lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203618 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SELARL LUGUET DA COSTA |
Vu la procédure suivante :
D une requête enregistrée le 3 octobre 2022, M. B A, représenté D Me Montagnier, demande au tribunal, sur le fondement de l'article R. 771-2-1 du code de justice administrative, de statuer sur la question préjudicielle tirée de son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 30 novembre 2017 et de mettre à la charge de Pôle Emploi la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été recruté D un établissement bancaire le 29 mars 2011 et son contrat rompu le 23 novembre 2017 ; il a entamé des démarches pour demander le renouvellement de son titre de séjour ; il a demandé son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi le 30 novembre 2017, mais sa demande n'a pu aboutir en l'absence de titre de séjour ; il a effectué plusieurs démarches auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis en 2017 avec l'aide de son employeur, puis auprès de la préfecture du Loiret après son déménagement dans ce département ; il n'a pu obtenir un rendez-vous que le 12 avril 2018 ; le 28 janvier 2019, la préfecture du Loiret a sollicité des pièces complémentaires ; un nouveau refus de Pôle Emploi lui était opposé le 27 avril 2019 et ce n'est que le 3 avril 2019 qu'il a été mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour ; un titre de séjour mention " vie privée et familiale " lui a été délivré le 21 juin 2019 ; D une décision du 25 juin 2019, Pôle Emploi a refusé son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi pour le motif tiré de ce que sa demande a été présentée plus de douze mois suivant la fin du contrat de travail ;
- Pôle Emploi ignore les démarches effectuées depuis 2017 ; les délais de traitement pris D l'administration préfectorale ne sauraient lui être imputables, ainsi que le précise le jugement du tribunal judiciaire.
D un mémoire enregistré le 4 novembre 2022, Pôle Emploi Centre-Val de Loire, représenté D Me Da Costa, a présenté des observations et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Da Costa, représentant Pôle Emploi Centre-Val de Loire.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté le 29 mars 2011 D la banque nationale de Paris en qualité d'attaché de direction et son contrat a été interrompu le 23 novembre 2017. Le requérant soutient avoir présenté une demande d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi dès le 30 novembre 2017, qui a été rejetée en raison de l'absence de titre de séjour en cours de validité. D une décision du 25 juin 2019, Pôle Emploi lui a refusé le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi. Cette décision est motivée D la circonstance qu'un délai supérieur au délai de douze mois institué D le règlement général annexé à la convention d'assurance chômage sépare la fin du contrat de travail et l'inscription du requérant sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 29 mai 2019.
2. D un jugement du 2 juin 2022 afférent à une instance opposant M. A à Pôle Emploi, le tribunal judiciaire de Montargis a prononcé un sursis à statuer, en application de l'article 49 du code de procédure civile, et invité la partie la plus diligente à saisir le tribunal administratif de la question préjudicielle portant sur l'inscription rétroactive de M. A sur la liste des demandeurs d'emploi. Aux termes de l'article R. 771-2-1 du code de justice administrative : " Lorsque la juridiction administrative compétente est saisie d'une question préjudicielle soulevée D une juridiction judiciaire, l'affaire est instruite et jugée comme une affaire urgente. Les délais les plus brefs sont donnés aux parties pour produire leurs observations. () ".
3. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi. ". Aux termes de l'article L. 5411-4 du même code : " Lors de l'inscription d'une personne étrangère sur la liste des demandeurs d'emplois, Pôle emploi vérifie la validité de ses titres de séjour et de travail ".
4. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que M. A avait, ainsi qu'il le soutient, sollicité le renouvellement d'un titre de séjour détenu antérieurement à la décision de rupture du contrat de travail. Les mentions non contredites du jugement du tribunal administratif de Montpellier n° 1705386 du 19 décembre 2017, devenu définitif, précisent que M. A a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité d'étudiant, le dernier expirant en 2009 et que lors de son interpellation, le 12 novembre 2017 D les services de la police aux frontières en gare de Perpignan, soit postérieurement à la fin du contrat de travail, il était en possession d'une carte de séjour et d'un certificat de nationalité française falsifiés.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la demande présentée en 2017 auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis ne peut être regardée comme une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 19 décembre 2017, qui annule la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. A D le préfet des Pyrénées Orientales, n'a pas enjoint à l'autorité administrative de délivrer un titre de séjour au requérant. Le requérant ne fournit aucun motif de son déménagement dans le Loiret en 2018 et, D voie de conséquence, de l'arrêt de la procédure entreprise auprès des services de la préfecture de Seine-Saint-Denis.
6. Il résulte de l'instruction que la nouvelle demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " a été présentée D M. A le 12 avril 2018 devant les services de la préfecture du Loiret. Aux termes de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé D l'autorité administrative sur une demande de titre séjour fait naître une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre mois. Il résulte également de l'instruction que la préfecture du Loiret a notifié le 28 janvier 2019 une demande d'informations complémentaires, nécessaires à l'instruction de la demande de titre de séjour, au domicile déclaré de M. A, à laquelle celui-ci n'a répondu que le 21 février 2019. Le 18 avril 2019, un récépissé de demande de titre de séjour a été délivré à M. A et le 21 juin 2019 une carte de séjour mention " vie privée et familiale ", dont la date de validité débute le 4 avril 2019.
7. Il ne résulte D suite pas de l'instruction que le délai mis D les autorités préfectorales pour délivrer un titre de séjour à M. A pourrait être regardé comme un motif légitime justifiant l'inscription du requérant sur la liste des demandeurs d'emploi antérieurement à la date du 29 mai 2019 figurant sur la décision de Pôle Emploi du 25 juin 2019. Il y a lieu D suite de déclarer que l'illégalité du refus d'inscription du requérant sur la liste des demandeurs d'emploi à la date du 30 novembre 2017 n'est pas établie.
En ce qui concerne les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser les frais exposés et non compris dans les dépens à la charge de chacune des parties.
D E C I D E :
Article 1er : Il est déclaré que l'illégalité du refus d'inscription de M. A sur la liste des demandeurs d'emploi à la date du 30 novembre 2017 n'est pas établie.
Article 2 : Les conclusions présentées D M. A et D Pôle Emploi Centre-Val de Loire sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B A et à Pôle Emploi Centre-Val de Loire.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc C
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026