vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203868 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022 et un mémoire, enregistré le 21 juin 2023, Mme C B, représentée par Me Bénédicte Greffard-Poisson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision a été prise sans examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- la décision est entachée d'erreurs de fait ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, la préfète du Loiret, représenté par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique où les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, née le 19 avril 1995, de nationalité marocaine, est entrée irrégulièrement en France le 21 décembre 2020. Elle déclare être en concubinage avec un ressortissant français depuis 2021 et avoir un projet de mariage. Le 12 octobre 2022, elle a été convoquée par la police aux frontières pour vérifier sa situation administrative. Ce même jour, la préfète du Loiret a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, assortie d'une décision fixant le pays de renvoi. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D E, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture du Loiret. Par un arrêté du 14 avril 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Loiret, la préfète du Loiret a donné délégation à Mme D E à l'effet de signer " les obligations de quitter le territoire français sans refus de séjour et les décisions accessoires les accompagnant ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige mentionne les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, ainsi que des éléments de faits relatifs à la situation administrative et personnelle de Mme B qui en constituent le fondement. Cet arrêté est par suite suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, Mme B soutient que la décision litigieuse méconnaît le respect du principe du contradictoire, dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure de faire connaitre de manière effective son point de vue sur la mesure d'éloignement envisagée. Cependant, il ressort du procès-verbal d'audition du 12 octobre 2022 que l'intéressée a pu présenter des observations s'agissant de sa situation personnelle, familiale et professionnelle en étant informée qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire ne peut être accueilli.
5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que la préfète du Loiret s'est livrée à un examen complet et circonstancié de la situation personnelle de Mme B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation doit être écarté.
6. En cinquième lieu, Mme B fait valoir que la préfète du Loiret a commis une erreur de fait concernant sa date d'entrée sur le territoire français ainsi que sur les dates relatives à sa vie en concubinage. Toutefois, à supposer même que ces dates soient erronées, il résulte des pièces du dossier qu'en l'espèce, l'autorité préfectorale aurait pris la même décision si elle n'avait pas commis ces erreurs vénielles qui sont par suite sans influence sur la légalité de la décision contestée.
7. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Mme B se prévaut d'être entrée sur le territoire français en décembre 2020, d'avoir intégré l'association Emmaüs où elle travaille, d'être en concubinage depuis un an avec un ressortissant français et que la mesure d'éloignement entrave le projet matrimonial du couple. Toutefois, d'une part, la requérante ne peut justifier être restée sur le territoire français de manière ininterrompue depuis décembre 2020 et présente une faible durée de séjour en France. D'autre part, elle déclare avoir quitté le Maroc à 25 ans et que toute sa famille y réside encore. En outre, elle ne produit aucun commencement de démarches quant à son projet matrimonial à l'exception d'une unique signature sur la charte des futurs époux de la ville d'Orléans. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En dernier lieu, si Mme B soutient que la décision est entachée de détournement de pouvoir en ce que l'autorité préfectorale a profité de la démarche aux fins de mariage engagée par la requérante et son fiancé pour notifier à celle-ci une mesure d'éloignement du territoire français alors qu'elle ne pensait que répondre à une demande de renseignements relative au projet de mariage, il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier de son audition du 12 octobre 2022, que la requérante avait parfaitement conscience du motif de sa convocation et que, pour les motifs exposés au point 8, les démarches déterminantes d'un projet de mariage n'avaient pas été engagées. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est entachée de détournement de pouvoir doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Benoist Guével, président rapporteur,
Mme Hélène Defranc-Dousset, première conseillère,
Mme Laura Keiflin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le président rapporteur
Benoist GUEVEL
L'assesseure la plus ancienne
Hélène DEFRANC-DOUSSET
Le greffier,
Benoit VESIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026