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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2204346

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204346

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2204346
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantHERVOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Hardy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 par lequel la préfète du Loiret a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer le récépissé prévu par les dispositions de l'article 17 du décret n°46-1574 du 30 juin 1946 ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de cet examen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

Il soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur de droit ;

- il porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'analyse de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistrée le 25 mai 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Guével a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 4 août 1974, de nationalité marocaine, déclare être entré en France en 2004. Le 14 novembre 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant ma mention " salarié " sur le double fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et de l'article L. 435-1 le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande de titre de séjour a été soumise à la commission du titre de séjour qui a rendu, le 25 avril 2022, un avis défavorable à son admission au séjour. Par un arrêté du 15 septembre 2022, la préfète du Loiret a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Les décisions en litige mentionnent les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des éléments de faits relatifs à la situation administrative et personnelle de M. A. Ainsi, ces décisions sont suffisamment motivées. En outre, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que la préfète aurait omis de procéder à l'examen de la situation personnelle de M. A, contrairement à ce qu'il soutient.

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

4. M. A ne justifie pas d'une intégration particulière en France en se bornant à faire valoir qu'il y réside depuis 2004, qu'il y exerce une activité salariée dans le secteur du BTP et dispose d'une promesse d'embauche, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français, qu'il n'établit pas y entretenir des relations anciennes, stables et intenses, ni être dépourvu d'attache dans son pays d'origine et que la commission du titre de séjour a émis le 25 avril 2022 un avis défavorable à la régularisation de sa situation. Dans ces conditions, la préfète n'a pas, en obligeant M. A à quitter le territoire français, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Pour les motifs exposés au point 4, les moyens, à les supposer invoqués, tirés de la méconnaissance de stipulations de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

6. M. A soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit sans toutefois apporter de précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen. Par suite ce moyen doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2022 par lequel la préfète du Loiret a rejeté la demande d'admission au séjour du requérant, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays destination doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais du litige :

9. Le requérant étant, dans la présente instance, la partie perdante, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Loiret.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guével, président,

Mme Hélène Defranc-Dousset, première conseillère,

Mme Laura Keiflin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le président rapporteur

Benoist GUEVEL

L'assesseure la plus ancienne

Hélène DEFRANC-DOUSSET

Le greffier,

Benoit VESIN

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204346

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