lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 7 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Batôt, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution des arrêtés des 11 et 16 mai 2022 par lesquels le maire de la commune de Chatillon-Coligny a mis fin à son congé d'invalidité temporaire imputable au service et l'a placée en congé maladie ordinaire à compter du 4 mai 2022, ensemble la décision du 7 septembre 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chatillon-Coligny une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- agent technique territoriale titulaire au sein de la commune de Chatillon-Coligny, elle a été victime d'un accident de trajet le 28 janvier 2020 et a été placée en congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à partir du 29 janvier 2020, renouvelé jusque, initialement, le 11 février 2022 puis jusqu'au 4 mai 2022 ; le 4 mai 2022, le conseil médical réuni en formation plénière a conclu à une guérison de l'accident de service au 3 mai 2022 et la commune, appliquant cet avis, par arrêtés des 11 et 16 mai 2022, l'a placée en congé maladie ordinaire à compter de cette date ; son recours gracieux formé le 7 juillet 2022 a été rejeté le 7 septembre 2022 ;
- l'urgence est justifiée car du fait de son placement en congé maladie ordinaire à compter du 4 mai 2022 elle ne perçoit plus, depuis le 4 août, qu'un demi-traitement et elle est passée d'une rémunération mensuelle nette de 1 433,64 euros à 742,02 euros alors qu'elle vit seule, et n'a d'autres revenus que sa rémunération et fait face à de nombreuses charges mensuelles classiques à hauteur totale de 1 010,60 euros sans compter les dépenses en alimentation et les décisions en litige portent donc une atteinte grave à sa situation financière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées qui sont entachées d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation car il résulte des dispositions des articles L. 822-21 et L. 822-22 du code général de la fonction publique qu'un agent en incapacité temporaire de travail à cause d'un accident reconnu imputable au service, ne peut voir son congé pour accident de service prendre fin que s'il apparaît qu'il est de nouveau apte à la reprise du service, soit parce qu'il est considéré comme guéri de la pathologie causée par l'accident et si l'administration peut rejeter l'imputabilité au service d'un accident en raison de l'existence de ce que l'état d'inaptitude de l'agent est en réalité dû à une autre pathologie que celle causée par l'accident, c'est uniquement si cette autre pathologie est l'unique cause de l'état de l'agent : le seul lien, même non exclusif, avec le service, rend l'état de l'agent imputable au service ; c'est à l'autorité territoriale seule, et non au conseil médical, qu'il appartient, au vu des différents éléments médicaux (avis des conseils médicaux, certificats médicaux, expertises médicales, rapports médicaux), de déterminer si ces critères sont remplis et d'acter ou non de l'imputabilité au service de l'état de santé de l'agent ; en l'espèce, si le conseil médical départemental a estimé, dans son avis du 4 mai 2022, que l'accident de service était guéri, l'expertise en date du 20 janvier 2022 confirmait que les douleurs issues de l'accident (côtes côté gauche) étaient persistantes depuis celui-ci, sans qu'il n'existe d'antécédent ou de maladie préalable pouvant l'expliquer et étaient bien toujours en lien avec l'accident, qui n'était donc pas guéri, et constatait l'absence de possibilité de date de reprise, ou de date de consolidation, la douleur continuant d'évoluer ; en estimant que l'accident de service était guéri, le conseil médical puis le maire se sont mépris sur les conclusions de l'expertise, quand bien même l'expert a donné, de façon incohérente, un avis défavorable au maintien de l'accident de service ; le rhumatologue qui est intervenu devant le conseil médical départemental a contredit la position de l'expert de même qu'un médecin généraliste, qui a conclu le 23 mars 2022 à un lien direct entre son état de santé et l'accident ; elle est d'ailleurs toujours arrêtée pour les mêmes motifs médicaux que durant son CITIS, à savoir " lésion hémitorax gauche et épaule gauche " et il n'existe aucune pathologie extérieure ; en tout état de cause, l'expert qui a indiqué qu'une autre pathologie existerait, a indiqué qu'elle n'aurait fait que permettre la continuité des douleurs, liées à l'accident de service initial et par suite ses douleurs, persistantes, étant en lien, exclusif ou non, avec l'accident de service du 28 janvier 2020, elle doit être maintenue en CITIS.
Par des mémoires en défense enregistrés le 7 novembre 2022, la commune de Chatillon-Coligny, représentée par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie car d'une part Mme A, en dépit de son passage à mi-traitement, ne démontre pas qu'elle serait dans une situation financière difficilement supportable, ni que son demi-traitement constituerait ses seules ressources ; d'autre part elle n'a déposé aucune demande de reconnaissance de sa pathologie actuelle au titre du congé de longue maladie, ni saisi le conseil médical supérieur, et en n'utilisant pas les procédures ouvertes par son statut aux fins de bénéficier du maintien de son traitement, elle a, par son comportement, contribué à la situation financière prétendument délicate dans laquelle elle dit se trouver actuellement ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée car rien ne permet de dire que l'autorité territoriale, qui n'a pas accès au dossier médical de l'agent, se serait manifestement méprise sur les termes des conclusions administratives transmises par le médecin expert, ainsi que sur l'avis, dont elle a entendu s'approprier les termes, rendu par le conseil médical, devant lequel s'est exprimé lors de sa séance du 4 mai 2022 le rhumatologue dont la requérante se prévaut ; au vu des éléments en sa possession, l'autorité territoriale à la date à laquelle elle a pris sa décision, ne les a pas inexactement appréciés en plaçant la requérante en congé de maladie ordinaire et en mettant fin à son CITIS ; les éléments produits postérieurement à cette décision ne révèlent pas davantage une erreur d'appréciation.
Vu :
- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
- la requête n° 2203691 présentée par Mme A.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 7 novembre 2022, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Batôt représentant Mme A, présente, qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens et souligné que ses charges sont supérieures à ses revenus et que la situation est appelée à s'aggraver, qu'il ne peut lui être fait grief de ne pas avoir sollicité l'octroi d'un congé longue maladie dès lors qu'elle a droit à un CITIS, que le conseil médical supérieur n'est en l'espèce pas compétent, qu'elle n'est pas guérie de l'affection ayant justifié le placement en CITIS et par suite celui-ci ne peut être que prolongé, qu'il n'y a aucune consolidation ni reprise possible et que s'il y a une autre pathologie celle-ci n'est pas la cause exclusive de son état de santé actuel ;
- et les observations de Me Rainaud, représentant la commune de Chatillon-Coligny, qui a persisté dans ses conclusions de rejet et souligné qu'en l'état du dossier l'urgence financière n'est pas suffisamment démontrée, que la requérante souffre d'une autre pathologie qui n'est pas rattachée à l'accident de trajet et ne justifie pas le placement en CITIS et que le maire, qui s'est fondé sur l'avis du conseil médical a considéré sans erreur d'appréciation que l'accident de trajet était guéri.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. Aucun des moyens analysés ci-dessus n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés des 11 et 16 mai 2022 par lesquels le maire de la commune de Chatillon-Coligny a mis fin au congé d'invalidité temporaire imputable au service de Mme A et l'a placée en congé maladie ordinaire à compter de 4 mai 2022, ensemble la décision du 7 septembre 2022 rejetant son recours gracieux.
3. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par Mme A à fin de suspension de ces décisions ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Chatillon-Coligny présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Chatillon-Coligny présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Chatillon-Coligny.
Fait à Orléans, le 14 novembre 2022.
La juge des référés,
Anne C
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026