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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2204180

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204180

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2204180
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantHERVOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 novembre 2022 et des mémoire et pièces complémentaires enregistrés le 30 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Guerekobaya, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel la préfète du Loiret a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour portant la " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision portant refus de séjour est entachée d'une incompétence de son auteur ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'avis rendu par la commission du titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre ;

- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistrée le 25 mai 2023, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Guével a été entendu au cours de l'audience publique .

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 12 septembre 1982 de nationalité mauritanienne, est selon ses déclarations entré en France le 1er juillet 2000. Par un arrêté du 21 octobre 2022, la préfète du Loiret a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Par un arrêté en date du 27 juillet 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Loiret du même jour, la préfète du Loiret a donné délégation à M. Benoît Lemaire, secrétaire général, lequel est signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer " tous arrêtés, décisions, () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions refusant la délivrance d'une carte de résident. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige manque en fait et doit être écarté.

3. Les décisions attaquées mentionnent les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des éléments de faits relatifs à la situation administrative et personnelle de M. B qui en constituent le fondement. Ces décisions sont par suite suffisamment motivées.

4. Aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".

5. Si M. B soutient que l'avis de la commission du titre de séjour ne lui a pas été communiqué, il ressort des pièces du dossier que cet avis lui a été notifié par courrier postal recommandé à son domicile le 16 septembre 2022. Par suite, le moyen tiré du défaut de communication à l'intéressé de l'avis de la commission du titre de séjour doit être écarté. Sens de l'avis 'Notification avant la date de la décision attaquée

6. M. B ne fait valoir à l'appui de sa requête aucun élément susceptible de constituer un motif exceptionnel ou une considération humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie pas d'une intégration particulière en France, malgré une présence alléguée sur le territoire français depuis l'année 2000. Il est célibataire et sans charge de famille en France. Il n'établit pas entretenir des relations anciennes, stables et intenses avec des ressortissants français ou des personnes séjournant régulièrement sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 doit aussi être écarté. Attaches dans son pays d'origine !!!

9. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

10. M. B soutient que les dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues sans toutefois assortir ce moyen de précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel la préfète du Loiret a rejeté la demande d'admission au séjour du requérant, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays destination doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

12. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction de la requérante doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Le requérant étant, dans la présente instance, la partie perdante, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guével, président,

M. Alexandre Lombard, premier conseiller,

Mme Anne-Laure Pajot, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024

Le président-rapporteur,

Benoist GUÉVEL

L'assesseur le plus ancien,

Alexandre LOMBARDLe greffier,

Benoît VESIN

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204180

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