jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LUCAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 novembre 2022 et le 2 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Lucas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2022 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter la France métropolitaine dans un délai de trente jours, lui a demandé de remettre son passeport et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que la préfète n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;
- il méconnaît l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle a été empêchée de déposer une demande dans l'année de son dix-huitième anniversaire en raison des grèves ;
- il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de motifs exceptionnels ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2022, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mars 2023.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delamarre
- et les observations de la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, née le 15 septembre 2000, de nationalité malgache, déclare être entrée à Mayotte le 15 décembre 2003 et en France métropolitaine le 15 janvier 2019. Par un arrêté du 14 juin 2022, la préfète du Loiret a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter la France métropolitaine dans un délai de trente jours, lui a demandé de lui remettre son passeport et a fixé le pays de renvoi.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Benoît Lemaire, secrétaire général de la préfecture du Loiret, qui bénéficiait d'une délégation de la préfète, en vertu d'un arrêté du 27 juillet 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de son bureau au nombre desquelles figurent les décisions de refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en cause vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont la préfète du Loiret a fait application et indique de manière précise les considérations de fait, propres à Mme A, sur lesquelles la préfète du Loiret s'est fondée pour refuser de faire droit à sa demande d'admission au séjour et l'obliger à quitter le territoire métropolitain. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du refus de titre de séjour doit dès lors être écarté.
4. En troisième lieu, il résulte des dispositions du 4° de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que lorsqu'il envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans. Toutefois, les dispositions du code de l'entrée et du séjour du droit d'asile n'étaient pas applicables à Mayotte avant l'entrée en vigueur, le 26 mai 2014, de l'ordonnance n°2014-464 du 7 mai 2014 portant extension et adaptation à Mayotte du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, Mme A réside en France, au sens du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, depuis 2014 seulement et ne justifie donc pas d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué du 14 juin 2022. En conséquence, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure du fait de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que, depuis le 15 décembre 2003 et jusqu'au
15 janvier 2019, Mme A a résidé avec sa mère, de manière continue à Mayotte. Elle est arrivée sur le territoire métropolitain le 15 janvier 2019 et a déposé sa demande de titre de séjour le 24 janvier 2020. Si la requérante soutient qu'elle n'a pas pu déposer sa demande dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire en raison de mouvements de grève, elle n'en justifie pas. En outre, elle ne parvient pas davantage à établir les raisons qui auraient fait obstacle à ce qu'elle dépose sa demande en France métropolitaine en 2019. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
8. Si l'intéressée entend se prévaloir de l'ancienneté de sa présence à Mayotte, à partir de 2003 puis sur le territoire métropolitain, à partir 15 janvier 2019, la seule durée de sa résidence ne saurait être regardée comme une considération humanitaire ou un motif exceptionnel justifiant la délivrance d'un titre de séjour. En outre, elle ne justifie pas d'une intégration sociale et d'une réussite particulière dans ses études par ailleurs non démontrée. Elle n'est dès lors pas fondée à soutenir que la préfète du Loiret aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
10. D'une part, Mme A est entrée sur le territoire métropolitain depuis 2019 seulement et elle ne parvient pas à justifier par les pièces communiquées du sérieux de ses études et de son intégration. D'autre part, elle est célibataire, sans charge de famille et sa mère et sa sœur sont présentes à Mayotte où elle a résidé pendant près de quinze années. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté. En outre, en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de la requérante doit également être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions à fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2023 , à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Nehring, conseiller
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La présidente -rapporteure,
Anne-Laure DELAMARRE
L'assesseur le plus ancien,
Virgile NEHRINGLa greffière,
Martine DESSOLAS
La République mande et ordonne la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026