mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204305 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL KROVNIKOFF GALLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2022, M. C B, représenté par Me Nuret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel la maire de la commune de Saint-Jean-de-Braye a refusé de le placer en congé longue maladie ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2022 par lequel la maire l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Braye la somme de 1.500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- l'arrêté du 1er décembre est irrégulier dès lors que l'avis du comité médical départemental est illégal en l'absence de médecin spécialiste de sa pathologie ;
- l'arrêté du 24 novembre 2022 est entaché d'une erreur de droit dès lors que la maire de Saint-Jean-de-Braye se serait sentie liée par les avis des commissions de réforme et comité médicaux ;
- les arrêtés sont entachés d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires enregistrés le 13 juillet 2023, la commune de Saint-Jean-de-Braye, représentée par Me Gally, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 2.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 1er décembre 2021 sont tardives ;
- les autres moyen ne sont pas fondés.
Des pièces complémentaires produites par la commune de Saint-Jean-de-Braye ont été enregistrées le 3 octobre 2024 sans être communiquées.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'arrêté du 30 juillet 1987 relatif à la liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,
- et les observations de Me Silvestre substituant Me Nuret, représentant M. B, et de Me Gally, représentant la commune de Saint-Jean-de-Braye.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, policier municipal au sein de la commune de Saint-Jean-de-Braye, a été placé en congé longue maladie le 1er septembre 2014. Cet arrêt de travail a par la suite été prolongé sans discontinuité jusqu'au 31 octobre 2017. Reclassé sur un poste de régisseur, il a repris ses fonctions, dans un premier temps, en mi-temps thérapeutique à compter du 1er novembre 2017 puis, dans un second temps, à plein temps en novembre 2018. Se déclarant victime d'une rechute le 3 février 2021, la maire de la commune de Saint-Jean-de-Braye a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service par un arrêté du 4 octobre 2021 et l'a placé en congé pour maladie ordinaire (CMO), après avis défavorable de la commission de réforme quant à l'imputabilité au service. Cet arrêté n'a pas été contesté. Saisi d'une demande d'octroi d'un congé de longue maladie pour la période du 3 février 2021 au 2 février 2022, le comité médical départemental (CMD) a rendu un nouvel avis défavorable le 9 novembre 2021, confirmé par le comité médical supérieur (CMS) réuni le 31 mai 2022. Par un premier arrêté du 1er décembre 2021, la maire l'a maintenu en congé maladie ordinaire à compter du 3 août 2021 jusqu'au 2 février 2022. Après épuisement de ses droits à congés de maladie ordinaire, la maire l'a, par un second arrêté du 24 novembre 2022, placé après avis favorable du comité médical départemental du 11 octobre 2022 en disponibilité d'office pour raison de santé du 3 février 2022 au 2 février 2023.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2021 refusant à M. B le bénéfice d'un congé longue maladie :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Dans chaque département, un comité médical départemental est constitué auprès du préfet. () / Chaque comité comprend deux praticiens de médecine générale et, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste de l'affection dont est atteint le fonctionnaire qui demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. () ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. S'il est constant que, lors de sa séance du 9 novembre 2021, le comité médical départemental saisie de la demande d'imputabilité au service de la maladie de M. B était composé de deux praticiens de médecine générale sans médecin spécialiste en psychiatrie, il ressort toutefois des pièces du dossier que ledit comité disposait du rapport d'expertise du 8 juillet 2021 rédigé par un médecin psychiatre ayant examiné l'intéressé en vue de se prononcer sur la reconnaissance de l'origine professionnelle de sa pathologie. Le comité médical départemental doit dans ces conditions être regardé comme correctement et suffisamment éclairé. Aussi, et alors qu'il a pu contester cet avis devant le conseil médical supérieur, M. B n'a été privé d'aucune garantie. Il ne ressort pas davantage des pièces versées au dossier que l'autorité administrative aurait été influencée par cet avis. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du comité médical doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort aucunement des termes de l'arrêté que la maire se serait senti lié par l'avis des comités médicaux consultés. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () ". Aux termes de l'article 19 du décret du 30 juillet 1987 : " Le ministre chargé de la santé détermine par arrêté, après avis du comité médical supérieur, une liste indicative de maladies qui, si elles répondent en outre aux caractéristiques définies à l'article 57 (3°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, peuvent ouvrir droit à un congé de longue maladie. Toutefois, le bénéfice d'un congé de longue maladie demandé pour une affection qui n'est pas inscrite sur la liste prévue à la phrase précédente peut être accordé après l'avis du comité médical compétent ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 30 juillet 1987 relatif à la liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie : " Les dispositions des articles 1er, 2 et 3 de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie sont étendues aux fonctionnaires territoriaux. ". En vertu des articles 1er, 2 et 3 de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie, l'insuffisance respiratoire chronique grave, les troubles du rythme cardiaque et de la conduction vasculaire invalidants, l'insuffisance cardiaque sévère, les maladies mentales et toute autre maladie peuvent donner droit à un congé de longue maladie, dès lors qu'elles mettent l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rendent nécessaires un traitement et des soins prolongés et présentent un caractère invalidant et de gravité confirmée.
7. Il ressort des pièces du dossier que le comité médical départemental a rendu un avis défavorable à la demande d'octroi d'un congé de longue maladie du requérant le 9 novembre 2021 qui a été confirmé par le conseil médical supérieur le 31 mai 2022. Pour démontrer que son état de santé justifiait son placement en congé longue maladie, M. B se borne à soutenir que lors d'une expertise médicale réalisée le 8 juillet 2021, et donc antérieure à ces deux avis, le médecin agréé aurait émis un avis favorable à son placement. Au regard de ce seul élément, M. B n'établit pas que la maire de la commune de Saint-Jean-de-Braye aurait commis une erreur d'appréciation en lui refusant le bénéfice d'un congé de longue maladie. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2022 plaçant M. B en disponibilité pour raison de santé :
9. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté que la maire se serait crue liée par l'avis du comité médical consulté. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. En second lieu, aux termes de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987, dans sa rédaction résultant du décret du 5 octobre 2011 relatif à l'extension du bénéfice du maintien du demi-traitement à l'expiration des droits statutaires à congé de maladie, de longue maladie ou de longue durée des agents de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Lorsque, à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir. / Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. () ". Aux termes de l'article 37 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux: " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi (), soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme () ".
11. D'une part, il ressort du rapport d'expertise réalisé le 1er septembre 2022 par un médecin psychiatre que le requérant " présente un syndrome anxiodépressif chronique de moyenne intensité avec des manifestations psychosomatiques handicapantes rendant son retour au travail compromettant " et indique que " la mise à disponibilité pour raison de santé à compter du 3 février 2022 pour une durée d'un an est justifiée ". A la suite de cette expertise, le conseil médical départemental a été saisi par la commune et a émis, le 11 octobre 2022, un avis favorable au placement de M. B en disponibilité d'office pour raison de santé du 3 février 2022 au 2 février 2023. D'autre part, la commune soutient, sans être contestée, que M. B avait épuisé ses droits à congé. Dès lors, le requérant, qui ne produit aucune pièce médicale de nature à contredire l'avis sur lequel la maire de la commune de Saint-Jean-de-Braye s'est appuyée, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation. Ce moyen doit ainsi être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Braye qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que demande la commune de Saint-Jean-de-Braye au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Jean-de-Braye au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Saint-Jean-de-Braye.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Samuel Deliancourt, président,
M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,
Mme Aurore Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
Aurore A
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026