitements inhumains et dégradants contraires à ces stipulations, elle n'apporte aucun élément à l'appui de son allégation. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Loiret a méconnu ces stipulations en prenant la décision fixant le pays de renvoi.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de
non-recevoir opposée par la préfète du Loiret, que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel E
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026