mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203171 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | DEHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Yohan Dehan, avocat, demande au tribunal d'annuler les décisions non datées et non notifiées du ministre de l'intérieur prononçant les pertes de points de son permis de conduire à la suite d'une infraction du 10 juin 2021 à Joué-les-Tours et d'une infraction du 6 août 2020 à Tours.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu notification des retraits de points ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ;
- pour les infractions ayant donné lieu à un règlement direct entre les mains de l'agent verbalisateur, il n'est pas apporté la preuve qu'il a reçu préalablement les informations prescrites par les dispositions des article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire, enregistré le 17 octobre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, il existe un non-lieu partiel à statuer contre les conclusions dirigées contre l'infraction du 10 juin 2021 ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. A, extrait du système national des permis de conduire, édité en dernier lieu à la date du 13 octobre 2022, que le solde en points du permis de conduire de l'intéressé est de six points. Aux termes de ses écritures, M. A demande l'annulation des décisions non datées et non notifiées du ministre de l'intérieur prononçant les pertes de points de son permis de conduire à la suite d'une infraction du 10 juin 2021 à Joué-lès-Tours et d'une infraction du 6 août 2020 à Tours.
Sur l'étendue du litige :
2. Le ministre de l'intérieur a produit en défense le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. A, extrait du système national du permis de conduire, édité, ainsi qu'il est dit au point 1, à la date du 13 octobre 2022. Il en résulte qu'aucun retrait de points n'y figure s'agissant d'une infraction commise le 10 juin 2021 à Joué-lès-Tours. Par suite, il y a lieu de considérer que les conclusions du requérant, en tant qu'elles sont dirigées contre cette décision de retrait de points, sont irrecevables, et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation concernant la décision prononçant la perte de quatre points à la suite d'une infraction du 6 août 2020 à Tours :
En ce qui concerne l'absence de notification du retrait de points :
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Ainsi, le moyen du requérant tiré de ce que la preuve de la notification du retrait de points n'est pas rapportée par l'administration est inopérant.
En ce qui concerne l'absence de réalité de l'infraction :
4. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral du requérant, qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis s'agissant de l'infraction du 6 août 2020. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les énonciations du relevé d'information intégral et n'établit pas, ni n'allègue, que le titre exécutoire aurait été annulé à la suite d'une réclamation formée devant l'officier du ministère public. Par suite, la réalité de l'infraction en litige est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
6. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
7. Le ministre de l'intérieur produit la copie du procès-verbal électronique établi lors de la constatation de l'infraction du 6 août 2020. Ce procès-verbal, qui porte la mention " refus de signer ", mentionne un retrait de quatre points du permis de conduire et les autres informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve, qui lui incombe, que les informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 ont bien été délivrées au requérant lors de la constatation de cette infraction. Il suit de là que le retrait de quatre points opéré est intervenu selon une procédure régulière.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur prononçant la perte de quatre points de son permis de conduire à la suite de l'infraction du 6 août 2020 à Tours.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 28 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Paule B
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026