jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203317 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WAUTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2022, M. B, représenté par Me Wautier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 par lequel le maire de Saint-Florent-sur-Cher a refusé de lui délivrer un permis de construire et la décision du 21 juillet 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Florent-sur-Cher d'instruire sa demande de permis de construire au regard du document d'urbanisme communal antérieur, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Florent-sur-Cher une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué est illégal du fait de l'illégalité du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) approuvé le 21 juin 2021 dès lors que :
- le classement de parcelles en zone Ux n'est pas justifié dans le rapport de présentation ;
- le classement des parcelles lui appartenant en zone Ux est incohérent avec les orientations et objectifs du PADD ;
- ce zonage est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- son terrain peut faire l'objet d'une construction à usage d'habitation en vertu du PLU de Saint-Florent-sur-Cher approuvé en 2008, remis en vigueur en application des dispositions de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 juillet 2023 et le 29 septembre 2023, la commune de Saint-Florent-sur-Cher, représentée par Me Weinkopf, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B sont inopérants et qu'ils ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 octobre 2023.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ploteau,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Weinkopf, représentant la commune de Saint-Florent-sur-Cher.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 février 2022, M. B a déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle sur le territoire de la commune de Saint-Florent-sur-Cher (Cher). Par un arrêté du 21 mars 2022, le maire de cette commune a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par un courrier du 19 mai 2022, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté, rejeté par une décision du maire de Saint-Florent-sur-Cher du 21 juillet 2022. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2022 portant refus de permis de construire et le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'approbation du plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Fer Cher-Pays Florentais identifie les parcelles appartenant à M. B au sein de documents graphiques intitulés " Secteurs Ux au sein du tissu urbain de Saint-Florent-sur-Cher ", accompagnés d'éléments de justification. Ce rapport relève ainsi qu'outre le classement de la zone industrielle de Saint-Florent-sur-Cher en zone Ux à vocation économique, " des établissements implantés seuls dans des zones d'activités de moindre taille " doivent être identifiés ou maintenus en zone Ux afin " soit de garantir la mutation des sites pour accueillir des entreprises, soit pour accueillir des projets de mixité fonctionnelle " et de " réglementer les spécificités architecturales et d'usage des activités économiques et commerciales, pouvant présenter des conflits ou des risques de nuisances par rapport aux secteurs d'habitation ". Dans ces conditions, et alors que le rapport de présentation n'a pas à justifier le classement retenu parcelle par parcelle, ce rapport de présentation ne saurait être regardé comme insuffisant au regard des dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
5. D'une part, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
6. D'autre part, il n'appartient pas au juge administratif, saisi d'un moyen contestant le zonage d'une parcelle, d'apprécier si un autre classement pouvait être justifié ou s'avérer plus cohérent par rapport au parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan, mais uniquement de vérifier si le classement contesté est lui-même entaché d'erreur manifeste d'appréciation ou, le cas échéant, incohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables.
7. En l'espèce, l'orientation n° 1 du PADD du PLUi litigieux intitulée " un territoire ouvert qui conforte ses atouts " prévoit de développer l'activité économique sur la ZAC " Terre des Brosses " et en centre-ville. Toutefois, ce faisant, les auteurs du PLUi ont simplement entendu donner une priorité au développement économique de ces zones sans pour autant s'opposer au développement économique parallèle d'autres secteurs. Par ailleurs, si le requérant fait valoir que les parcelles litigieuses répondent aux critères de classement en zone Ub au regard des orientations du PADD, il résulte de ce qui a été dit au point 6 qu'une telle circonstance est sans incidence sur la légalité du classement retenu. Par suite, le moyen tiré de l'incohérence du classement litigieux au regard des orientations du PADD doit être écarté.
8. En troisième lieu, il appartient aux auteurs d'un plan d'occupation des sols de déterminer le parti d'aménagement à retenir, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que des bâtiments à vocation économique sont déjà implantés sur des parcelles limitrophes situées au Sud de la propriété de M. B. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que les auteurs du PLU peuvent modifier les modalités existantes d'utilisation des sols à la condition de justifier d'un intérêt de l'urbanisme. Ainsi, dès lors que le classement litigieux a notamment vocation à éviter les conflits d'usage entre la zone résidentielle et les zones naturelle et agricole en empêchant l'implantation d'habitation à proximité d'établissements économiques et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'aucune activité économique n'est susceptible de s'y déployer, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le classement litigieux est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées sont illégales du fait de l'illégalité du PLUi de la communauté de communes Fer-Cher Pays florentais et que, par suite, les conclusions en annulation de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. La commune de Saint-Florent-sur-Cher n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B sur le fondement de ces dispositions soit mise à la charge de la commune. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Florent-sur-Cher.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Florent-sur-Cher en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Florent-sur-Cher.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Gasnier, conseiller,
Mme Ploteau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Coralie PLOTEAU
Le président,
Denis LACASSAGNE La greffière,
Marie-Josée PRECOPE
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026