mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204259 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | KAB CONSEIL AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2022, des pièces complémentaires, enregistrées le 2 décembre 2022, et un mémoire, enregistré le 2 mars 2023, M. B A, représenté par Me Yela Koumba, avocat, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au département du Loiret de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1802298 du 18 septembre 2019 par lequel le tribunal a décidé que " les décisions du 24 avril 2018 de la caisse d'allocations familiales du Loiret, prises par délégation du président du conseil départemental du Loiret, sont réformées en tant uniquement qu'elles retiennent, pour M. A, une ouverture de droit {au revenu de solidarité active] à compter d'octobre 2017 et non juillet 2017. ", en rejetant le surplus des conclusions de la requête ; à savoir :
- enjoindre au département du Loiret et à l'agent comptable public assignataire rattaché à la caisse d'allocations familiales du Loiret de transmettre au tribunal les ordres à recouvrer et à payer assortis des pièces justificatives provenant de la caisse d'allocations familiales de Corrèze, ou de celle d'Eure-et-Loir à compter du 1er juillet 2017, ou à défaut la convention de gestion signées par l'une ou l'autre de ces caisses au profit de la caisse d'allocations familiales du Loiret ;
- sans lesquels, enjoindre au département du Loiret et à la caisse d'allocations familiales du Loiret de restituer la somme totale de 32 0942,91 euros, soit 1 635,69 euros au titre de la période du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2017, 1 481,97 euros au titre de la période du 1er octobre 2017 au 31 décembre 2017, 1 639,59 euros au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 mars 2018, 2 653,74 euros au titre de la période d'avril à décembre 2018, 18 656,22 euros au titre des années 2019, 2020 et 2021, 1 696,02 euros au titre de la période de janvier à mars 2022 et enfin 5 179,68 euros au titre de la période d'avril à décembre 2022.
2°) de mettre à la charge du département du Loiret la somme de 2 500 euros au profit de son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
1°) il n'a jamais obtenu, depuis le 18 septembre 2019, les preuves de la rectification des erreurs techniques des services de la caisse d'allocations familiales du Loiret, ni celles du versement des droits acquis au titre des périodes concernées par le jugement intervenu en 2019, encore moins du droit de poursuivre et de procéder au recouvrement des retenues antérieures, alors que la procédure de recouvrement du département du Loiret en 2017 des indus antérieurs à son arrivée dans le Loiret comporte des irrégularités manifestes puisque :
- en premier lieu, la créance de la caisse d'allocations familiales de Corrèze était prescrite depuis le 31 janvier 2014,
- en deuxième lieu, il n'a jamais caché ses ressources et n'a pas fait de fausses déclarations auprès de la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir,
- en troisième et quatrième lieux, le département du Loiret et la caisse d'allocations familiales du Loiret n'étaient pas habilités à recouvrer les dettes de 1 935,32 euros et 400 euros, et il en est de même s'agissant de la créance de 7 295,60 euros contractée en Corrèze,
- en dernier lieu, au regard de l'article L. 242-46 du code de l'action sociale et des familles, la caisse d'allocations familiales du Loiret et le département du Loiret n'avaient pas qualité pour agir pour lui réclamer le paiement du trop-perçu après la notification du jugement du 18 septembre 2019 ; l'indu réclamé au 1er juillet 2017 était dépourvu de bien-fondé ;
2°) en exécution du jugement du 18 septembre 2019, et alors que le département du Loiret ne lui a pas notifié l'ouverture de ses droits à compter du 1er juillet 2017, ni d'avis de sommes à payer, ce qui l'a privé de la garantie de pouvoir contester les indus de revenu de solidarité active qui lui sont imputés, le tribunal doit enjoindre au département du Loiret de lui restituer la somme totale de 32 0942,91 euros.
Par une ordonnance du 1er décembre 2022, le président du tribunal administratif a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle de la demande d'exécution de M. A.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 décembre 2022 et 17 mai 2023, le président du conseil départemental du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- le seul et unique sujet du litige initial est la date d'ouverture des droits au revenu de solidarité active de M. A et ne concerne pas d'autre question ou problématique ;
- le paiement du droit sur la période du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2017 n'a pas été effectué sur le compte de M. A puisque retenu en remboursement de ses dettes et sur ce point, l'intéressé n'a jamais contesté alors qu'il avait connaissance de cette information, que ce soit par le courrier de la caisse d'allocations familiales du Loiret du 20 juin 2019 ou les écritures du département dans son mémoire du 21 juin 2019 ;
- aucune mesure d'exécution ne peut être prise à l'encontre du département concernant les dettes de M. A et leurs modalités de recouvrement.
La caisse d'allocations familiales du Loiret, à laquelle la requête a été régulièrement communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Loisy en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné,
- les observations de Me Yela Koumba, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. Par le jugement n° 1802298 du 18 septembre 2019, devenu définitif, le tribunal administratif d'Orléans a réformé " les décisions du 24 avril 2018 de la caisse d'allocations familiales du Loiret, prises par délégation du président du conseil départemental du Loiret () en tant uniquement qu'elles retiennent, pour M. A, une ouverture de droit {au revenu de solidarité active] à compter d'octobre 2017 et non juillet 2017. ". Il a rejeté le surplus des conclusions de la requête.
3. M. A demande l'exécution du jugement n° 1802298 dont il soutient qu'il n'aurait pas été exécuté. Ainsi qu'il ressort des termes mêmes de ce jugement, la réformation des décisions du 24 avril 2018 était justifiée par la circonstance que ces décisions avaient retenu, à tort, une absence de droit au revenu de solidarité active pour M. A pour les mois de juillet, août et septembre 2017, alors que, comme le département en avait convenu dans le cadre de l'instance, la situation de M. A lui ouvrait un droit au revenu de solidarité active à hauteur de 20,11 euros pour chacun de ces trois mois. Or, le jugement mentionne la production, dans le cadre de l'instance, d'un tableau par le département du Loiret portant calcul de droit au revenu active de M. A sur cette période de juillet à septembre 2017, et précise que M. A, auquel ces informations ont été régulièrement communiquées, n'a pas répliqué. Par ailleurs, la caisse d'allocations familiales du Loiret a produit, dans le cadre de la phase préalable à l'ouverture de la procédure juridictionnelle à fin d'exécution du jugement n° 1802298 ordonnée le 1er décembre 2022 par le président du tribunal à la suite de la demande du 30 mai 2022 de M. A, une lettre du 20 juin 2019. Cette lettre informait M. A du réexamen de ses droits au revenu de solidarité active du 01/07/2017 au 30/09/2017, qu'il avait droit pour cette période à la somme de 60,33 euros et que cette somme serait retenue en remboursement de sa dette. Enfin, dans le cadre de cette même phase préalable à l'ouverture de la procédure juridictionnelle, le département du Loiret a produit la lettre qu'il a adressée le 21 juin 2022 à M. A, avec copie du même jour à son conseil, dans laquelle il lui confirme " que l'ouverture de [ses] droits au RSA a bien été accordée à effet de juillet 2017 (en non octobre 2017 comme cela [lui] avait été notifié à tort par la CAF sur les notifications du 24 avril 2018 ". Ainsi, dans ces circonstances, il y a lieu de regarder le jugement n° 1802298, à la date de la présente décision, comme ayant été complètement exécuté.
4. M. A, à l'occasion de sa demande d'exécution, entend également obtenir le paiement d'une somme de 32 0942,91 euros qu'il estime lui être due au titre du revenu de solidarité active, sur l'ensemble de la période courant du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2022. Toutefois, le litige objet du jugement n° 1802298 portait uniquement sur la date d'ouverture du droit au revenu de solidarité active de M. A. Dès lors, le requérant soulève un litige distinct qui ne se rapporte pas à l'exécution du jugement n° 1802298 et dont il n'appartient pas au tribunal de connaître dans le cadre de la présente instance.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris en ce qui concerne sa demande formulée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Paule LOISY
Le greffier,
Florence PINGUET La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026