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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2203380

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2203380

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2203380
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantSCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2022, M. A C, représenté par Me Grebille-Romand, avocat de la SCP Artaud Castillon Belfiore Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48SI du ministre de l'intérieur qui lui aurait été notifiée le 9 septembre 2016, l'informant de la perte de validité de son permis de conduire et les décisions de retrait d'un point, deux points, un point, un point, un point, un point, quatre points et un point consécutives à des infractions respectivement commises les 8 janvier 2011 à Bollène, 29 mars 2012 à Saint-Nazaire, 30 octobre 2012 à Bédarrides, 3 octobre 2015 à Montpellier, 1er décembre 2015 à Mauguio, 28 novembre 2015 à Montpellier, 23 novembre 2015 à Mauguio et 14 février 2016 à Baillargues ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 4 septembre 2022 opposée à son recours gracieux ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer son permis de conduire en reconstituant son capital en points, sous un délai de huit jours à compter de la signification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, dès lors qu'il n'a pas reçu la décision 48SI qui lui aurait été notifiée le 9 septembre 2016 ;

- il ne s'est pas vu notifier les retraits de points dont son permis a fait l'objet, dont il peut par suite exciper de l'illégalité ;

- il n'a pas reçu l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de la constatation des infractions en litige ;

- la réalité des infractions n'est pas établie au regard des dispositions de l'article

L. 223-1 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le solde en points du permis de conduire de M. C a été réduit à zéro à la suite de huit infractions au code de la route, ayant respectivement entraîné le retrait d'un point, deux points, un point, un point, un point, un point, quatre points et un point, respectivement commises les 8 janvier 2011 à Bollène, 29 mars 2012 à Saint-Nazaire, 30 octobre 2012 à Bédarrides, 3 octobre 2015 à Montpellier, 1er décembre 2015 à Mauguio, 28 novembre 2015 à Montpellier, 23 novembre 2015 à Mauguio et 14 février 2016 à Baillargues. M. C demande l'annulation de la décision 48SI du ministre de l'intérieur qui lui aurait été notifiée le 9 septembre 2016, l'informant de la perte de validité de son permis de conduire, des décisions de retrait d'un point, deux points, un point, un point, un point, un point, quatre points et un point consécutives à des infractions respectivement commises les 8 janvier 2011 à Bollène, 29 mars 2012 à Saint-Nazaire, 30 octobre 2012 à Bédarrides, 3 octobre 2015 à Montpellier, 1er décembre 2015 à Mauguio, 28 novembre 2015 à Montpellier, 23 novembre 2015 à Mauguio et 14 février 2016 à Baillargues, de la décision implicite de rejet née le 4 septembre 2022 opposée à son recours gracieux, et qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui délivrer son permis de conduire en reconstituant son capital en points.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".

3. Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux dans sa rédaction alors applicable : " En cas d'absence du destinataire à l'adresse indiquée par l'expéditeur lors du passage de l'employé chargé de la distribution, le prestataire informe le destinataire que l'envoi postal est mis en instance pendant un délai de quinze jours à compter du lendemain de la présentation de l'envoi postal à son domicile ainsi que du lieu où cet envoi peut être retiré. / Au moment du retrait par le destinataire de l'envoi mis en instance, l'employé consigne sur la preuve de distribution les informations suivantes : () - la date de présentation ; / - la date de distribution ; () ". Aux termes de l'article 7 du même arrêté : " A la demande de l'expéditeur, et moyennant rémunération de ce service additionnel fixée dans les conditions générales de vente, le prestataire peut établir un avis de réception attestant de la distribution de l'envoi. Cet avis est retourné à l'expéditeur et comporte les informations suivantes : () - la date de présentation si l'envoi a fait l'objet d'une mise en instance ; - la date de distribution ; () ".

4. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé, et lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le pli référencé 2C 081 624 2281 4 contenant la décision attaquée 48SI a bien été envoyé à l'adresse que M. C avait mentionné à l'autorité administrative chargée de la gestion du permis de conduire, soit le 468, rue du 8 mai 1945 à Pont-Saint-Esprit (30130). La copie de l'avis de passage postal qui est produite en défense ne mentionne pas de date de distribution, non plus que la date du 9 septembre 2016 à laquelle, selon le ministre, il a été présenté à M. C ou ce dernier en a été avisé. Toutefois, le ministre a également produit en défense une fiche de La Poste attestant du détail de l'acheminement du pli référencé 2C 081 624 2281 4. Il y est mentionné qu'après avoir été pris en charge le 07/09/2016 par les services de La Poste, ce pli a été présenté le 09/09/2016 à l'adresse susmentionnée et qu'un avis de passage a été déposé par le facteur de Pont-Saint-Esprit. Dans ces circonstances, alors que le requérant n'établit pas qu'il aurait été dans l'impossibilité de réclamer le courrier qui lui a été présenté le 7 septembre 2016, cette attestation postale est de nature à justifier de la notification régulière à M. C le 7 septembre 2016.

6. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que M. C disposait à compter de cette date du 7 septembre 2016 d'un délai de deux mois pour déférer la décision référencée 48SI au juge administratif, et que ce délai a couru tant en ce qui concerne cette décision que les décisions de retrait de points qui y sont mentionnées. La requête n'ayant été enregistrée au greffe du tribunal que le 28 septembre 2022, le ministre de l'intérieur est, dès lors, fondé à soutenir que celle-ci est tardive et donc irrecevable.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C, dirigée contre la décision 48SI par laquelle le ministre de l'intérieur a récapitulé les retraits de points dont son permis de conduire a fait l'objet les rendant ainsi opposables, l'a informé que le solde du capital de points de son permis de conduire était nul, de ce qu'il avait de ce fait perdu sa validité et lui a enjoint de restituer doit être rejetée. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet née le 4 septembre 2022 du recours gracieux de M. C, ainsi que de l'ensemble de ses conclusions aux fins d'injonction, et enfin de ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 28 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

Paule B

Le greffier,

Roger MBELANI La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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