mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | CABINET KIRMEN & LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Lefebvre, du cabinet d'avocats Kirmen et Lefebvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48SI du 26 juillet 2022 prononçant l'invalidation de son permis de conduire et lui demandant de le restituer ;
2°) d'annuler les dix-sept décisions de retrait de points qui y sont mentionnées ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les points correspondant à ces infractions et de retirer la décision 48SI ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions successives de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ;
- il n'a pas reçu lors de la constatation des infractions les informations prescrites par les article L. 223-3 et R. 223- du code de la route.
Par un mémoire, enregistré le 4 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions des 8 septembre 2021 à 14h55, 10 novembre 2021, 8 septembre 2021 à 16h06, 3 mai 2021 et 15 mai 2022 sont sans objet, de même que celles dirigées contre la décision 48SI du 26 juillet 2022, qui, dès lors que le solde en points du permis de conduire du requérant n'est pas nul, doit être regardée comme ayant été retirée de l'ordonnancement juridique ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le solde en points du permis de conduire de M. B a été réduit à zéro à la suite de diverses infractions au code de la route. Par suite, M. B demande au tribunal l'annulation de la décision 48SI du 26 juillet 2022 prononçant l'invalidation de son permis de conduire et lui demandant de le restituer, celle des dix-sept décisions de retrait de points qui y sont mentionnées, et qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui restituer les points correspondant à ces infractions et de retirer la décision 48SI.
Sur l'étendue du litige :
2. Le ministre de l'intérieur a produit en défense le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B, extrait du système national du permis de conduire, édité à la date du 3 novembre 2022. Il en résulte qu'aucun retrait de points n'y figure s'agissant des infractions commises les 8 septembre 2021 à Perthes, 10 novembre 2021 à Authon-la-Plaine et 8 septembre 2021 à Villemoisson-sur-Orge. Il en résulte encore que M. B s'est vu restituer un point le 21 août 2022 pour l'infraction commise le 12 septembre 2021 à Pontpoint, un point le 20 mars 2022 pour l'infraction commise le 3 mai 2021 à Arcueil et un point le 10 novembre 2021 pour l'infraction commise le 26 avril 2021 à Boissy-aux-Cailles. Il en résulte enfin que n'y figurent pas de mentions relatives à une décision de retrait de deux oints consécutive à une infraction du 15 mai 2022 à Amilly, ni de mentions afférentes à une décision 48SI du 26 juillet 2022, et que le permis de conduire du requérant est, à cette date, crédité de six points. Dans ces circonstances, d'une part, les conclusions du requérant en tant qu'elles sont dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infraction des 8 septembre 2021 à Perthes, 10 novembre 2021 à Authon-la-Plaine, 8 septembre 2021 à Villemoisson-sur Orge, 12 septembre 2021 à Pontpoint, 3 mai 2021 à Arcueil et 26 avril 2021 à Boissy-aux-Cailles dessus mentionnées, sont irrecevables. D'autre part, alors que la décision de retrait de deux points consécutive à une infraction du 15 mai 2022 à Amilly et la décision 48SI du 26 juillet 2022 doivent être regardées comme ayant été retirées de l'ordonnancement juridique, il y n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions du requérant en tant qu'elles sont dirigées contre ces décisions, non plus que, par suite, sur les conclusions en injonction en découlant.
Sur les conclusions à fin d'annulation concernant les décisions prononçant des pertes de points à la suite des infractions des 11 août 2020 à Perthes, 21 août 2020 à
Saint-Germain-les-Arpajon, 13 août 2020 à Montgeron, 24 octobre 2020 à Engenville, 7 février 2020 à Villemoison-sur-Orge, 8 septembre 2020 à Ablis, 3 août 2020 à Perthes, 17 février 2021 à Perthes, 31 mars 2021 à L'Hay-les-Roses et 3 mars 2020 à Massy :
En ce qui concerne l'absence de notification des retraits de points :
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Ainsi, le moyen du requérant tiré de ce que la preuve de la notification des retraits de points n'est pas rapportée par l'administration est inopérant.
En ce qui concerne l'absence de réalité des infractions :
4. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral du requérant, que des amendes forfaitaires ont été acquittées s'agissant des infractions des 11 août 2020 à Perthes, 21 août 2020 à Saint-Germain-les-Arpajon, 13 août 2020 à Montgeron, 24 octobre 2020 à Engenville, 8 septembre 2020 à Ablis, 3 août 2020 à Perthes, 17 février 2021 à Perthes et 31 mars 2021 à L'Hay-les-Roses, et que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis s'agissant des infractions des 7 février 2020 à Villemoison-sur-Orge et 3 mars 2020 à Massy. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les énonciations du relevé d'information intégral et n'établit pas, ni n'allègue, que les titres exécutoires auraient été annulés à la suite de réclamations formées devant l'officier du ministère public. Par suite, la réalité des infractions en litige est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
6. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant des infractions des 11 août 2020 à Perthes, 21 août 2020 à
Saint-Germain-les-Arpajon, 13 août 2020 à Montgeron, 24 octobre 2020 à Engenville, 8 septembre 2020 à Ablis, 3 août 2020 à Perthes, 17 février 2021 à Perthes et 31 mars 2021 à L'Hay-les-Roses :
7. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction au code de la route constatée par un radar automatique ou un procès-verbal électronique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet. Il ressort du relevé d'information intégral du requérant qu'il a payé les amendes forfaitaires dues à raison des infractions commises les 11 août 2020 à Perthes, 21 août 2020 à Saint-Germain-les-Arpajon, 13 août 2020 à Montgeron, 24 octobre 2020 à Engenville, 8 septembre 2020 à Ablis, 3 août 2020 à Perthes, 17 février 2021 à Perthes et 31 mars 2021 à L'Hay-les-Roses. Le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, avoir été destinataire d'avis de contravention inexacts ou incomplets. Par suite, les retraits de points relatifs à ces infractions sont intervenus selon une procédure régulière.
S'agissant des infractions des 7 février 2020 à Villemoison-sur-Orge et 3 mars 2020 à Massy :
8. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même qu'elles ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration était revêtu des mentions qui permettaient au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et qui portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Il en va autrement si le contrevenant, qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.
9. En l'espèce, pour les infractions des 7 février 2020 à Villemoison-sur-Orge et 3 mars 2020 à Massy, constatées par radar automatique, qui ont donné lieu à des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée, le ministre de l'intérieur produit des attestations du comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé, datées du 27 octobre 2022, selon lesquelles l'intéressé s'est acquitté des sommes dues à la suite de l'émission de ces titres, aux dates respectives des 11 décembre 2020 et 23 août 2021. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les mentions du relevé d'information intégral et les attestations du comptable public et notamment que le paiement des amendes forfaitaires majorées serait intervenu par la voie du recouvrement forcé. Dans ces conditions, les retraits de points opérés à raison de ces infractions doivent être regardés comme étant intervenus selon une procédure régulière.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du ministre de l'intérieur prononçant les pertes de points de son permis de conduire à la suite des infractions des 11 août 2020 à Perthes, 21 août 2020 à Saint-Germain-les-Arpajon, 13 août 2020 à Montgeron, 24 octobre 2020 à Engenville, 7 février 2020 à
Villemoison-sur-Orge, 8 septembre 2020 à Ablis, 3 août 2020 à Perthes, 17 février 2021 à Perthes, 31 mars 2021 à L'Hay-les-Roses et 3 mars 2020 à Massy. Il y a lieu, par suite de rejeter les conclusions en injonction en découlant.
Sur les frais liés au litige :
11. Il n'y a pas lieu, eu égard à ce qui précède, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions en annulation de M. B en tant qu'elles sont dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 8 septembre 2021 à Perthes, 10 novembre 2021 à Authon-la-Plaine, 8 septembre 2021 à Villemoisson-sur-Orge, 12 septembre 2021 à Pontpoint, 3 mai 2021 à Arcueil et 26 avril 2021 à Boissy-aux-Cailles sont irrecevables, de même, par suite, que les conclusions en injonction qui s'y rapportent.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation de M. B en tant qu'elles sont dirigées contre la décision de retrait de deux points consécutive à une infraction du 15 mai 2022 à Amilly et contre la décision 48SI du 26 juillet 2022, non plus, par suite, que sur les conclusions en injonction en découlant.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 28 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Paule A
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026