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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2204149

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204149

mercredi 30 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2204149
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCARROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 novembre 2022, M. A représenté par Me Carroger, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2022 par lequel la préfète du Loiret a ordonné son transfert aux autorités espagnoles ;

Il soutient qu'après son départ de Mauritanie, il est entré en France sans passer par l'Espagne et n'a jamais fait l'usage d'un visa délivré par les autorités espagnoles : l'Etat français en application de l'article 13 du règlement Dublin III est responsable de l'examen de sa demande d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2022, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.

La préfète soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu

- la décision du 21 novembre 2022 par laquelle la préfète du Loiret assigne à résidence M. A dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable trois fois ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 777-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique:

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Carroger représentant M. A et de M. A. Ce dernier fait finalement valoir qu'il est bien entré par l'Espagne en avion muni d'un passeport revêtu d'un visa des autorités espagnoles mais qu'il ne veut pas retourner en Espagne où il craint pour sa sécurité.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A né le 10 décembre 1992 à Kaedi en Mauritanie de nationalité mauritanienne est entré sur le territoire français le 17 septembre 2022 selon ses déclarations. Il a présenté une demande tendant à l'octroi de l'asile le 3 octobre 2022 et s'est vu remettre une attestation de demande d'asile selon la procédure Dublin. Il est apparu que M. A bénéficiait d'un visa en cours de validité délivré par les autorités espagnoles. Les autorités espagnoles ont été saisies le 2 novembre 2022 et ont expressément reconnu leur responsabilité dans l'examen de la demande d'asile de l'intéressé le 10 novembre 2022. Par l'arrêté attaqué du 21 novembre 2022, la préfète du Loiret a ordonné le transfert de M. A aux autorités espagnoles. Par un arrêté du même jour, la préfète du Loiret a assigné à résidence M. A pour une période de 45 jours renouvelable trois fois.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 12 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " () / 2. Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, sauf si ce visa a été délivré au nom d'un autre État membre en vertu d'un accord de représentation prévu à l'article 8 du règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (1). Dans ce cas, l'État membre représenté est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. ()

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu délivrer un visa de court séjour par les autorités espagnoles. En application des stipulations précitées du règlement 604/2013 précité, les autorités espagnoles sont responsables de l'examen de sa demande d'asile. La décision attaquée n'est donc pas entachée d'erreur de droit.

4. En second lieu, si M. A fait valoir qu'il ne veut pas retourner en Espagne où il craint pour sa sécurité, il se borne à ces allégations et n'apporte aucun élément de nature à établir que sa vie serait menacée en cas de retour dans ce pays.

5. Il résulte de ce que précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.

La magistrate désignée,

Armelle C

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au préfet de Loir et Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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