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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2203216

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2203216

mercredi 16 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2203216
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantNADER LARBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 16 septembre et

14 et 31 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Aïcha Nader Larbi, demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2022 du préfet de Loir-et-Cher l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant l'Algérie comme pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire a été prise par une autorité incompétente, n'est pas motivée, n'a pas été précédée d'un examen sérieux et particulier de sa situation, a méconnu le principe du contradictoire, méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire a été prise par une autorité incompétente, n'est pas motivée, est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité incompétente, n'est pas motivée, méconnaît le principe du contradictoire, n'a pas été précédée d'un examen sérieux et particulier de sa situation, et elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français a été prise par une autorité incompétente, n'est pas suffisamment motivée et elle est entachée d'une erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 12 décembre 1996, a été interpellé le

14 septembre 2022 au sortir d'un local commercial à la suite d'un appel d'un voisin suspectant un cambriolage. Il a déclaré avoir quitté l'Algérie au mois de mai 2018 et n'a pu donner de date exacte de son entrée en France. Par l'arrêté attaqué du 14 septembre 2022, le préfet de Loir-et-Cher l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de l'Algérie et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. C G. Par un arrêté du 25 janvier 2021, publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Loir-et-Cher, M. F D, préfet de Loir-et-Cher, a donné délégation à

M. C G à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département () / A ce titre cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire attaquée ne peut être accueilli.

3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".

4. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire attaquée du 14 septembre 2022 vise l'accord franco-algérien, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation du requérant, notamment relatifs à sa situation familiale, à raison desquels le préfet de Loir-et-Cher l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, le requérant soutient que le préfet de Loir-et-Cher n'a pas procédé à un examen complet et sérieux de sa situation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet a examiné sa situation administrative au regard de son droit au séjour ainsi que sa situation familiale et personnelle. Par suite, le moyen ne peut être accueilli.

6. En troisième lieu, le requérant soutient que le préfet de Loir-et-Cher a méconnu son droit à faire valoir ses observations préalablement à l'intervention de l'arrêté attaqué. Toutefois, il ressort de l'arrêté attaqué et des pièces produites par le préfet qu'il a été entendu sur son droit au séjour lors de son interpellation par les services de police le 14 septembre 2022. Par suite, il était en mesure de faire valoir ses observations lors de cette audition. Dès lors, son moyen ne peut être accueilli.

7. En quatrième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

8. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition établi le 14 septembre 2022 lors sa retenue pour vérification au droit au séjour par les services de l'escadron départemental de sécurité routière de Loir-et-Cher, que le requérant a pu expliquer les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire français et faire valoir les motifs pour lesquels il souhaitait résider en France. Dès lors, il a été en mesure de faire connaître de manière utile et effective son point de vue préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen du requérant tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire attaquée a été prise en violation de son droit à être entendu et du défaut de caractère contradictoire de la procédure ne peut être accueilli.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Le requérant se prévaut de ces stipulations en faisant valoir qu'il réside sur le territoire français depuis plus de trois ans, qu'il travaille pour subvenir à ses besoins, qu'il s'est parfaitement intégré et parle le français, qu'il dispose de son propre logement, qu'il a toute sa famille en France, notamment sa sœur et son frère et d'autres membres de sa famille et qu'il n'aspire qu'à régulariser sa situation administrative. Toutefois, il est entré irrégulièrement en France au plus tôt en 2019 après avoir vécu jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans en Algérie. Par ailleurs, il est célibataire et sans charges de famille et ne conteste pas que ses parents et sa fratrie résident dans son pays d'origine. Dans ces conditions, compte tenu notamment des conditions d'entrée en France de l'intéressé et du caractère récent de son séjour et même s'il a un emploi d'agent de sécurité en vertu d'un contrat à durée indéterminée et des membres de sa famille, dont l'un est français, qui résident régulièrement en France mais dont il ne justifie pas du lien de parenté, l'obligation de quitter le territoire attaquée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et, dès lors, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

12. Enfin, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susvisé, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code ou de cet accord, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait présenté, avant l'arrêté attaqué, une demande de carte de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers qui prévoient que " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Dès lors, le préfet de Loir-et-Cher n'était pas tenu d'examiner d'office si le requérant était susceptible de se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées. Il suit de là que le requérant ne saurait se prévaloir utilement de ces dispositions.

Sur la décision de refus d'un délai de départ volontaire :

13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

14. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des motifs de l'arrêté attaqué, que le refus d'accorder au requérant un délai de départ volontaire a été pris sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 et de celles du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

15. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 2, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus d'un délai de départ volontaire a été prise par une autorité incompétente.

16. En deuxième lieu, en se fondant sur les dispositions rappelées au point 13 et en indiquant que le requérant ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il ne justifiait d'aucune circonstance particulière au regard de ces dispositions, le préfet a suffisamment motivé sa décision de refus d'un délai de départ volontaire.

17. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de Loir-et-Cher n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant et qu'il se serait cru en situation de compétence liée.

18. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus d'un délai de départ volontaire est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire.

19. En cinquième lieu, le requérant soutient que le préfet de Loir-et-Cher a commis une erreur de droit en faisant valoir qu'il ne rentre pas dans le cadre des dispositions de l'article

L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'y avait aucun risque de soustraction à l'obligation de quitter le territoire. Toutefois, la seule circonstance qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour suffit, aux termes des dispositions du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour établir qu'il existe un risque de fuite au sens des dispositions précitées au point 13. Par ailleurs, il ne justifie d'aucune circonstance particulière au sens des dispositions de l'article L. 612-3. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit.

20. Enfin, les circonstances que le requérant ne représente pas une menace pour l'ordre public et que son comportement ne révélerait pas de risque de fuite dans la mesure où il a une adresse certaine et stable connue des services administratifs sont insuffisantes pour établir que le préfet de Loir-et-Cher aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas de délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

21. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 2 et au point 9, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité incompétente et qu'elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire et, dès lors, à la suite d'une procédure irrégulière.

22. En deuxième lieu, l'arrêté vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et que la décision qui lui est opposée ne contrevient pas, notamment, aux dispositions de l'article 3 de la convention précitée. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée.

23. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de Loir-et-Cher n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation du requérant.

24. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire.

25. Enfin, en se bornant à faire valoir qu'il ne peut être éloigné à destination de l'Algérie car il n'y a plus d'attaches familiales et qu'il craint pour sa vie et sa sécurité sans apporter le moindre élément à l'appui de son allégation, le requérant n'établit pas que la décision fixant le pays de renvoi serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

26. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. (). Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 621-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et

L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

27. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

28. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

29. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 2, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français a été prise par une autorité incompétente

30. En deuxième lieu, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français attaquée du 14 septembre 2022 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration, et notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à l'interdiction de retour sur le territoire et mentionne que compte tenu des circonstances particulières de l'espèce, notamment de l'absence de liens familiaux stables et avérés sur le territoire français, et nonobstant l'absence d'une précédente mesure d'éloignement, une interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale, le requérant n'établissant pas être dépourvu d'attaches familiales dans le pays dont il est le ressortissant et nonobstant la présence en France, selon ses déclarations, d'un cousin et d'oncles. Par ailleurs, il ressort de ce qui a été dit au point 28 que le préfet de Loir-et-Cher n'était pas tenu de mentionner expressément que la présence de l'intéressé ne représentait pas une menace pour l'ordre public dès lors qu'il ne retenait pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

31. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 11 la décision d'interdiction de retour sur le territoire français attaquée ne porte pas au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et, dès lors, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

32. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

Jean-Michel E

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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