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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2204054

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204054

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2204054
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantKHITER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Kither, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2022, par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande de délivrance d'une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité ;

2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une autorisation provisoire d'exercer sa profession d'agent de sécurité privée, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'agent ayant consulté le fichier de traitement des antécédents judiciaires ;

- elle est insuffisamment motivée en fait, dès lors qu'elle ne se fonde que sur les mentions présentes dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires et ne précise pas les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui lui sont reprochés ;

- elle méconnaît l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dès lors que les faits qui lui sont reprochés sont isolés, qu'ils n'ont donné lieu qu'à un rappel à la loi et à aucune sanction pénale ou civile et que cette décision ne tient pas compte de son comportement irréprochable dans l'emploi qu'il occupe en contrat à durée déterminée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que le renouvellement de sa carte professionnelle a été accordé au requérant.

Par un courrier du 16 mai 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête, dès lors que par une décision du 20 octobre 2022, la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a fait droit au recours administratif préalable obligatoire de M. B et a renouvelé sa carte professionnelle, et que la requête contre la décision du 13 octobre 2022, introduite après la décision du 20 octobre 2022, est ainsi privée d'objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bernard ;

- et les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B s'est vu délivrer, le 8 juin 2017, une carte professionnelle d'agent de sécurité privée, valable jusqu'au 8 juin 2022, dont il a sollicité le renouvellement auprès du Conseil national des activités privées de sécurité. Après que la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest a rejeté sa demande le 29 avril 2022, l'intéressé a formé auprès de la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, un recours administratif préalable obligatoire par courrier du 12 juin 2022. Parallèlement, le 8 août 2022, M. B a saisi le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité qui, par une décision du 13 octobre 2022, a rejeté sa demande d'obtention d'une carte professionnelle. Le 20 octobre 2022, la Commission nationale d'agrément et de contrôle, statuant sur le recours administratif préalable obligatoire de M. B, y a fait droit et a décidé de renouveler la carte professionnelle de l'intéressé. Par sa requête ci-dessus analysée, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité du 13 octobre 2022.

2. La délibération du 20 octobre 2022 par laquelle la Commission nationale d'agrément et de contrôle a accueilli le recours administratif préalable obligatoire de M. B dirigé contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest du 29 avril 2022, et a renouvelé jusqu'au 27 octobre 2027 sa carte professionnelle en qualité d'agent de gardiennage ou de surveillance humaine, doit être regardée comme ayant retiré le refus opposé à sa demande par le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité par sa décision du 13 octobre 2022. Le retrait ainsi opéré ayant emporté la disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de cette dernière décision, antérieurement à l'enregistrement, le 16 novembre 2022, de la requête ci-dessus analysée, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 13 octobre 2022 et celles tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte au Conseil national des activités privées de sécurité de renouveler sa carte professionnelle sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. B demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

Mme Palis De Koninck, première conseillère,

Mme Bernard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.

La rapporteure,

Pauline BERNARD

La présidente,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Emilie DEPARDIEU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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