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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2203521

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2203521

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2203521
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantHERVOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 7 octobre 2022 et 6 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Konate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2022 par lequel la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, de réexaminer sa situation administrative sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistrée le 30 mai 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Guével a été entendu au cours de l'audience publique où les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 16 août 1989, de nationalité tunisienne, déclare être entré en France le 16 septembre 2020. Sous le coup de deux décisions d'obligation de quitter le territoire français prononcées à son encontre par le préfet des Bouches-du-Rhône et la préfète du Loiret, il s'est soustrait à leur exécution. Il fut interpellé par les services de la police aux frontières pour des faits d'usage et détention de faux document administratif. Par un arrêté du 6 octobre 2022, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Christophe Carol, secrétaire général adjoint de la préfecture du Loiret, qui, aux termes de l'article 1er de l'arrêté n° 45-2021-07-27-00002 du 27 juillet 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 45-2021-197 et mis en ligne sur le site de la préfecture, a reçu de la préfète du Loiret délégation à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Benoît Lemaire, secrétaire général, les actes et décisions relevant de la compétence de l'Etat dans le département, au nombre desquelles figurent l'arrêté attaqué et les décisions distinctes qu'il comporte. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C n'aurait pas été absent ou empêché à la date de l'arrêté contesté. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. L'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est dès lors suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B déclare être entré en France le 16 septembre 2020, soit récemment à la date de l'arrêté en litige, et exercer une activité salariée de façadier. Il est célibataire et sans charge de famille et ne justifie pas d'une intégration particulière à défaut d'établir entretenir des relations anciennes, intenses et stables sur le territoire français. Il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu plus de trente années. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. Pour les motifs exposés au point 5, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit aussi être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2022 par lequel la préfète du Loiret a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. Le présent jugement qui rejette les conclusions en annulation présentées par le requérant n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'il présente doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais du litige :

9. Le requérant étant, dans la présente instance, la partie perdante, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guével, président,

Mme Hélène Defranc-Dousset, première conseillère,

Mme Laura Keiflin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le président rapporteur,

Benoist GUÉVEL

L'assesseure la plus ancienne,

Hélène DEFRANC-DOUSSET

Le greffier,

Benoît VESIN

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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