lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203684 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP GIBIER FESTIVI RIVIERRE GUEPIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 5 et 12 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Le Roy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure du président du conseil départemental d'Eure-et-Loir en date du 22 mars 2022 de cesser l'occupation irrégulière du domaine public départemental et de réaliser sous trois mois les travaux nécessaires à cet effet ;
2°) de mettre à la charge dudit département la somme de 2.000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la mise en demeure est illégale au motif que :
- elle n'est pas motivée en droit comme en fait ;
- la délibération tendant à la construction de trottoirs et murets au droit de sa propriété ne présente pas un caractère exécutoire dès lors qu'elle n'a ni été publiée ni affichée en méconnaissance des articles L. 3131-1 et suivants du code général des collectivités territoriales et n'a pas été transmise au préfet pour qu'il puisse exercer son contrôle de légalité ;
- la commune a commencé à exécuter des travaux de construction des trottoirs au mois de mars 2023, lesquels empiètent sur sa propriété ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir car la création de trottoirs aura pour effet la destruction des talus et crée un risque d'éboulement.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 22 septembre 2023, le département d'Eure-et-Loir, représenté par Me Gibier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A la somme de 2.500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés au motif que :
- une partie des murets de Mme A empiète sur le domaine public départemental ainsi qu'il ressort du plan de bornage réalisé le 11 mars 2021 ;
- l'acte contesté est motivé en fait car se il rapporte à la réalisation de trottoirs pour sécuriser les cheminements piétons comme en droit car il fait référence au plan d'alignement de la RD 7/2 du 22 octobre 1852 relatif aux aménagements en saillie sur la voie publique ;
- le moyen tiré du défaut de publicité de la délibération approuvant la réalisation des trottoirs qui constitue un acte règlementaire est inopérant car celle-ci a été publiée le 13 mars 2020 et transmise au préfet le 20 mai 2020 ;
- le département respecte la limite de propriété fixée par le plan général d'alignement et Mme A occupe irrégulièrement car sans titre le domaine public qui est imprescriptible en vertu de l'article L. 3111-1 du code général de la propriété des personnes publiques ;
- la réalisation des trottoirs est fondée sur un motif d'intérêt général qu'est la sécurisation des piétons.
Par une ordonnance du 18 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 septembre 2023 à 12 heures.
Par une ordonnance du 25 septembre 2023, l'instruction a été rouverte jusqu'au 20 octobre 2023 à 12 heures en application des articles R. 613-1 et R. 613-4 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le président du conseil départemental d'Eure-et-Loir a mis en demeure Mme A, propriétaire d'un immeuble situé au 48, rue de Chartres à Voise (28700), par courrier en date du 22 mars 2022 de faire cesser l'occupation irrégulière du domaine public départemental qui perdurerait en dépit de la demande en ce sens qui lui avait été précédemment adressée le 16 mars 2021 et de réaliser les travaux sous trois mois sous peine de procès-verbal. Mme A a introduit un recours gracieux le 20 juin 2022 qui a été rejeté par décision expresse du 10 août 2022. Mme A demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ().
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public. ". Aux termes de l'article L. 2111-14 du même code : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. ". Selon l'article L. 111-1 du code de la voirie routière : " Le domaine public routier comprend l'ensemble des biens du domaine public de l'Etat, des départements et des communes affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l'exception des voies ferrées. ".
4. En troisième lieu, selon l'article L. 2332-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " I. - Sont portés devant la juridiction judiciaire les litiges relatifs à la répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier, conformément à l'article L. 116-1 du code de la voirie routière. () ".
5. Selon l'article L. 116-1 du code de la voirie routière : " La répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier est poursuivie devant la juridiction judiciaire sous réserve des questions préjudicielles relevant de la compétence de la juridiction administrative. ". Le juge judiciaire est ainsi compétent, en vertu de ces dispositions, pour réprimer les infractions à la police de la conservation du domaine public routier. Sa compétence concerne l'ensemble des cas dans lesquels une contravention à la police de la conservation du domaine public est constituée, que cette contravention ait été poursuivie ou non.
6. L'article L. 116-2 du même code dispose : " Sans préjudice de la compétence reconnue à cet effet à d'autres fonctionnaires et agents par les lois et règlements en vigueur, peuvent constater les infractions à la police de la conservation du domaine public routier et établir les procès-verbaux concernant ces infractions : 1° Sur les voies de toutes catégories, les agents de police municipale, les gardes champêtres des communes et les gardes particuliers assermentés ; ()/ Les procès-verbaux dressés en matière de voirie font foi jusqu'à preuve contraire. ". L'article L. 116-6 précise : " L'action en réparation de l'atteinte portée au domaine public routier, notamment celle tendant à l'enlèvement des ouvrages faits, est imprescriptible. () ". L'article L. 116-7 du même code prévoit : " La juridiction saisie d'une infraction à la police de la conservation du domaine public routier peut ordonner l'arrêt immédiat des travaux dont la poursuite serait de nature à porter atteinte à l'intégrité de la voie publique ou de ses dépendances ou à aggraver l'atteinte déjà portée./ La décision est exécutoire sur minute nonobstant opposition ou appel. L'administration prend toutes mesures nécessaires pour en assurer l'application immédiate ".
7. Les dispositions précitées du code de la voirie routière font dépendre l'exécution des mesures de remise en l'état du domaine public routier de l'accomplissement régulier d'une procédure juridictionnelle préalable et d'une condamnation à cette fin par le juge judiciaire. L'occupant du domaine public routier ne peut être contraint à le remettre en état qu'à la suite d'une condamnation prononcée par le juge judiciaire à l'issue de la procédure de contravention de voirie routière.
8. Une mise en demeure de procéder à la remise en état adressée par l'administration à l'occupant du domaine public routier avant l'engagement d'une procédure de contravention de voirie routière, qui est détachable de cette dernière, constitue un acte dépourvu d'effets juridiques propres qui ne présente pas le caractère d'une décision susceptible de recours. Il s'ensuit que la mise en demeure contestée n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours en annulation, de même que le rejet opposé au recours gracieux introduit par Mme A. La requête est ainsi manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1, 4° du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département d'Eure-et-Loir, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions également présentées par ledit département au titre de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département d'Eure-et-Loir au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au département d'Eure-et-Loir
Fait à Orléans, le 14 octobre 2024.
Le président de la 5e chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026