mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MABOUANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2022, Mme C A épouse B, représentée par Me Mabouana, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2022 par lequel la préfète d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en lieu et place de la rétribution prévue au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de certificat de résidence a été prise sur le fondement de deux avis émis par le collège de médecins de l'OFII qui se contredisent quant aux conséquences qu'un défaut de soins pourrait entraîner pour sa fille ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de l'état de santé de Soudjoud B, sa fille, qui est atteinte d'une pathologie très lourde et qui, si elle était privée de soins en Algérie, subirait des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la préfète d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
12 décembre 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A épouse B, de nationalité algérienne née le 16 juin 1991, est entrée en France le 27 novembre 2019, munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour touristique. A deux reprises, le 2 janvier et le 1er octobre 2020, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien afin d'accompagner sa fille, soignée en France. Ses demandes ont été rejetées et, le 8 février 2021, Mme B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Le 7 janvier 2022, Mme B a de nouveau sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien au titre de l'état de santé de sa fille. Par un arrêté du 11 juillet 2022, la préfète d'Indre-et-Loire a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. C'est l'arrêté attaqué.
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article () fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. ". Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".
3. Les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, qui prévoient la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au bénéfice des parents d'enfants dont l'état de santé répond aux conditions prévues par l'article L. 425-9 du même code, ne sont pas applicables aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que le préfet, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire d'appréciation, délivre à ces ressortissants un certificat de résidence pour l'accompagnement d'un enfant malade.
4. Mme B fait valoir que sa fille, née le 3 avril 2019, est atteinte d'arthrogrypose multiple sévère présente depuis la naissance, se traduisant par une nutrition entérale par gastrostomie, de nombreuses déformations, notamment au niveau des pieds, une déficience motrice sans marche possible et une limitation de la motricité fine nécessitant des équipements spécifiques et adaptés au handicap ainsi qu'un suivi orthophonique et une kinésithérapie d'entretien régulière. Elle soutient que l'état de santé de son enfant requiert qu'elle demeure en France pour bénéficier d'un traitement adéquat et que sa présence à ses côtés est indispensable. Il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui s'est prononcé le 23 juin 2022, a estimé que si l'état de santé de l'enfant mineure de Mme B nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si la requérante se prévaut de nombreux certificats médicaux établis par différents professionnels de santé qui suivent l'enfant depuis son arrivée en France, et qui attestent de la complexité de sa pathologie et de la nécessité de poursuivre une prise en charge dans un établissement de chirurgie orthopédique spécialisé, probablement sur plusieurs années, ces documents ne remettent pas en cause l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII et par la préfète, quant à l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si la requérante fait état de la contradiction entre l'avis émis le 23 décembre 2022 par le collège de l'OFII dans le cadre de sa précédente demande d'admission au séjour, qui avait indiqué que l'état de santé de l'enfant nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et celui qui a été rendu le 23 juin 2022 suivi par la préfète pour prendre l'arrêté en litige, il ressort des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux produits, que l'état de santé de la fillette s'est amélioré entre ces deux avis, en particulier en ce qui concerne la nutrition. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète d'Indre-et-Loire aurait commis une erreur dans l'appréciation de l'état de santé de sa fille en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'accompagnante d'enfant malade.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2022 de la préfète d'Indre-et-Loire doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur les fondements de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et au préfet d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Bertrand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
Valérie D
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIERLa greffière,
Martine DESSOLAS
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026