vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2203469 enregistrée le 4 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Mazardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le maire de la commune d'Amilly a procédé à son changement d'affectation dans l'intérêt du service ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Amilly une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 2 août 2022 qui le nomme sur l'emploi de chargé d'expositions fait grief, donc est susceptible de recours, dès lors qu'il le reclasse sur un emploi inférieur au précédent, réduit ses responsabilités et abaisse sa rémunération ;
- il est entaché d'incompétence de son signataire dont la signature fait défaut ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que la mutation est intervenue pour des raisons disciplinaires et caractérise une sanction déguisée ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de la commune dès lors que la mutation qui s'accompagne de la perte de toute fonction d'encadrement ne répond aucunement aux besoins du service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, la commune d'Amilly, représentée par la Selarl Casadei-Jung, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 août 2022 à la suite de son retrait devenu définitif par l'arrêté du 4 novembre 2022 lui substituant une décision de portée équivalente.
Par ordonnance du 3 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 2 février 2024.
II. Par une requête n° 2204504 enregistrée le 20 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Mazardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2022 par lequel le maire de la commune d'Amilly a procédé à son changement d'affectation dans l'intérêt du service ;
2 ) de mettre à la charge de la commune d'Amilly une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 4 novembre 2022 qui le nomme sur l'emploi de chargé d'expositions fait grief, donc est susceptible de recours, dès lors qu'il le reclasse sur un emploi inférieur au précédent, réduit ses responsabilités et abaisse sa rémunération ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que la mutation est intervenue pour des raisons disciplinaires et caractérise une sanction déguisée ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de la commune dès lors que la mutation qui s'accompagne de la perte de toute fonction d'encadrement ne répond aucunement aux besoins du service.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2024, la commune d'Amilly, représentée par la Selarl Casadei-Jung, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2024.
Dans les deux instances, M. B A a déposé un mémoire le 17 juin 2024, et la commune d'Amilly a déposé un mémoire le 18 juin 2024, postérieurement aux clôtures des instructions respectivement intervenues le 2 février 2024 et le 1er mars 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Keiflin,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de Me Mazardo, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, rédacteur principal de 1ère classe titulaire, exerçait les fonctions de responsable du service vie culturelle, relations européennes et communication au sein de la commune d'Amilly (Loiret). Le 28 mars 2022, une agente placée sous son autorité a fait un signalement sur des faits de harcèlement moral et sexuel qu'il aurait commis à son encontre et a demandé un changement de service. Par arrêté du 31 mars 2022, M. A a été suspendu de ses fonctions à compter de cette même date au motif d'agissements constitutifs d'une faute grave. Par courrier du 22 avril 2022, il a été informé de l'engagement d'une enquête administrative diligentée à son encontre suite au signalement. Par courrier du 20 juillet 2022, M. A a été informé de la décision de son employeur de procéder à son changement d'affectation sur l'emploi de chargé d'expositions au centre d'art contemporain des Tanneries avant d'être informé du retrait de cette décision par courrier du 28 juillet 2022. Par un premier arrêté, en date du 2 août 2022, la commune d'Amilly a affecté M. A sur ce même emploi à compter du 6 août 2022 dans l'intérêt du service. Par une requête enregistrée le 4 octobre 2022 sous le numéro 2203469, M. A a demandé au tribunal l'annulation de cet arrêté au motif notamment de l'incompétence de son signataire. Compte tenu de cette incompétence, la commune d'Amilly a décidé de prendre un nouvel arrêté le 4 novembre 2022 l'affectant sur le même emploi. Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, sous le numéro 2204504, M. A a demandé au tribunal l'annulation de ce second arrêté.
2. Les deux requêtes susvisées présentant à juger des situations liées et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 4 novembre 2023. En premier lieu, si l'administration a le pouvoir de gérer les affectations de ses fonctionnaires en fonction des besoins du service, un changement d'affectation d'office revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
4. Il ressort des pièces du dossier que la mesure de changement d'affectation prise à l'encontre de M. A est intervenue suite à un signalement en mars 2022 par une agente placée sous son autorité, avec laquelle il est constant qu'il a eu une relation amoureuse en 2018, pour des faits de harcèlement moral et sexuel commis par celui-ci à son encontre. Il ressort des pièces du dossier notamment du rapport d'enquête administrative que M. A, qui a reconnu le caractère " obsessionnel " de ses comportements envers cette agente, a fait preuve, en qualité de supérieur hiérarchique, d'un comportement managérial inapproprié, a manqué de transparence sur la situation conflictuelle qui a été signalée auprès de la hiérarchie par cette agente ainsi que d'un débordement affectif non maîtrisé dans le cadre professionnel. Dans ces conditions, les agissements de M. A étaient de nature à nuire au bon fonctionnement du service et cette seule circonstance justifiait dès lors son affectation à d'autres fonctions dans l'intérêt même du service. Contrairement à ce que le requérant soutient, la circonstance que la décision de changement d'affectation soit intervenue pendant qu'il était placé en congé maladie n'est pas de nature à démontrer une intention de la commune de lui nuire. Dès lors, bien qu'elle entraîne une perte de ses fonctions d'encadrement et une baisse de son régime indemnitaire, la décision de changement d'affectation en litige a été prise dans l'intérêt du service et ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée. Dès lors, le moyen doit être écarté.
5. En second lieu, si M. A se prévaut de son professionnalisme, de ses évaluations professionnelles positives et du soutien dont il bénéficie de la part des agents placés sous son autorité, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, ces éléments ne sont pas de nature à établir que la décision de changement d'affectation en litige, prise dans l'intérêt du service, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, le moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 novembre 2022 doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté du 2 août 2027. Il résulte de ce qui vient d'être dit et compte tenu de son retrait par l'arrêté du 4 novembre 2022, qu'il n'y a pas lieu de statuer sur l'arrêté du 2 août 2022.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Amilly, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Amilly présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 2203469.
Article 2 : La requête n° 2204504 de M. A est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Amilly au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune d'Amilly.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
Mme Keiflin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
Laura KEIFLIN
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
Le greffier,
Vincent DUNET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2203469
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026