mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP MADRID-CABEZO MADRID-FOUSSEREAU MADRID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 octobre 2022 et le 6 mars 2023, Mme E B, épouse C, représentée par Me Madrid, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé sur sa demande du 25 juin 2021, ensemble la décision expresse du 5 août 2022 faisant suite à son recours gracieux, refusant la délivrance d'un certificat de résidence algérien à son neveu, M. D B ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre principal, de délivrer à son neveu, M. D B, un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, à titre subsidiaire, d'en réexaminer la situation et dans l'attente, dès l'intervention du jugement à intervenir, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2023, M. D B, devenu majeur, représenté par Me Madrid, déclare reprendre à son compte la requête introduite par sa tante, Mme B, épouse C.
Il soutient que :
- la décision du 5 août 2022 est insuffisamment motivée en fait au regard de sa situation personnelle ;
- alors qu'il a présenté une demande de certificat de résidence en application du titre IV du protocole annexé à l'accord franco-algérien et non une demande d'admission exceptionnelle au séjour, le refus implicite opposé est entaché d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen particulier ;
- la préfète a omis d'instruire sa demande de certificat de résidence alors qu'elle en avait l'obligation ;
- il remplissait les conditions pour obtenir la délivrance d'un certificat de résidence ;
- le refus express qui lui a été opposé par la décision du 5 août 2022 est entaché d'un défaut de base légale et d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a pas présenté de demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
- les refus opposés sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- le refus de délivrance d'un certificat de résidence méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande d'admission au séjour présentée le 30 décembre 2021 l'a été pour le compte de M. B, alors mineur, lequel ne justifie en outre d'aucune considération humanitaire ni d'aucun motif exceptionnel ;
- la décision du 5 août 2022 a pour seul objet de répondre à cette demande du 30 décembre 2021 ;
- les motifs tirés de l'absence de déclaration relative à l'exercice d'une activité professionnelle et de l'absence de motif exceptionnel ou de considération humanitaire devront être substitués aux motifs tirés de l'entrée irrégulière de l'intéressé sur le territoire français et de sa minorité comme fondement du rejet opposé à la demande de certificat de résidence ;
- le requérant ne remplit pas les conditions du dernier alinéa du titre IV du protocole annexé à l'accord franco-algérien dès lors que le contrat d'apprentissage produit n'est pas revêtu du visa d'un centre de formation d'apprentis et qu'il n'établit pas avoir été admis à poursuivre un tel apprentissage à compter du 1er septembre 2021 ;
- le moyen tiré de la méconnaissance l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- et les observations de Me Madrid, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M D B, ressortissant algérien né le 4 juin 2005, a été recueilli par sa tante, Mme B, épouse C, par un acte légal du 27 mai 2014 et serait entré sur le territoire français le 22 août 2018 muni de son passeport revêtu d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles. Il a été scolarisé dès la rentrée scolaire 2018/2019 en classe de 5ème allophone, puis l'année suivante, en classe de 4ème allophone, puis en classe de 3ème. Le 17 juin 2020, Mme B a déposé, pour le compte de son neveu, une demande de document de circulation pour étranger mineur (A), rejetée par décision du 12 octobre 2021 au motif que M. B ne remplissait pas les conditions pour l'obtenir. Inscrit en 1ère année de CAP métallier au lycée Marguerite Audoux à Gien au titre de l'année scolaire 2021-2022, puis en 2ème année au titre de l'année 2022-2023, M. B a conclu, le 4 juin 2021, un contrat d'apprentissage avec un garage en vue d'une formation en alternance de peintre en carrosserie devant débuter le 1er septembre 2021. Afin de permettre à son neveu de suivre cette formation, Mme B a déposé par l'intermédiaire de son conseil, le 25 juin 2021, une demande de certificat de résidence en application du titre IV du protocole annexé à l'accord franco -algérien. Il ne lui a pas été répondu, ce qui a fait naître à l'expiration d'un délai de 4 mois une décision implicite de rejet de sa demande. Le 24 janvier 2022, Mme B a déposé, pour le compte de son neveu, une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par décision du 5 août 2022, la préfète du Loiret a rejeté cette demande. M. B, devenu majeur, demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de certificat de résidence, ensemble la décision du 5 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande de certificat de résidence en date du 25 juin 2021
2. Aux termes du titre IV du protocole annexé à l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 : " (). Les ressortissants algériens âgés de seize à dix-huit ans qui déclarent vouloir exercer une activité professionnelle salariée reçoivent de plein droit un certificat de résidence : d'une validité d'un an, lorsqu'ils ont été autorisés à séjourner en France au titre du regroupement familial et que l'un au moins de leurs parents est titulaire d'un certificat de résidence de même durée ;/ d'une durée de validité de dix ans lorsqu'ils remplissent les conditions prévues à l'article 7 bis, 4ème alinéa./Ils peuvent, dans les autres cas, solliciter un certificat de résidence valable un an. ".
3. Le requérant soutient que le refus implicite opposé sur la demande de certificat de résidence présentée par sa tante pour son compte alors qu'il était mineur, est entaché d'un défaut d'examen approfondi. Il ressort des pièces du dossier que cette demande de certificat de résidence a été enregistrée en préfecture le 29 juin 2021. L'absence de réponse, à l'issue d'un délai de 4 mois, a fait naitre une décision implicite de rejet de cette demande. Il n'apparaît pas, malgré les demandes réitérées du conseil de la requérante, que la préfète du Loiret aurait procédé à l'examen de cette demande. En outre, saisie d'une demande de communication des motifs de ce refus implicite, la préfète s'est bornée à adresser à la tante du jeune homme, le 9 août 2022, une décision du 5 août 2022 rejetant la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 24 janvier 2022 pour le compte de M. B, au motif de la minorité de celui-ci. Par suite, le refus implicite opposé par la préfète du Loiret sur la demande de certificat de résidence présentée pour le compte de M. B est entaché d'un défaut d'examen de cette demande et doit donc être annulé.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande de certificat de résidence en date du 25 juin 2021 doit être annulée.
En ce qui concerne la décision du 5 août 2025. Le requérant demande l'annulation de cette décision du 5 août 2022, arguant de ce que celle-ci est intervenue en réponse à sa demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet de sa demande de certificat de résidence, dans la suite de son recours gracieux du 8 décembre 2021, resté dans réponse. Il ressort cependant des pièces du dossier, qu'ainsi que le fait valoir la préfète dans ses écritures en défense, une demande d'admission exceptionnelle au séjour, enregistrée en préfecture le 24 janvier 2022, a été présentée pour son compte par sa tante. Or, à la date d'intervention de la décision préfectorale du 5 août 2022, laquelle rejette expressément cette demande d'admission exceptionnelle au séjour, M. B était encore mineur et ne pouvait se voir délivrer un titre de séjour. Par suite, c'est sans erreur de droit que la préfète du Loiret, qui ne s'est prononcée que sur cette seule demande, lui a opposé un refus, au motif de la minorité de M. B. Dès lors, les moyens tirés du défaut de base légale de la décision du 5 août 2023, du défaut d'examen approfondi de la demande, de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la préfète et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention européenne des droits de l'enfant doivent être écartés comme inopérants.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 août 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Lorsque l'exécution d'un jugement ou d'un arrêt implique normalement, eu égard aux motifs de ce jugement ou de cet arrêt, l'intervention d'une mesure dans un sens déterminé, il appartient au juge, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions, en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.
8. Le motif retenu pour prononcer l'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de délivrance d'un certificat de résidence fondé sur le titre IV du protocole annexé à l'accord franco-algérien implique, au regard de la situation du requérant à la date du présent jugement, lequel est désormais majeur, qu'il soit enjoint à la préfète du Loiret de procéder à un nouvel examen de l'ensemble de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle la préfète du Loiret a rejeté la demande de délivrance d'un certificat de résidence à M. D B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de procéder à l'examen de l'ensemble de la situation de M. B et de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète du Loiret.
Copie en sera adressée à Me Madrid
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026